‹ Traité de littératureChapitre 31 sur 84 · LE PLÉONASME · texte numérisé non relu

LE PLÉONASME

1. En quoi consiste le pléonasme. — 2. Quel en est le hut. — 3. Dans quel cas il est vicieux. — 4. Ne pas le confondre avec la répétition.

he Pléonasme (pléôn, plus) est le contraire de l'ellipse : Tune retranche des mots nécessaires, l'autre ajoute des mots qui ne le sont pas. C'est une des qualités et souvent un des défauts de l'abondance. Au lieu d'une seule phrase ou d'un seul membre de phrase, on en emploie deux pour donner au style plus d'ampleur ou plus d'harmonie. C'est le procédé favori de Massillon. Les

hommes d'imagination qui trouvent sous leur plume différentes manières de rendre la même idée aiment à recourir à ces redoublements d'expression :

On rend des hommages indignes à L'effronterie la plus honteuse : un bonheur si honteux est regardé avec envie, au lieu de l'être avec exécration ; et Vadulation publique couvre l'infamie du crime public. Non, les princes, dès qu'ils se livrent au vice, ne connaissent plus d'autre frein que leur volonté; et leurs passions ne trouvent pas plus de résistance que leurs ordres.

(Discours sur les Tentations des grands.)

Il y a là deux redoublements dont le premier est d'une souveraine énergie, et dont le second n'ajoute rien à la pensée.

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