CONCEPTS CLAIRS. OBSCURS; DISTINCTS, CONFUS
SU [fit de quelques caractères tels que bipède, station droite, membres antérieurs terminés par des mains, langage articulé. Mais, en affirmant d'un sujet qu'il est homme, on affirme implicitement que tel autre de ses organes, son cœur, son foie ou son cerveau, a telle structure et fonctionne d'après telles lois, que font connaître l'anatomie et la physiologie humaines, que son langage est soumis à telles conditions d'existence et d'évolution, que son intelligence est régie par tels principes, etc. C'est toute la nature humaine que l'on affirme de ce sujet d'après un petit nombre de caractères. Une idée est confuse et non distincte quand on ignore ces qualités ou propriétés qu'entraîne la définition caractéristique. Un concept est donc distinct quand on sait par quelles expériences ou opérations logiques on vérifierait les jugements virtuels dont il est sujet\ c'est-à-dire s'il peut ou non être sujet d'un attribut donné.
Les idées de choses réelles ne peuvent jamais être parfaitement distinctes', car ce qu'il y a à connaître dans un objet réel est infini. Mais les concepts construits par l'esprit peuvent être distincts, non pas que le nombre de qualités ou propriétés qu'ils renferment puisse être limité, mais parce qu'on peut connaître le moyen de les découvrir. Il faut pour cela qu'elles dérivent toutes d'une même propriété fondamentale. Cette propriété est Vessence ou la définition essentielle du concept.
La clarté des concepts se rapporte à leur extension et à leur définition caractéristique ; leur distinction à leur compréhension et à leur définition essentielle. Nous devons donc maintenant étudier ces propriétés.
I. Ou plus exactement antécédent, car tout jugement qui a pour sujet un concept est hypothétique (87) .
a. Ou, comme Leibniz propose de dire parfaites : « ... une idée obscure et imparfaite (car c'est ainsi que j'aimerais mieux l'appeler que confuse), » et, dans la suite du chapitre, il appelle imparfaites les idées que Descartes appelait confuses.