PRÉFACE XI
des innovations, des réfutations, des vues originales et intéressantes.
Vous reprenez l'étude de la logique formelle ; et vous y montrez le jugement antérieur au concept ; le concept capable, si l'on considère, non les caractères distinctifs qu'il connote, mais les propriétés des sujets auxquels il est attribuable, de croître en compréhension en même temps qu'il croît en extension, et méritant, en ce sens, d'être rapproché de r (( idée )) platonicienne ; les règles même du syllogisme susceptibles d'être établies avec plus de rigueur, de simplicité et de méthode qu'elles ne le sont généralement.
Puis vous analysez le raisonnement mathématique, et vous marquez à chaque pas la différence radicale qui existe entre les (( conséquences )) qu'il tire d'éléments donnés au moyen d' « opérations » véritables, et les tautologies auxquelles les réduirait la théorie de l'implication. En même temps, vous trouvez, dans le rattachement syllogistique de la proposition nouvelle aux propositions antérieures, l'équivalent logique de la constatation ou vérification expérimentale des sciences d'observation.
Dans l'induction, qui cherche à tâtons le général, vous voyez le travail préparatoire de la démonstration ; celle-ci aura lieu, lorsque, s'emparant de la loi posée inductivement, la mathématique la rattachera, suivant ses méthodes, aux principes qu'elle a déjà réussi à s'assimiler.
Puis, c'est lafinalité, non seulement condition, mais objet précis, selon vous, de la science de la vie ; vous la construisez, par voie d'évolution, en prenant pour base le mécanisme lui-même. Elle naît, quand se produit un fait propre à créer, au sein du mécanisme, une série douée d'une orientation stable et particulière. Le mécanisme lui-même, sans le concours de l'intelligence, à partir de ce fait initial, engendre la finalité.
Enfin, que penser de la conscience, de l'action propre-