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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE II

do compréhension que celui du genre, et que l'extension et la compréhension sont ainsi en raison inverse l'une de l'autre.

Le développement verbal de la compréhension d'un mot , se nomme définition-, celui de l'extension est appelé division.

204. La division devant aboutir à séparer dûment les uns des autres les genres et les espèces , et à placer les diverses espèces sous les genres auxquels elles appartiennent , on voit qu'une division n'est possible qu'à la condition de connaître et de pouvoir énoncer les caractères de chacun des groupes qu'il s'agit de diviser, ou les idées que renferme le nom de ce groupe. Or, comme c'est la définition qui énonce ces caractères, on comprend que toute division a pour base la définition'; mais, d'un autre côté, comme pour énoncer les caractères génériques et spécifiques que comprend un groupe , il faut savoir en quoi ce groupe ressemble à ceux qui lui sont supérieurs et dans lesquels il rentre comme espèce, en quoi il diffère de ceux qui lui sont coordonnés, on voit encore que la définition doit avoir pour principe une véritable division. Ainsi, la division n'étant possible qu'à la condition des définitions, et les définitions supposant comme principe une division, il suit que , réduites à elles seules, ces deux opérations seraient impossibles , et les efforts faits pour les accomplir réduits à tourner dans un cercle vicieux, s'il n'y avait d'autres opérations intellectuelles qui dussent être au préalable plus ou moins parfaitement accomplies, pour leur servir àl'uneet àl'autre de base et de principe. Ces opérations sont la généralisation et la classification dont la division et la définition ne sont que des contre-parties et des traductions. Toute division et toute définition légitime a été précédée de ces deux opérations plus ou moins volontairement et régulièrement faites , et avec la conscience plus ou moins claire de leur accomplissement. Quand la généralisation et la classification ont été légitimement faites , la division et les définitions sont elles-mêmes faites en réalité , et n'ont plus besoin que d'être énoncées. Diviser ou définir sans être d'abord parvenu par l'observation.

280 tjujtk de Locrori-.

suivit1 de la comparaison, à déterminer les caractères génériques et spécifiques de tels ou de tels êtres , sans avoir saisi les propriétés d'après lesquelles ces êtres forment un genre, dans ce genre des espèces, c'est s'exposer à tenter l'impossible pour n'aboutir qu'à l'erreur. La définition et la division ne sont donc que des opérations secondaires , des contreparties d'opérations antérieures , et qui ne valent qu'autant que valent les premières (*). Mais comme très-souvent quand il s'agit , non plus seulement d'acquérir et de coordonner nos connaissances , mais de les résumer et de les fixer sous des expressions courtes, claires et faciles à confier à la mémoire, ou bien de transmettre à autrui par le langage les connaissances que nous avons acquises \ comme , disons-nous , il nous est alors très-souvent impossible ou inutile de reproduire tous les faits ou de montrer tous les individus dont les caractères communs nous ont permis de formuler des lois ou de classer des groupes, nous suivons une marche opposée, et au lieu d'aller de l'individuel au général , nous allons du général à l'individuel , soit sous le rapport de la compréhension dans la définition , soit sous celui de l'extension dans la division. C'est pourquoi il importe de bien connaître cette double manière d'exprimer la pensée et les règles à suivre pour le faire convenablement.

Article i. De la définition.

205. Une définition est donc une proposition , ayant pour objet, non-seulement de fixer pour nous ou pour autrui la signification d'une expression, mais encore de faire connaître autant que possible la nature de l'objet exprimé, en développant la compréhension de ses caractères, en même temps que les rapports qu'il soutient avec d'autres objets bien connus.

(*) Cf. Aristote, Dern. analyt., liv. II, ch. 13. Ce philosophe a consacré la majeure partie de ce chapitre remarquable à exposer que l'observation et la classification doivent nécessairement précéder la définition. On semble avoir, depuis lui, complètement oublié ce poiiu important,

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