DEUXIÈME PARTIE* CHAPITRE H. "2kl
Ainsi } en résumé :
Après avoir reconnu dans quels cas les définitions sont possibles ,
Les faire avec clarté et brièveté -,
Et en assurer l'exacte réciprocité par le choix du genre prochain et de la différence propre;
Article h. De la division.
2*20. Nous avons déjà dit de la division qu'elle est la décomposition ou le développement verbal de l'extension d'une idée générale, et qu'elle ne pouvait avoir lieu, si elle n'était précédée par une classification plus ou moins parfaite, et dont elle n'est que la contre-partie (*). Il n'y a donc vraiment rien à dire au sujet de la division qui n'ait été dit à propos de la classification ; on divise comme on classe, parce qu'on classe quand on divise -, c'est d'après les mêmes règles , c'est aux
(*) « On a dit de la division, qu'elle est le partage d'un tout en ce qu'il » contient ; et que, comme il y a deux sortes de touts, il y a aussi deux sortes » de divisions. 11 y a un tout composé de plusieurs parties réellement distinc- » tes, appelé en latin totum, et dont les parties se nomment intégrantes ; la » division de ce tout s'appelle proprement partition : comme lorsqu'on di- » vise une maison en ses appartements, le corps en ses membres, etc.
» L'autre tout est appelé, en latin, omne ; et ses parties se nomment » subjectives ou inférieures , parce que ce tout est un terme commun, et » ses parties sont les sujets compris dans son étendue. Le mot animal est un » tout de cette nature dont les inférieurs, comme homme, bête, qui sont » compris dans son étendue, sont les parties subjectives. Cette division re- » tient proprement le nom de division. » (Log de P.-R., 2e pari., en. 15.)
Il est facile de voir que l'on a, sous le nom de diwsion, réuni deux opérations très-distinctes et très-éloignées l'une de l'autre ; l'une consiste à décomposer en ses diverses parties un objet concret que l'on veut connaître : c'est l'analyse proprement dite dont nous avons déjà parlé en son lieu ; l'autre a pour but de reconnaître dans un type général connu les divers types moins généraux également connus qui sont entrés dans sa formation, et d'exprimer par une formule claire et précise les rapports de ces types ou espèces avec le genre dans lequel elles rentrent, et les rapports de ces espèces entre elles; c'est la division proprement dite dont nous devons nous occuper ici. — Voy., p. lia, note (***,, quelles ont été les conséquences de cette confusion.
2Û8 TRAITÉ Dlî LOGIQUE.
mêmes conditions , c'est au moyen du même art. Seulement on ordonne les groupes en sens inverse ; on va du général au particulier, du genre aux espèces.
221. Nous allons donc rappeler les règles de la classification, afin d'en pouvoir faire l'application particulière à la division. Il faut, avons-nous dit, dans toute classification :
1° Choisir des caractères aussi importants que possible-,
2° Ordonner les groupes avec autant de symétrie qu'il est possible.
Or, 1° le point de vue selon lequel on divise, par exemple, s'il s'agit des hommes, la couleur, les lieux qu'ils habitent, leurs, occupations etc., se nomme principe delà division. Il peut varier à l'infini ; mais, ainsi que les caractères qui servent de base à la classification, ce principe ne doit jamais être pris au hasard, mais toujours puisé dans la nature des choses, et conforme à la fin que l'on se propose et qu'il faut continuellement garder en vue.
2° Il importe que la symétrie règne dans la division comme dans la classification ; mais après avoir dit au sujet de la classification qu'il ne fallait pas se préoccuper de la symétrie au point de forcer la nature en voulant la mettre là où elle n'est pas d'elle-même, nous en dirons autant pour la division. Plusieurs logiciens (Ramus et ses partisans) ont prétendu que toutes les divisions ne doivent avoir que deux membres, ou être, comme on dit, dichotomiques. Tant qu'on peut le faire naturellement, rien de meilleur -, mais la clarté et la facilité étant ce qu'on doit le plus considérer dans les sciences, on ne doit point rejeter les divisions en trois membres et plus encore quand elles sont plus naturelles, et qu'on aurait besoin de subdivisions forcées pour la faire toujours en deux membres. Car alors, au lieu de soulager l'intelligence, on l'accable par un grand nombre de sub !ivi-ions, plus difficiles à retenir que si tout d'un coup on avait fait plus de membres à ce que Ton divise. Par exemple n'est-il pas plus court, plus simple et plus