DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE II
naturel de dire : Toute étendue est ou ligne, ou surface, ou solide, que de dire : Magnitudo est linea vel Hneatum : linealam est superficies, vel solidum.
222. Les autres règles que l'on assigne ordinairement à la division, sont :
1° Qu'elle soit complète et entière-, c'est-à-dire, que ses membres, étant pris ensemble, doivent constituer l'extension du genre divisé, de sorte qu'il ne manque pas une seule de ses espèces, et qu'il n'y en ait pas une de trop.
2° Qu'elle soit opposée, c'est-à-dire que l'un des membres ne rentre point en tout ou en partie dans un autre, et ne le rende pas inutile, en comprenant la même idée sous un autre terme.
3° Qu'elle soit graduée, c'est-à-dire qu'elle ne franchisse point sans intermédiaire la distance qui sépare deux membres éloignés, comme si, par exemple, elle passait brusquement de ces vastes divisions géographiques que nous nommons parties du monde, à ces divisions étroites que nous nommons cantons.
4° Enfin qu'elle évite le double défaut de faire trop ou trop peu de subdivisions. L'un n'éclaire pas assez l'esprit, l'autre le dissipe trop. Simile confuso est quiquid usque in puiverem sectum est. Senèque, Epist.
§ 5. Des arguments.
223. Il nous reste à dire en quoi consiste l'expression verbale des deux principales opérations dont l'une nous permet d'atteindre les principes généraux, l'autre de nous servir de ces principes une fois connus pour déterminer les qualités inconnues d'un objet particulier. Ces deux opérations, l'induction et la déduction, ont été souvent désignées par le nom commun de raisonnement, et leur expression par celui d'argument. 11 y a donc deux sortes d'arguments : l'argument inductif qui n'a point reçu de nom spécial, et l'argument
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déductif ou syllogisme. Nous allons en traiter successive ment.
Article i. De l'argument inductif.
224. Quand on connaît les règles de l'induction et qu'on les a observées dans une recherche scientifique, il n'y a vraiment pas autre chose à faire dans la traduction des résultats obtenus qu'à exprimer avec exactitude et précision les observations et les comparaisons qui ont conduit au principe général, et le principe général lui-même. Avant comme après la traduction verbale, le principal soin doit tomber sur l'opération intellectuelle, soit qu'il s'agisse d'induction ou de déduction. Les arguments n'étant que des traductions tirent toute leur valeur de celle de la pensée qu'ils traduisent : ce sont donc les règles de la pensée qu'il faut se rappeler d'abord et avant tout. Si l'opération intellectuelle est illégitimement accomplie, le langage ne saurait la corriger • plus le langage serait rigoureux, plus sûrement il reproduirait l'erreur. C'est donc, répétons-le, l'opération intellectuelle qu'il faut encore examiner et vérifier avant tout. Quand elle sera bien faite, il n'y aura plus qu'à exprimer chaque perception par une proposition précise, et à s'assurer en même temps que chaque proposition est l'expression exacte (sans trop ou trop peu d'extension) d'une exacte vérité.
225. Dans la traduction de tonte opération intellectuelle, il doit y avoir autant de propositions qu'il y a de perceptions distinctes.Or, quels doivent être dans l'expression de l'induction le nombre et l'ordre de ces propositions? Si on se rappelle ce que nous avons dit de l'induction (83), on verra que sa nature, ne permettant point de fixer le nombre des résultats partiels qu'il faut obtenir pour arriver au résultat général, ne permet point de fixer le nombre des propositions qui doivent entrer dans leur énoncé. Et quant à l'ordre, les résultats de l'expérience peuvent très-bien se communiquer dans l'ordre même où ils se sont présentés, et c'est ainsi qu'on les expose le plus souvent ;