‹ Traité de logique;Chapitre 136 sur 228 · DEUXIÈME PARTIE. CIIAWT11E II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CIIAWT11E II

232. Ces diverses dénominations expliquées, nous devons donner les règles du syllogisme. Comme celles de l'argument inductif, les règles du syllogisme se tirent de celles qui président à l'opération intellectuelle qu'il traduit, et ne sauraient en être séparées. C'est pourquoi :

1° De la règle qui recommande de n'employer que des principes généraux légitimes, se tire celle qui prescrit à l'expression de conserver au principe général son caractère de généralité ; car si dans la pensée ou dans les termes ce principe, sans généralité, présentait des exceptions, il pourrait se faire que le sujet de la conclusion rentrât lui-même dans l'exception, dès lors il ne pourrait y avoir déduction, et le syllogisme serait sans valeur.

2° De la règle qui recommande de bien déterminer les données et de voir si elles rattachent rigoureusement le particulier au général, se tire celle de les exprimer par un terme dont le sens soit rigoureusement déterminé et toujours identique à lui-même dans les deux prémisses , et d'éviter en général dans le syllogisme toute ambiguïté de mots qui simulerait un rapport illicite. Celle règle n'est vraiment qu'une application de celle qui domine l'induction et la déduction, aller du même au même (84 et 113).

3° De la nature même de la déduction qui conclut un cas particulier d'une loi générale , se tire cette règle que nul terme ne peut avoir plus d'extension dans la conclusion que dans les prémisses ; car alors ce serait illégitimement conclure le général du particulier.

233. Telles sont les règles dont l'observation suffit pour constituer un syllogisme bien fait, et dont la violation constitue un syllog'sme mal fait. On voit qu'en réalité elles se réduisent à faire traduire avec exactitude les éléments de l'opération intellectuelle. Ce qu'il faut avant tout, c'est donc la légitimité de cette opération -, c'est à elle qu'il faut penser d'abord; c'est sur la réalité elle-même qu'il faut faire d'abord porter l'examen, et non sur des formes et des termes qui, s'ils

sont capables de fausser dans sa transmission une déduction légitime, sont incapables delà rectifier si elle a été mal faite. C'est pourquoi nous rappellerons continuellement qu'il ne faut examiner la valeur des formes de renonciation qu'après avoir rigoureusement examiné la légitimité de l'opération intellectuelle; que ce sont les règles de cette opération qu'il faut d'abord observer -, que celles de l'argument déductif ne sont que le complément de celles de la déduction elle-même 5 que les unes ne peuvent être séparées des autres , et que, de même que la parole ne peut se séparer de la pensée, de même la réunion de ces règles forme pour la pratique une unité qu'il n'est point permis de briser.

C'est pourquoi nous allons dans un bref résumé les mettre en regard les unes des autres, afin qu'on puisse mieux saisir leurs rapports, se les rappeler et les observer également.

1° Vérifier le principe général. 1° Conserver dans l'expression

le caractère de généralité.

2° Vérifier les données et voir si 2° Exprimer les données par un

le rapprochement fondé sur terme d'un sens bien déter-

elles va bien du même au miné , et employer rigoureu-

mème. sèment les mêmes termes dans

un même sens.

3° Aller du général au particu- 3» Ne point donner aux termes lier. plus d'extension dans la con-

clusion que dans les prémisses.

234. Enfin pour nous convaincre que l'ensemble de ces règles suffit, d'un côté pour assurer une bonne déduction et sa légitime expression, de l'autre pour faire reconnaître le vice d'un argument illégitime, nous examinerons quelques-uns de ceux qui sont ordinairement cités comme exemples de syllo-

Tout ce qui nage est poisson,

Or je nage ,

Donc je suis poisson,

Avant d'examiner la forme et les termes, si on examine le

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