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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE II

La conversion est dite simple lorsque la quantité des deux propositions reste la même, comme dans la conversion de l'universelle négative et de la particulière affirmative ; et , lorsque la quantité est changée, on la dit conversion par accident (conversio per accidens), comme dans la conversion de l'affirmative universelle.

262. 2° Construction du syllogisme. La théorie des conversions établie , Aristote passe à l'étude du syllogisme', et d'abord du syllogisme complet.

Or, tout syllogisme se compose de trois termes, dont un doit être attribué à un autre dans la conclusion ; le troisième terme, Sans entrer dans la conclusion, doit servir à montrer comment les deux termes qui la composent peuvent être entre eus dans le rapport de sujet et d'attribut. Ce troisième terme qui, dans les deux propositions posées, sera réuni tantôt à l'un tantôt à l'autre des deux termes de la conclusion, pour démontrer leur rapport , est par cette raison appelé terme moyen, dpo? {j.éaov. Ainsi , dans la pensée, le moyen est donc nécessairement entre les deux termes qu'on appelle les extrêmes tà&xpa, et c'est cette position naturelle qui, dans l'expression, constitue un syllogisme complet ou parfait. Toute autre position du moyen, soit après, soit avant les deux extrêmes, ne donne que des syllogismes incomplets ou imparfaits ; et ce sont ces diverses positions du moyen par rapport aux extrêmes qui constituent les figures, $£%$ du syllogisme. Le rapport des propositions entre elles selon leur qualité et leur quantité constitue les modes ( ou cas -Tarn? ) de chaque figure.

La position naturelle du moyen comme sujet et attribut des extrêmes, donne la première figure qui, par conséquent, ne contient que des syllogismes parfaits.

Le moyen employé deux fois comme attribut, donne la seconde figure à syllogismes imparfaits.

capable de conduire à la vérité. Plusieurs auteurs ont essayé de suppléer à cette lacune en disant : « Si le prédicat (attribut) a moins d'extension que le » sujet pris dans son intégrité, et, par conséquent, ne convient qu'à une par- » tie du sujet total, la conversion par accident est possible ; par exemple : » Quelques hommes sont savants, Tous les savants sont hommes. » (Mathiae, Manuel, § 87). Cette prétendue addition n'est pas une règle légitime, car son application conduit à l'absurdité suivante : Quelques femmes sont astronomes ; Tous les astronomes sont femmes. Pour remplacer une proposition par une autre qui réponde exactement à la réalité , c'est la réalité elle-même qu'il faut considérer et étudier dans l'évidence qui la manifeste , plutôt que ce qui est donné dans une autre proposition, en tels ou tels termes.

Le moyen employé deux fois comme sujet donne la troisième figure à syllogismes imparfaits (*).

Aristote étudie successivement chacune de ces figures, dans chacun de ses modes, pour déterminer ceux qui sont capables ou incapables de donner une conclusion.

Ainsi, pour la première figure, il résulte de son examen que parmi les syllogismes composés de propositions universelles, deux sont concluants, l'un affirmatif, l'autre négatif; deux sont nonconcluants, l'un avec mineure négative, l'autre avec deux prémisses négatives ; et que parmi les syllogismes composés de propositions particulières, il y en a aussi deux concluants, un affirmatif et l'autre négatif ; et dix non-concluants. La propriété de la première figure est donc, non-seulement de ne donner que des syllogismes parfaits, mais encore d'offrir dans ses conclusions les quatre espèces possibles de propositions : univ. afïirm. ; univ. nég. ; parti, afïirm. ; parti, nég. ; et par. conséquent de suffire à résoudre toutes les questions possibles.

De l'examen de tous les modes de la seconde figure, il résulte que, comme la première, cette figure possède deux modes universels concluants, mais tous les deux négatifs, et deux modes particuliers concluants, mais aussi négatifs; douze modes non-concluants. La propriété de cette seconde figure est de ne donner que des syllogismes imparfaits, c'est-à-dire qui, outre les données primitives, ont besoin pour conclure avec évidence d'être ramenés aux modes de la première figure, soit par la conversion, soit par la réduction à Vabsurde'K**), soit par le déplacement des prémisses. Ainsi, par exemple, le mode universel négatif,

Toute étoile scintille , Aucune planète ne scintille, Donc nulle planète n'est une étoile ;

{.*) Les définitions des trois figures ne sont point exposées par Aristote dans les termes qui précèdent ; elles sont plus longues, plus embarrassées, et sont d'ailleurs trop exclusives, ne s'appliquant qu'aux modes universels. Pour dire qu'une chose est attribuée à une autre, le Stagirite dit que cette première chose est dans la seconde. C'est par suite de cette locution que, dans sa définition de la deuxième figure, il dit que dans les prémisses le moyen est placé « en dehors des extrêmes et Je premier en ordre ; » tandis que , pour nous , il est le dernier en sa qualité d'attribut. Les définitions que nous avons données, dues à des simplifications ultérieures, nous ont paru préférables, comme plus simples et plus conformes à nos habitudes d'expression.

(**) Réduction à l'absurde. — Voici en quoi consiste la réduction à l'ab-

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