DEUXIEME PARTIE, CHAPITRE II
Les quatre sortes de propositions uoiv. affirmative, univ. négative, part, affirmative, part, négative furent représentées par les quatre voyelles A, E, I, 0, avec lesquelles on fit les deux vers mnémoniques que voici :
Asserit A, negat Ë, verùm generaliter ambo, Asserit I, negat O, sed particularité >• ambo.
Le tableau suivant servit à rendre sensible aux yeux les diverses oppositions des propositions.
Contraires.
Sub-contraires.
Ainsi les propositions contradictoires diffèrent en qualité et en quantité (A-0)(E-I).
Les contraires sont générales et opposées par la qualité (A-E).
Les subcontraires sont particulières et opposées par la qualité (I-O).
Les subalternes ne diffèrent que par la quantité (*).
Pour rappeler comment doit être placée la négation pour ramener à Yéquivaleur des propositions contradictoires, contraires ou subalternes , on fit ce vers éminemment barbare,
Prae coniradict. post contrar. prae postque subaltern.
Par le moyen des mêmes voyelles A. E. I. 0. on résuma toute la théorie des conversions dans ces autres vers :
FEcI simpliciter convertitur ; EvA per accid. , Ast O per contrap.; sic fit conversio tola.
d'Aristote; dans ce dernier, Catég., ch. 2, et Topiq., liv. I, en. 7, l'action et la passion sont placées les deux dernières.
(*) Les lettres répondant aux propositions sub-alternes sont placées l'une au-dessous de l'autre; la particulière I au-dessous du général A; le moins audessous du plus. C'est dans la position des lettres de ce tableau si longtemps employé dans les écoles, que se trouve l'origine du mot subalterne, exprimant l'infériorité de position dans un même ordre de fonctions.
Ce qui veut dire que la proposition universelle négative E peut se convertir simplement et par accident ; la particulière affirmative I simplement; et l'universelle affirmative A par accident et par contraposition (*) ; et que la particulière négative 0 ne peut se convertir que par contraposition.
Les quatre figures du syllogisme, dépendant de la place que le moyen terme occupe dans les prémisses comme sujet ou comme prédicat, furent exprimées par le vers suivant, composé avec la première syllabe des deux mots subjectum et prœdicatum.
Sub prae ; tum prae prae ; tum sub sub ; denique prae sub.
La nature des conclusions de chaque figure fut rappelée dans ces vers :
Omne genus cîaudit problematis alpha figura ; Fitque négative conclusio quœque secundae ; Tertia concluait tantummodô particulares.
Pour se rappeler et le nombre et la nature des modes concluants dans chaque figure, on imagina d'employer les quatre voyelles précitées pour composer des mots de trois syllabes, dont chacun devait représenter un mode avec la quantité et la qualité des propositions qui le composent, la première de ces syllabes répondant à la majeure, la seconde à la mineure, la troisième à la conclusion. On fit de ces mots les vers suivants :
Barbara, Celarent, Darii, Ferio, dato primae ;
Cesare, Camestres, Festino, Baroco, secundae;
Tertia grande sonans récitât, Darapti, Feîapton ,
Adjungens, Disamis, Datisi, Bocardo, ferison.
Ces mots furent aussi disposés de manière à joindre aux modes directs de la première figure, les cinq modes indirects de Théophrasto et dont Galien avait fait une quatrième figure. Barbara, Celarent, Darii, Ferio ; Baralipton, Celantes, Dabilis, Fapesmo, Frisesomorum ; Cesare, Camestres, Festino, Baroco ; Darapti, Feîapton, Disamis, Datisi, Bocardo, Ferison.
(*) Nous n'avons point parlé de la contraposition , attendu sa complète inutilité. Elle consiste à n'effectuer la conversion qu'en affectant le sujet et l'attribut de la particule négative. Exemple : l'unir, affirm. A Tous les triangles sont des figures qui ont trois côtés, devient par contraposition : Une figure qui n'a pan trois côtés n'est pas un triangle; la particulière négative O, Quelque arbre n'est pas chêne , devient :Le non pas chêne n'est pas le non pas arbre: c'est-à-dire, Ce qui n'est pas chêne ne laisse pas pour cela de pouvoir être un arbre.