‹ Traité de logique;Chapitre 184 sur 228 · PARTIE COMPLÉMENTAIRE. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE COMPLÉMENTAIRE. CHAPITRE I

principe de nécessité absolue. Il se hâte de synthétiser avant d'avoir suffisamment analysé , de prononcer sur les rapports après une comparaison précipitée, d'induire avant d'avoir examiné assez de cas particuliers, etc. Il donne à ses inductions une portée illégitime, il procède à la solution d'une question par déduction , quand c'est l'induction qu'il faudrait employer ; il déduit sans se conformer aux règles de cette opération • il parle ou reçoit la parole d'autrui sans s'assurer du véritable sens des mots , accorde au témoignage d'autrui une confiance imméritée, etc., etc. Ainsi, quelle que soit la faculté intellectuelle qu'il emploie, il tombe dans l'erreur, s'il en méconnaît les lois, la portée et la spécialité, et n'imprime pas à ses actes scientifiques une droite et juste direction.

305. A quoi tient maintenant le mauvais emploi de nos facultés? A une multitude de causes différentes qu'il est difficile de renfermer dans une expression assez générale pour les comprendre toutes , assez détaillée pour en permettre l'application. On les a le plus souvent rapportées : 1° à l'ignorance des lois de nos facultés intellectuelles , qui ne nous permet pas de les employer convenablement; 2° à la paresse, à la précipitation présomptueuse, à la curiosité immodérée qui nous empêchent de le faire quand nous le pourrions ; 3° aux désirs ou plutôt aux passions qui nous portent à ne considérer les choses que par l'endroit qui nous plaît. A vrai dire, il n'arrive peut-être jamais que ces trois causes ne concourent pas simultanément à nous induire en erreur. Tout ce qui précède sur les lois de l'intelligence , a pour objet de faire disparaître la première- en terminant cette partie de la logique par des conseils sur les dispositions à apporter dans toute étude scientifique , nous essayerons de prémunir contre les deux autres causes d'erreur.

306. La vuedes nombreuses erreurs dans lesquelles l'homme tombe à chaque pas a porté certains philosophes :

1° Les uns à professer que l'homme est incapable d'arriver

à la certitude et à la vérité, et que le doute sur tout est son partage ;

2° Les autres à chercher parmi les moyens de connaître, un moyen qui, exempt d'erreur, pût servir de critérium à tous les autres.

Nous devons examiner ces deux opinions.

Page 1