CHAPITRE IV
De la division des sciences.
339. A vrai dire, il n'y a qu'un objet de science , ce qui est, l'univers ; et qu'une seule science , la science de ce qui est, ou de l'univers, la science universelle. Il n'y a par suite qu'une seule méthode qui est l'emploi légitime de tous les procédés intellectuels.
Or, l'univers ne se manifeste pas à nous dans son vaste ensemble et son indivisible unité, mais seulement sous divers aspects , que notre imperfection nous force d'étudier séparément comme autant d'objets spéciaux , et qui donnent lieu à autant de sciences spéciales. Par suite la méthode ellemême se fragmente et se partage, comme en autant de méthodes différentes qui répondent à chacun des aspects sous lesquels nous envisageons l'univers.
340. Jusqu'à présent nous n'avons considéré les faits intellectuels, leurs lois et leurs règles que d'une manière générale et sans avoir égard à leur application aux divers objets de science. On dit ordinairement que la logique doit se tenir dans cette généralité , sinon elle ne serait autre chose que la réalisation de toutes les autres sciences ; on ajoute encore que l'exacte application des règles aux cas qui se présentent est l'affaire de la faculté déjuger, que celle-ci existe chez l'homme naturellement sans que les règles puissent la susciter. Si on a raison de penser ainsi , et pour notre part nous le croyons ,