‹ Traité de logique;Chapitre 47 sur 228 · PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE IV

et s'envole des faits aux lois les plus élevées et les plus générales; ce que l'on a toujours fait jusqu'ici, l'esprit humain y

étant porté par un entraînement naturel Ce ne sont pas

des ailes qu'il faut attacher à l'esprit humain, mais plutôt du plomb et des poids, pour l'arrêter dans son emportement et son vol.

» Aph. 106. En établissant des lois générales au moyen de l'induction, il faut examiner attentivement si la loi générale que l'on établit n'embrasse que les faits d'où on l'a tirée, et n'excède pas leur mesure, ou si elle les excède et a une plus grande portée -, que si elle a une plus grande portée, il faut examiner si elle confirme son étendue par l'indication de nouveaux faits qui puissent lui servir de caution.... et lorsque l'on suivra ces règles, alors enfin pourra briller une espérance légitime.

» Aph. 125 Les anciens s'envolaient de certains exemples et de quelques faits aux principes les plus généraux... et ainsi ils perdaient tout. »

86- 4° Nous avons vu que l'on pouvait varier indéfiniment les genres ou les lois en prenant à volonté tel caractère de l'individu, tel point de vue du fait, et suivant que l'on se proposait tel ou tel but : mais une fois le but de la généralisation déterminé, les caractères ne sont plus à notre choix, ils sont déterminés par la nature même des choses, et c'est à les bien distinguer que se trouve la vraie difficulté delà généralisation. Une étude constante de la réalité, la vue toujours présente du but que l'on veut atteindre , la précaution toutefois de ne point se préoccuper de la vue de ce but au point de fausser les caractères que donne l'observation ou de ne point les apprécier à leur juste valeur, tels sont les seuls conseils qu'il y a à donner.

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