PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE VII
» debere quam quse et veras sint, et earum pheenomenis expli- » candis sufficiant.
» 2a régula. — Ideoque effectuum naturalium ejusdem generis » easdem sunt causae.
» 3a régula. — Qualitates corporum quae intendi et remitti » nequeunt, quaeque corporibus omnibus competunt in quibus » expérimenta instituere licet, pro qualitatibus corporum uni- » versorum habendœ sunt.
» 4a régula. — In philosophia experimentali , propositiones » ex phaenomenis per inductionem collectée, non obstantibus » contrariis hypothesibus, pro veris aut accurate aut quam » proxime haberi debent, donec alia occurrerint phaenomena, » per quae aut accuratiores reddantur, aut exceptionibus ob- » noxiae. »
126. Résumons cet examen historique. Aristote avait nettement déclaré que le syllogisme ou le procédé déductif n'était pas à lui seul toute la méthode ; mais ses admirateurs, et surtout la scolastique, frappés de la beauté et de la perfection de sa théorie de la déduction, la prirent pour la méthode tout entière, et lui donnèrent une portée qu' Aristote lui-même était loin de lui donner. Lorsque Bacon eut montré la valeur du procédé inductif et l'illégitimité du syllogisme comme moyen d'acquisition, ses admirateurs firent comme avaient fait ceux d' Aristote, et s'exagérèrent la portée de son procédé. Non-seulement ils abandonnèrent l'étude du syllogisme, mais lui refusèrent toute valeur, et à leur tour regardèrent l'induction comme la méthode tout entière. Il en est toujours ainsi : un grand fait attire tout à lui -, et jamais, dans ses oscillations, l'opinion ne s'arrête du premier coup au point où se trouve la vérité. La logique d' Aristote ou la théorie du procédé déductif, posée il y a vingt-deux siècles, a survécu à toutes les attaques dont elle a été l'objet, et aux exagérations plus dangereuses d'aveugles partisans. Elle survit parce qu'elle est vraie. L'induction signalée par Aristote, longtemps méconnue et laissée à l'obscur instinct, a été dégagée et légitimée par Bacon. De
nos jours vivement attaqué (*), ce procédé continue d'ajouter aux merveilles scientifiques qu'il a produites depuis deux siècles. Et dût-il être de nouveau attaqué, il continuera de vivre comme le procédé d'Aristote, parce que tous les deux sont vrais, naturels; parce que, également indispensables au développement de notre intelligence, ils sont les deux éléments d'un même tout organique, d'une seule et même méthode, qu'il faut reconnaître et employer sans la mutiler.