LE MAL
Un mol m’a frappé dans la lettre de M. Gauzence : « les rapports accidentels des hommes réunis On société. »
Les rapports des hommes réunis en société sont tous accidentels , et tous ces accidents sont effrayants de nullité et de vide.
Ces accidents de la vie naissent de la lutte continuelle du bien et du mal.
Qûel est le lutteur ? C’est le mal , qui attaque.
Le mal ! fantôme infime , haillon transparent et usé , qui voudrait , par sa saleté , cacher le bien , ce marbre pur , mais qui ne peut arriver à ses fins.
Le mal , que Dieu a créé après Y homme , et auquel il l’a ' donné comme un fil conducteur pour se diriger dans le labyrinthe montagneux do la vie , fil conducteur aimanté , qui cherche toujours à s’éloigner du pôle moral «la conscienceU
Le somnambule parait fixer un objet hideux ; ses traits expriment une profonde horreur.
Le mal P lèpre jaunissante et hideuse que Dieu a peint dans un tableau dégoûtant et sale, tableau qu’il a placé comme une enseigne terrifiante , pour montrer à l’homme le chemin qu’il ne doit pas prendre.
Quelle belle idée ! Dieu seul pouvait l’avoir.
1^3 mal ! c’est un oiseau sans plumage ni bec , qui 11e peut
embrasser ni étreindre , mais qui entraîne malheureusement quelquefois une victime dans sa chute. Quel triomphe , dira-t-on! ,
Oui : mais quand il se relève pour en jouir , il n’éprouve que la rage de voir le repentir lui enlever sa proie , et , quand il regarde autour de lui , il ne voit que le scandale qu’il cause et l’épouvante qui glace ceux qui allaient devenir ses prosélytes ; non-seulement cette épouvante les glace , mais encore elle les éloigne. ,
Vous voyez qu’il n’est pas puissant !
Le mal? c’est un moyen que Dieu a donné à l’homme pour arriver à la perfection ; c’est un arc sur lequel Dieu a placé l’homme , comme une flèche , et avec lequel il le lance tous les jours et lui fait faire un pas vers la perfection .
Le mal? c’est un moyen d’épuration :
• C’est un moyen qui ne veut pas n’èlre qu’un moyen , et qui veut lutter contre le but pour lequel il a été créé. C’est la lutte d’un cheval dompté contre son dompteur.;.. lutte inutile ! Quand Dieu créa l 'homme il dit :
« Organisons le mal , et le bien arrivera. » *
. Si Dieu avait seulement créé le bien , la marche vers la perfectibilité eut été plus lente.
Le mai fut organisé.
Alors s’abattirent les mauvais instincts , volatiles légers , éperons de l’intelligence dé Yliomme , qui l’épurent en la fatiguant ; pilotes battus par l’orage et ramenés toujours au but « la perfection » qu’ils veulent fuir. Je vous l’ai dit ! aiguillons qui épurent et qui, en épurant, développent l’intelligence.
Celle intelligence développée a fini parles voir à découvert , elle a vu leur infimité , et un jour un homme a résumé la parole du Christ ; comme lui , il s’est écrié : « Ego sum
qui tollit peccata mundi. » — - « Le mal est une ombre. » — C’est un moyen que Dieu nous a donné pour nous guider.
Abaissons-nous et prosternons-nous devant Dieu , car il est toul grandeur, et ses vues sont grandes.
. * IIOSANNA IN EXCELSIS.