LE BIEN
Je vous ai parlé du mal « moyen. »
Jetais vous parler du but «le bien. *>
Je vous parle du bien en dernier lieu , car je Pai gardé
pour la bonne bouche.
Le bien ? c’est le chemin qui nous conduit à la perfection.
Il nous y conduit par une montée douce , que nous gravissons continuellement sans effort.
Le somnambule tombe en contemplation ; sa figure est rayonnante de béatitude.
Le bien ? c’est une statue colossale , qui d’une main nous montre Dieu , et nous donne l’autre pour nous porter jusqu’à lui.
C’est consolant de voir des choses pareilles !...
Le bien ? c’est le Magnétisme de Y âme.
La vie du corps ? c’est l’harmonie charnelle.
La maladioest l’affection, le dérangement de cette harmonie.
Le Magnétisme est le remède à cette affection.
La vie de l’ame? c’est l’harmonie.
Le mal , est la lèpre qui ternit et qui ronge.
Le bien y est l’eau salutaire qui lave , purifie et guérit les blessures : c’est le Magnétisme spirituel ; c’est un baume modeste ei pur , qui calme toutes les douleurs ; c’est une violette , quelquefois opprimée mais toujours renaissante ,
qui nous caresse de son parfum suave , qui nous pénètre et nous enivre voluptueusement.
Le bien ? c’est le principe vital de la conscience ; c’est le gosier de l’âme , c’est le tube conducteur qui prend l’inspira-
lion dans la divinité , et qui vient avec elle nourrir et vivifier V intelligence.
Le bien ? c’est un arbre dont la cime est la perfection , les
branches le bonheur , et dont le tronc est une échelle soutenue par la foi et la charité , et toujours ouverte par V espérance.
1æ bien ? c’est un arbre qui pousse par boutures et qui a un rejeton dans tous les cœurs.
Tous les méchants sont bons : le cœur le plus profondément vicié a une fibre bonne. - „ •
Le tigre , le plus féroce des animaux , aime ses petits ; il donne sa vie pour eux* , ' * .
Le tyran , toujours alléché du sang de ses sujets , tremble devant son père, lui ! qui se redresse devant ses victimes , qui jouit de voir le sang ruisseler de leurs chairs vives et pantelantes ; ch bien , il devient humble et petit devant le faible vieillard qui lui a donué le jour : lui , rompu à toutes les atrocités , endurci par tous les crimes , il ne se trouve pas moins soumis aux visites du remords , et chez lui ces visites sont fréquentes et affreuses.
Le bien n’est pas toujours' écoulé ; il baisse la tète et sc laisse imposer silence ; mais il se relève ensuite , .armé de son fouet redoutable , et il force le mal , ce cheval dompté mais rétif, à ne pas s’écarter complètement et à remarquer que son maître esl toujours enfourché.
Le mal ? c’est le- chèue orgueilleux.
Le bien ? c’est le roseau qui plie.
Le bien ? c’est 'le triomphateur modeste qui jouit toujours de la chute de celui qui l’attaque , et qui a l’audace de se poser en antagoniste. Quel antagoniste ! . . . .
Le bien est doux -, il plie.
Le mal l’opprime ; mais quand il est opprimé et qu’il baisse la tête , il jette un cri de douleur ; ce cri est assez long pour aller raisonner dans la conscience et pour y enfanter le repentir , et le repentir terrasse ce projet incorrect de portrait
de puissance , le mal ! qui parce qu’il s’étend croit être puissant , le mal ! qui, voyant une puissance au-dessus de lui et ► la bonté de cette puissance , voudrait changer les empiétements qu’on lui permet en envahissements , et voudrait être puissance , lorsqu’il n’est pas même reflet de celle qu’il voit.
Le mal ! ce chêne orgueilleux ; ne peut lutter contre le
bien , ce roseau modestç , car le chêne est toujours foulé aux pieds de Dieu , tandis que le roseau est toujours tenu dans ses mains.
Jugez entre les deux quel est celui qui doit avoir la préférence. - . -
Le mal doit périr : vous le voyez !... sa puissance est ridicule,
Il n’est qu’un moyen , et il n’èxistera qu’aulant qu’ou aura besoin de lui. ' 4 ; *
Le bien, au contraire , eSt un but , et Ce but sera rempli ", car c’est le but de Dieu.