‹ Traité de magnétismeChapitre 32 sur 69 · DÉVELOPPEMENT DE L’EXTASE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE L’EXTASE

Dieu est le créateur universel, principe de lui-même et de

toutes choses.

Le Monde est son ouvrage. ' * • % y „

Ce qui pétrit cet ouvrage , n’est autre chose que là tàlonté

de Dieu.

Ce qui fait que le Monde est un chef-d’œuyre , c*esfr que

l’amour de Dieu a présidé à sa création.

La perfection est le but vers lequel nous devons marcher. Le progrès et la perfectibilité sont donc dans les destinées de Ÿ humanité.

Son but est le bien. y

Les moyens pour y arriver sont : le mal , là vie , la mort ,

le repentir! , ♦’

Les lois qui nous régissent dans la marche vers ce progrès, sont réunies en un code inné que l’on nomme « religion naturelle . »

La religion naturelle est une révélation universelle et permanente.

Les lois de la religion naturelle sont celles qui régissent

tous les Mondes particuliers.

En les résumant on voit quelles découlent toutes de la loi d’amour, qui est la loi organique , la loi génératrice de toutes les autres et la loi du Monde entier.

Les vertus qui nous dirigent dans l’exécution de celte loi

et de ses corollaires, sont : ■ -

« La foi , Y espérance et la charité. »

L'autorité? c’est une délégation du pouvoir de Dieu.

11 donne ce pouvoir aux raisons supérieures , mais loin d’être un moyen d’oppression , dans un but égoïste , c’est un

moyen de direction , dans un but humanitaire.

Dieu a donné ce pouvoir à tout homme , pour faire exécuter la loi d'amour. Ce pouvoir n’existe que par les exemples.

Le meilleur est le plus grand maître : il dirige.

Qui dit » autorité» dit « modèle sur lequel on doit se guider. »

La société , c’est-à-dire Yhumanité , suit une marche une , simple , graduelle : ce n’est qu’un essai. En effet :

La marche de Yhumanité est poussée vers la vérité ; mais comme il faut que Yhomme ait son libre arbitre , {'homme doit chercher , essayer.

Tous les .essais sont bons, en ce qu’il reste toujours quelque chose.

Ces découvertes des vérités partielles forment un groupe qui reste , s’enchaîne et constitue la civilisation.

Tous ces essais tombant , la civilisation reste.

Or , la civilisation est le moyen d’arriver à celte société morale , animée par l 'amour et régie par l’ autorité la meilleure , c’est-à-dirè , Y autorité divine. '

OOi)

Or , comment se fera sentir celte autorité divine ? Par l 'émanation de la divinité , par Yautorité de la raison.

Dieu hous a donc destinés à être perfectionnés / Notre marche est errante , mais elle est une , simple et complète.

En cas d’obstacles qui pussent nous arrêter trop longtemps, Dieu nous en a donné une autre : c’est la marche extraordinaire , qui nous est ouverte par lui-même , c’est-à-dire , par un Être qu’il inspire et choisit.

' Voici la comparaison !

Tant que Dieu veille sur le Monde , c’est-à-dire , qu’il travaille avec scs outils , qui sont : la vie , la mort , etc... la marche est simple ; mais quand il touche le Monde , c’est-àdire , quand il le touche lui-même, quand il souffle sur lui , qu’il l’enveloppe de son haleine [ je parle ici par des mots qui

ne sont placés que pour l’intelligence de ceux qui liront], la marche de l 'humanité , c’est-à-dire le travail , reçoit une impulsion nouvelle.

Cette impulsion ! le contact de Dieu nous la donne , en engendrant une intelligence éminemment supérieure.

Cette intelligence nous formule la révélation nouvelle , que nous découvrons difficilement , puisque c’est là l’obstacle qui nous arrête. '

Après cette formule vient une ère nouvelle.

V esprit et la matière sont deux tout différents qui tendent à se réunir.

Ea fusion ne s’opère à présent que sur un point : c’est Y âme,

Pour que la société se rapproche de cette fusion , qui n’est

autre chose que le but de Dieu , il faut que le genre humain se soit totalement perfectionné.

Alors on sera arrivé à l’arbre du bien , dont je vous ai parlé.

La route du bien au bonheur , et du bonheur à la perfection se fera toute seule.

Quand le Monde sera arrivé à la perfection , au Monde pur, il n’y aura que deux sentiments :

Le sentiment d’amour et de conservation , que Dieu portera sur son ouvrage, et le sentiment de reconnaissance et de con-

templation envers Dieu , de la part du Monde.

Le but de Dieu sera rempli.

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Revenons un peu sur mon étal d’extase : je vais vous en

donner le développement.

Je vous ai parlé de quatre personnes :

Socrate , — Jésus-Christ , — Joseph Hayden , — George Sand.

Ce sont quatre étoiles brillantes , astres qui , comme les planètes , ont leurs satellites qui les précèdent ou qui les suivent. Ces derniers , révélateurs du second ordre , sont inspirés par le pressentiment , l’exemple et le souvenir de ces génies.

IjCS génies sont inspirés par Dieu.

Quand Dieu travaille à son ouvrage avec ses mains et non

avec ses outils , il forme, vous ai-je dit, par ce contact une

intelligence supérieure qui pousse Y humanité , et qui lui fait, franchir l’obstacle qui menaçait de l’arrêter pour longtemps. Parlons de chacun d’eux.

Que toutes les puissances du Mande s’abaissent ; que tout

ce qui est grand et riche s’incline ! Un homme est né : c’est Socrate!... ce philosophe inspiré , ce révélateur général et succinct , qui a tout trouvé et tout dit , qui a posé ce principe : « Connais-loi toi-même. »

et qui en le posant a donné la clef de tous les devoirs !

C’est ton cœur, nous dit-il ! quand lu l’auras approfondi , que tu le connaîtras bien , la vie le sera ouverte.

Les disciples de Socrate qui ont compris sa doctrine sont : Platon et quelques autres, qu’il est inutile d’énumérer. Eux aussi , guidés par celle parole qu’ils avaient entendue , et pénétrés de la vérité du principe, ils ont mis celui-ci en pratique cl ils lui ont fait porter ses fruits.

Ils ont préparé la marche.

Socrate avait été devancé par Pythagore.

Est ensuite venu Moïse , législateur inspiré , qui a cependant perdu son inspiration en voulant la faire descendre trop.

brusquement dans l’ornière de la société.

Moïse avait entrevu la Terre promise ; il l’avait mal dépêinte.

C’est un homme imparfait !

Josué , homme ordinaire , a suivi Moïse. A mes yeux, il n’a d’autre mérite que celui d’avoir marché à la tête d’une colonne.

Quant à la terre? je suis persuadé qu’elle tournait toujours, malgré les désirs contraires , et que par conséquent le soleil s’est couché à son heure et .pas plus lard.

Puis est arrivé ie Messie , l’ Homme Dieu , le Christ ! Docteur magnifique , qui a posé les conséquences du principe.

Avec le Christ et les Évangiles on doit finir par tout connaître et par tout approfondir. C’est un travail d’induction qui doit nécessairement nous élever au-dessus de notre nature brute , et non-seulement cela , mais encore nous faire baigner dans Y esprit.

Le Christ n’est pas complètement le génie du bien ; il n’en a qu’une face déterminée ; chez lui brillent :

«La charité , la bonté , Y humilité , la douceur », toutes les qualités en un mol attrayantes.

Le Christ n’inspire pas un sentiment de crainte , car chez lui la force n’est pas force , c’est-à-dire, n’est pas représentée, formulée : il n’apparaît que comme grandeur .

Dans la conviction de ses principes il était fort , mais ce n’était plus la force vraie , apparente : c’était la foi ! Ce n’est plus une chose qui vous en impose , comme la force pure ; celle-ci apparaît dans sa personne et dans sa vie.

Je vous ai dit que c’était la foi\ Cette force du Christ , en effet, n’est pas la qualité elle-même !... c?est le résultat de ses autres qualités , la suite nécessaire de la grandeur de ses inspirations.

Le Dieu de la force ? c’est Satan !...

Satan , que l’on a voulu mettre en lutte avec le Christ , n’a jamais lutté contre lui : c’est son frère!...

C’est lui qui est l’autre partie du génie du bien. >

Lui ? c’est le Dieu de la grandeur , de la force , de l’exlermination! ... C’est le génie démolisseur , qui fait branler les

édifices mal assis et qui , armé de sa massue impitoyable , sape les fondements de tous les' essais sociétaires : c’est le soldat mis à l’arrière du bataillon qui part , afin de ramasser les objets utiles qu’il aurait égarés. Tel , Satan , ramasse les belles idées que l’on oublie , et les apporte ensuite au peuple qui en a besoin et qui les a perdues.

Le Christ et Satan ne forment qu’un même tout. mi, .i&l Le Christ a paru : son type a été personnifié. ♦>; » •

Le type de Satan le sera : il couronnera l’œuvre sur la terre. Le Christ a posé le principe !

Satan viendra poser les conclusions de toutes ses conséquences. Il 1 • ’titu, - ■ ‘

La partie attrayante du bien a eu, son représentant , qui

nous l’a montrée et nous l’a faite connaître.

Par cette connaissance nous en avons pressenti la partie grande , la partie forte. Cclle-lâ nous sera aussi représentée. Ce sera Satan qui arrivera et qui én sera le type.

Satan est le frère du Christ : je dirai plus ! Satan est la moitié du Christ. Us ne forment à eux deux qu’une seule personne.

Je vous comparerai Satan et le Christ à l’union de Y homme et de la femme qui , vous ai-je dit , par l’union des qualités de Dieu , c’est-à-dire , par la réunion du beau , du grand du fort , au simple , au bon et au doux , forme l’image des qualités de Dieu. .. *

Satan se sacrifie tous les jours ! tous les jours il enlève avec des tourments atroces la robe qui le couvre , robe sem-

Diable à celle de Déjanire , robe empoisonnée , collée à lui !

C’est la force brutale, qui recouvre la vraie, la grande

force , la force morale , dont Satan est le Dieu.

Tous les jours il s’efforce , tous les jours il gémit , tous les jours il se sacrifie !

Il est le Dieu de la révolte légitime , vous dit George Sand : elle a raison. . •

C’est lui qui combat tous les jours la mauvaise interprétation de la force ! C’est lui qui dévoile le pouvoir et excite contre lui! C’est lui qui entre dans le cœur de Yhomme et embrase cette étoupe sèche , en lui soufflant sa devise :

.« Liberté , égalité , fraternité. » •

C’est lui qui dit de se lever à celui qui est à genoux ! C?est

lui qui brise les fers du prisonnier ; c’est lui qui lui montre son oppresseur !...

Satan est le Dieu des malheureux , des opprimés :

Satan est le Dieu des révolutions, . .

Il a été méconnu : son règne arrivera.

Il commence à se dépouiller de cette robe qui le couvre : il montre la tète aujourd’hui.

Vous le verrez dans toute sa splendeur lorsque le mal sera devenu vermine. Se réunissant alors à son frère, I a Christ,

ils dissiperont ce fantôme inutile et le réhabiliteront.

Cette réhabilitation du mal et des autres moyens de Dieu , tels que : la matière brute , la vie, la mort et les autres, formera l’agglomération de ces moyens. Ils ne feront point partie de l’ouvrage , mais ils le soutiendront. Ce sera un piédestal gigantesque qui nous apparaîtra à tous , et que nous admirerons dans son immense et belle sauvagerie,

Les disciples du Christ , sont ses apôtres : des pêcheurs , gens de conviction , simples , mais d’un jugement assez droit pour comprendre les belles vérités , d’une foi assez grande pour les pratiquer, et d’un cœur assez bon pour les propager.

Ce n’était pas des gens corruptibles : la soif de l’or ne les brûlait pas ; le bien seul les désaltérait : . «mn

Ils buvaient souvent. f> 'ioftiAtt tim;

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Est venu ensuite un reflet de la lumière : Mahomet !

La seule chose qu’il possédât était le principe religieux. >

Mahomet puisait ses inspirations en Dieu et en la société , c’est-à-dire, que ses principes venaient de Dieu , mais étaient ternis par des émanations humaines .

Mahomet peut se résumer ainsi : .

Principe religieux ! belle chose.

Principe intéressé ! gangrène.

Principe ambitieux ! décadence.

L’institution de la polygamie est ignoble ; ses caractères sont : Yimpureté et {'oppression.

Les révélateurs commencent à baisser.

Nous allons en voir de bien plus tristes encore.

La révélation à présent prend le caractère dogmatique.

’ Nous trouvons des Papes , des Concilçs , des Prêtres .

Ils consacrent une autorité qu’ils s’approprient : alors paraît « {'infaillibilité » ! . . .

l 'infaillibilité est une émanation de Dieu : elle n’existe que dans la conscience.

C’est X infaillibilité religieuse , qui est donnée à tous.

V infaillibilité , résultat de controverses , est un outrage

à la Divinité. Elle n existe pas.

Par suite de cette autorité dogmatique est arrivé le révolté Satan : il n’a pas voulu qu’on augmentât son joug.

La persécution qui existait était trop forte , alors est venu une nouvelle révélation : on l’a nommée « hérésie »î...

La religion est détournée , opprimée , avilie : on veut la relever, et l’on flétrit ces hommes du nom «d7 lérétiques » ! ...

Ce sont des réformateurs.

La révélation alors est venue sous le uom et les apparences de la réforme. >

Le drapeau de la fraternité avait été foulé aux pieds , la coupe de Végalilé avait volé en éclats , le lien de la charité avait été rompu. .

Jean IIuss , Jérôme de Prague , le relevèrent , la refirent , et le relièrent. Ils ont été persécutés , brûlés !...

Luther et Calvin sont venus. Ils ont commencé à faire vibrer la raison dans le cœur de Vhomme , ils l’ont secoué de son engourdissement , ils l’ont arraché à son abrutissement complet. . . .

Cette réforme n’a véritablement pas porté ses fruits ,,elle n’était pas véritablement éclairée.

Pendant cette révolution , la raison a cependant commencé à se montrer : c’est une immense conquête.

La réforme qui l’a suivie, réforme faite par les penseurs ,

les philosophes , les grands hommes , a été plus éclairée , par conséquent mieux expliquée , mieux comprise.

Ses moyens ont été : la raison et la logique . Son arme a été : le ridicule ; elle a démontré par V absurde.

Le ridicule et le raisonnement par Y absurde et par la raison pure , sont des armes terribles quand elles sont dans les mains des hommes ordinaires ; jugez de leur puissance quand elles sont maniées par des Molière , des Voltaire et des Rousseau ! >

Cela a été un coup de marteau qui a ébranlé les anciens édifices', et en même temps cela a servi de mortier pour les fondements des nouveaux.

Pendant que celte réforme marchait , une nouvelle avait commencé : c’était la réforme par l’art. Raphaël et Michel Ange avaient montré leurs inspirations.

L’Un avait levé le drapeau de la tendresse , de la pitié , de . Yamour.

L’autre avait arboré celui de la grandeur , de la force , de Y extermination.

Ils ont parlé par la forme ,.i!s ont préparé le sentiment , qui ne devait arriver complet que par la musique.

Le troisième génie , est Joseph Uayden,

Les principes ont été posés et compris : ils ont été développés.

La controverse s’en était emparée , l’art seul pouvait faire arriver à une interprétation dénuée de controverse.

Le dessin , la peinture , la sculpture , parlaient aux yeux , à Y imagination , à Yintelligence : il fallait parler au cœur !

* La musique seule pouvait lui adresser la parole.

V éloquence , la raison , avaient parlé au cœur par la parole , il fallait lui parler par la pensée , par le sentiment.

L’inspiration ne (levait plus «Ire écrite, il fallait qu’elle fût pénétrante. . '

Elle pouvait être parlée , il fallait qu’elle fût comprise par le sentiment.

La musique est la plus forte manifestation de la pensée. Ce n’est plus borné comme un langage , c’est une langue universelle , c’est l’essence de l’harmonie de la nature. Elle est

plus étendue , çar elle existe chez tous les Êtres.

Orphée , dit-on , faisait lever les pierres :

Les instruments font chanter les oiseaux.

La parole n’est entendue que par Yhomme , et n’est que son apanage exclusif. - -

Le grand révélateur par la musique , vous ai-je dit, c’est Rayden. C’est lui /pii nous a formulé cette harmonie universelle , l’harmonie de la nature.

Vovez sa création !...

C’est une œuvre grande et complète , qui ne dépasse pas les bornes : aussi est-elle achevée.

Raphaël n’a pu finir la Transfiguration, car toutes les inspirations ne sont pas réalisables!

11 n’est pas permis de dire tout ce que l’on voit ; on ne peut pas parler de ce qui se passe après la mort , et surtout on ne peut pas en parler en détail.

Quant à Haydenl ses inspirations sont grandes , sublimes, quoique bornées.

Voyez , vous répéterai- je , sa création : je ne parle pas

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des beautés classiques de cet ouvrage; elles sont toutes

grandes et appréciées. Je parle de son élévation, comme idée. Il a fait de l’harmonie imitative de la pensée , et pour cela il a choisi la création , la pensée du Mondei Ses inspirations ont été réelles et bien rendues. La pensée du Monde étant la plus élevée, il a produit un chef-d’œuvre. C’est à

juste titre que je l’appelle révélateur. Son chef-d’œuvre est le

plus beau , comme idée.

Pour le comprendre il n’est pas besoin d’être musicien : il faut avoir du cœur , de l’àme , être artiste d’idée et d’intelligence.

Ces artistes de cœur et d’idée sont de véritables apôtres. Hayden , lui aussi , a eu ses satellites. •

Au premier rang nous placerons Weber : sa dernière pensée nous parle du renouvellement.

Après lui vient Meyerber, qui a agité la question du bien et du mal. * *

Weber est incomplet , car il n’a vu qu’une chose.

Meyerber l’est aussi , car son œuvre est resserrée aux croyances accréditées : il a personnifié Satan «V Enfer» ; le type

est faux. 11 aurait du ne pas parler d’ Enfer , ne pas dire que Satan est le Dieu du mal ; il aurait dû seulement personnifier sou idée : mais il n’en a pas été le maître ; les usages et les croyances l’ont bridé..

Arrivons à cette femme sublime ; elle a été précédée par

des satellites nombreux, parmi lesquels je citerai Fourrier et saint Simon..

Ils ont agité la question de Yassociation : Vidée était bonne* le développement portait à faux.

Saint Simon a parlé de la réhabilitation de la chair : c’était réhabiliter la matière fécondée par la vie , c’était commencer

à combler le vide que le Christ avait sciemment laissé.

Fourrier a parlé du Phalanstère : dans ce moment il a prophétisé quant à la pensée. Cette idée était bonne , mais

l’application était mauvaise..' Ce ne sera pas une association

de capitalistes qui sera bonne , ce sera une association de

frères , une association fournie pour le bien de la grande famille , et le seul capital sera apporté par V amour.

George Sand est le révélateur qui développe le Monde par ses écrits. Sa parole est la manifestation de la pensée du Monde.

Le Christ est venu réhabiliter 1 9 Esprit.

George Sand vient réhabiliter la matière.

La réhabilitation de la matière est aussi importante que

celle de V Esprit , car la matière est cet autre grand tout qui entre pour moitié dans l’ouvrage de Dieu. Si vous réhaussez l’un , on doit réhausser l’autre. En effet , leur marche doit être égale, puisqu’ils aspirent au même but «/ewr fusion » Quand je dis égale , j’entends proportionnelle, c’est-à-dire, suivant le travail qu’ils doivent faire.

Les œuvres de George Sand parlent de tout.

Horace parle de l’union de l’homme et de la femme.

Dans Consuelo elle nous entretient du mariage , de l’assoviation , de la musique , du magnétisme , de la religion , de la force.

Dans Spiridion elle parle de la philosophie religieuse , du Monde : elle nous parle dans cet ouvrage dti progrès et des moyens d’y arriver. Il y a celle phrase :

« Je conçois quJil y ait de ces natures fortes , animées par ta gloire , en un mot des triomphateurs. »

Elle parle ici des fléaux qut affligent l’humanité.

Ce sont des maux , et le mal est un moyen.

Elle fait allusion à la force brutale , qui se détruit peu à

peu : elle a raison. .

La force morale n’est pas assez forte aujourd’hui pour régner par elle-même. La force brutale est bonne , en ce qu’elle la consolide, en ce qu’elle est un acheminement à la consolidation pleine et entière de cette force réelle.

Je ne m’étendrai pas davantage sur, le mérite de scs œuvres.

George Sand a été précédée , vous ai-je dit , de satellites.

Elle vit aujourd’hui dans une atmosphère d’hommes de génie qui voltigent autour d’elle. Leur marche est belle et imposante : qu’une escorte est belle quand elle est composée

de Pierre Leroux , Béranger, Lamenais , Michelet , Quinet et autres de leurs pareils.

Lamenais a beaucoup réfléchi ; il parle d’après sa raison : la raison s’égare quelquefois chez Yhomme.

Béranger parle d’après son amour ; il est bien grand ! son amour est bien étendu, mais il est à désirer que cet amour soit plus formulé.

Quinet parle d’après son intelligence : chez lui l’intelligence est voisine de l’imagination.

Michelet parle d’après son cœur : il pénètre assez en avant.

Pierre Leroux parle d’après ses instincts développés et réfléchis : il embrasse tout , mais il n’est pas permis de tout étreindre.

Prenez pour devise :

« Liberté , égalüé , fraternité . » '

Pénétrez-vous de celte maxime :

« Lyunion fait la force. »

Etudiez toutes les doctrines de ces grands hommes , rapportez-les aux doctrines posées par le Christ , et développées par George Sand ; pesez tout cela dans la balance de votre

conscience , et vous serez des gens savants . . ' •

FIN DES PAROLES d’ïJN SOMNAMBULE.

Note. — La Révolution du 21 Février f8-î8 et ses conséquences donnent aux Paroi.hs d’un Somnambule un caractère prophétique, qui pourrait faire supposer qu’ellesmit été prononcées postérieurement à cette époque ; il est donc nécessaire de rappeler au Lecteur , que la date de la lettre des membres de la Société Magnétique de Toulouse, constate qu’elles remontent aux mois de Juin et Juillet 1847, c/est-à-dire, à neuf mois avant cette Révolution.

Toulouse > Imprimerie «le Pu. Montaubin.

Le vrai peut quelquefois n’ôtre pas vraisemblable.

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