‹ Traité de magnétismeChapitre 47 sur 69 · RHUMATISME. — TUMEURS FROIDES · texte numérisé non relu

RHUMATISME. — TUMEURS FROIDES

arKilosk.

Première Sèancç.

En sortant de chez moi , je trouve ma domestique sur le seuil de la porte , causant avec une femme qui portait dans ses bras une jeune fille , de la figure la plus intéressante , et deux béquilles. Ému par ce spectacle affligeant , je m’arrête et je demande à ma domestique qu’elle est cette femme et cet

enfant. Elle me répond , que l’une est sa belle-sœur et l’autre sa nièce. '

J’interroge la mère :

J). Ma bonne , quelle maladie a votre petite? •

B. Je n’en sais rien , Monsieur, ni les Médecins non plus , car plus on lui fait des remèdes et plus elle souffre; elle est arrivée au point de ne plus pouvoir marcher avec des crosses. Tl faut actuellement que je la porte.

D. Quel âge a-t-elle ?

jR. Onze ans bientôt.

D. Y a-t-il longtemps qu’elle est dans cet état ?

R. Huit mois.

D. A cet âge la nature a des ressources immenses ; il faut espérer qu’elle guérira.

R. O , Monsieur , je n’ai plus d’espoir dans les Médecins ; ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient. Ma seule espérance est

eu Dieu ; aussi je viens de lui faire entendre la messe de saint Eutrope.

D . Vous avez très-bien fait : Dieu vous aura peut-être exaucée ; entrez chez moi.

Je prends l’enfant dans mes bras et je le dépose sur un canapé. La mère, étonnée , me suit sans mot dire.

Aux premières Passes les yeux d 'Annou Serre (c’est le nom de la petite fille) suivirent mes doigts un instant et se fermèrent. Je lui dis avec douceur :

« Dormez , mon enfant , ce sommeil vous guérira. »

A ces mots sa tète s’incline , et l’enfant tombe en somnambulisme.

Après quelques minutes de sommeil , je lui adresse une ou deux questions ; elle fait des efforts pour me répondre , mais c’est en vain : sa langue reste liée.

Amou éprouva trois ou quatre petites .crises, pendant lesquelles elle allongeait ses jambes , m’indiquait ses hanches, et me témoignait , par des signes de salisfàction , qu’elle ressentait du soulagement lorsque j’y plaçais ma main.

Après son réveil elle resta une demi heure sans pouvoir

parler , et son corps passa alternativement du froid au chaud.

Deuxième Séance .

Dans la journée Amou a pu marcher avec le secours de ses crosses.

Pendant son sommeil les mêmes crises que la veille se sont manifestées , mais avec plus de force : elle a fait avec ses

pieds des mouvements d’adduction , d’abduction et d’extension.

Impossibilité de parler , — point de clairvoyance , — * déglutition pénible.

Je lui ai demandé si elle souffrait du gosier. Elle m’a fait un signe négatif. Sans doute , il s’opérait un travail dans les glandes salivaires.

A son réveil elle a eu une sueur froide, une forte quinte de toux , de la chaleur à la peau , et a conservé une demi heure de mutisme.

Troisième Séance.

La malade est arrivée chez moi sans le secours de ses béquilles.

Les mêmes phénomènes de la veille se sont reproduits.

La déglutition a été plus facile, et le mutisme après le réveil moins long.

Quatrième Séance. •

Les mêmes crises que la veille ont reparu , mais moins fortes.

J’ai demandé à Annou , dans son sommeil , si elle me voyait : elle m’a fait un signe négatif.

Cinquième Séance. : ' . ^

Les mêmes crises ont eu lieu et leur durée a été plus courte.

J’ai interrogé la malade; elle m’a répondu }>ar : Oui et

Non. Elle n’a pu voir ce qui lui élail nécessaire ; elle répondait avec beaucoup de difficulté , et sa voix était si basse qu’à peine je pouvais l’entendre.

La lumière artificielle l’incommodait.

Sixièmè Séance.

Dès ([u'Annou a été endormie , elle a répondu avec facilité

aux questions que je lui ai adressées.

J’ai appliqué mes mains sur ses genoux , où se trouvait le

siège principal de son mal , et à l’instant elle s’est frictionnée

les pieds l’un par l’autre , avec une rapidité et une adresse merveilleuses ; dès ce moment elle a cessé de répondre à mes questions ; ce travail l’absorbait entièrement.

A peine réveillée, elle a levé précipitamment ses jupes, et , sourde aux observations de sa tante sur cette manière singulière d’agir , elle a détaché avec vivacité les linges et le coton qui enveloppaient ses genoux , et les jetant avec colère au milieu de l’appartement , elle s’est écriée :

« Au diable tout cela qui me gênait ! »

Puis elle a couru à ses souliers , qu’elle quittait pour pouvoir s’étendre sur le canapé , avec autant d’agilité que si elle n’avait jamais été privée de l’usage de ses jambes.

Je lui donnais tous les jours de l’eau magnétisée , qu’elle

emportait chez elle pour qu’elle lui servît de boisson ordinaire. Il était vraiment curieux de voir avec quel empressement elle saisissait la bouteille qui renfermait cette eau , et la tendresse avec laquelle elle la pressait sur son cœur. Il ne fallait pas que chez elle quelqu’un se permit d’y toucher ; elle

l’aurait défendue avec l’acharnement d’une lionne à qui Pon veut enlever ses petits. On s’amusait parfois à faire semblant de vouloir boire de son eau , et ce jeu donnait lieu à des scènes intéressantes et comiques tout à la fois.

Je donnais à celte eau , par la pensée , le goût que je voulais , et , dans son état de veille , elle le reconnaissait de manière à ne jamais se méprendre.

Septième Séance.

Comment rendrai-je cette séance, qui arracha des larmes d’admiration et d’attendrissement aux personnes qui assistaient au traitement d'Annou !

Cette intéressante enfant tomba dans une extase dont il est impossible de décrire la grâce et Ponction.

Elle me fit signe doucement de la main de m’éloigner , puis tout-à-coup nous la vîmes envoyer des baisers vers le ciel , faire le geste d’appeler quelqu’un vers elle , et un instant après recommencer à envoyer des baisers en signe d’adieux , comme à une personne qui s’éloigne. Elle accompagnait cette scène muette , qui se renouvela plusieurs fois , de nombreux signes de croix ; sa figure était rayonnante de beauté et ses traits respiraient une béatitude céleste.

Cette extase dura environ cinq minutes.

Ensuite elle se magnétisa d’une manière admirable , m’appelant seulement pour les reins , les hanches et les genoux , parce qu’elle manquait de jbrce pour le faire elle-même ; pas un endroit de son corps ne fut oublié ; elle passa en revue toutes les articulations.

Elle commença à magnétisée les phalanges de la main droite avec les doigts correspondants de la gauche et réciproquement , avec une adresse , une grâce et une précision merveilleuses , en faisant des milliers de petits cercles et de croix, accompagnés d’un baiser à chaque phalange et à chaque phalangette ; puis elle magnétisa ses pieds l’un par l’autre , de la même manière , .avec une rapidité étourdissante et en remplaçant les cercles , les croix et les baisers , par des frictions d’un pied contre l’autre ; le mouvement des doigts se distinguait parfaitement à travers les bas , et ils frappaient sur les phalanges et les phalangettes avec la même précision que les doigts des mains ; de là elle passa aux articulations de la tète,

de la figure , des épaules et de la poitrine. Les coups dont

elle frappait les maxillaires et le sternum étaient retentissants.

Huitième Séance.

Annou Serre s’est magnétisée comme la veille. L’état d’extase ne s’est pas reproduit ; il a été remplacé par un repos

complet , qui a succédé à sa magnétisation.

Neuvième Séance.

Sommeil paisible’.

Avant de se faire réveiller , la malade s’est relevée à demi et s’est glissée plusieurs fois le long du canapé , pour frictionner l’épine dorsale , qu’elle m’a enfin prié de lui magnétiser ; puis elle a allongé son corps aqlant qu’elle a pu , en lui donnant une position convexe , qu’elle a conservée un instant avec la raideur d’une barre de fer.

Dixième Séance.

La malade a fait quelques mouvements d’extcnsiou , puis elle a gardé une immobilité complète.

Je n’ai pas cru devoir troubler son repos par des questions.

Onzième Séance.

Même repos et mêmes mouvements d’extension que la veille.

Refus obstiné de répondre à mes questions.

• Douzième Séance.

Continuation du repos et des mouvements d’extension.

Je n’ai pu obtenir que cette réponse :

« Je n’ai plus besoin d’eau magnétisée ; je ne dois dormir que jusqu’à dimauche prochain. »

Treizième Séance.

Repos complet.

J’ai donné à Annou l’ordre impérieux de me répondre.

D. Quand seras-tu guérie ?

JL Dimanche,

/). Examine ta maladie , caractérise-la , vois ce qui en serait résulté si tu n’avais pas été magnétisée , et conserve , à ton réveil , le souvenir de ce que lu auras vu , pour le dire à ta tante.

JL Oui.

D. As-tu du mal à la tète ? — Signe d'impatience — Je t’ordonne de me répondre.

R. — Avec humeur — Eh bien! oui.

J). D’où provient-il ?

R . — Prenant le cubitus du bras gauche — D’une blessure que je me fis là.

D. Que faut-il faire pour guérir ce mal ?

R. Continuer à" me frictionner la tète avec de l’huile d’olive,

D. Cela suffira-t-il ?

• R . Oui. ‘

D. S.eras-tu guérie de tes genoux dimanche , comme tu l’as annoncé? ' .

R . Je serai guérie des jambes et de tout mon mal , excepté de celui de la tête ; mais pour cela les frictions d’huile d’olive suffiront. Le Magnétisme n’est plus nécessaire.

Quatorzième Séance.

Avant d’endormir Annou je l’ai questionnée , pour savoir si elle se rappelait de ce que je lui avais ordonné la veille ,

* et si elle l’avait fait.

D. Te rappelles-tu de ce que je l’ai ordonné hier ?

R. Parfaitement.

D. As-tu dit à ta tante ce que je t’avais recommandé ?

R. Non : je ne l’ai pas vue.

D. Alors dis-le moi.

R. J’avais des douleurs rhumatismales , des tumeurs froides aux genoux , et j’aurais été estropiée toute ma vie si vous ne m’aviez pas magnétisée.

Dès qu’elle a été endormie elle a plaisanté avec moi , et a parlé avec une facilité, poussée jusqu’au babil ; elle s’est mise à me raconter un tas d’historiettes enfantines. J’ai profité de cette disposition pour l’interroger.

D. Tes rein$ auraient-ils souffert des suites de ta maladie? • fl. May qu’un biélpastré (plus qu’un vieux berger).

D. Que faisais-tu l’autre jour quand tu envoyais des baisers au ciel , et que tu semblais appeler quelqu’un de la main?

fl. Je voyais le bon Dieu qui venait vers moi. Quand j’envoyais des baisers vers le ciel , c’est qu’il y remontait , et c’était en signe de remerciment et de reconnaissance pour ma guérison merveilleuse , puis je le suppliais avec la main de redescendre. C’est pour être seule avec lui que je vous ai fait éloigner. ,

Je l’ai quittée un instant ppur soigner un autre malade, que je traitais en même temps qu’elle ; elle m’a réclamé de suite. /). Où est Monsieur Olivier? s fl. Me voilà : tu. me veux donc toujours auprès de toi?

D. — D’un ton boudeur — Oui.

fl. Il faqt bien que je soigne les autres malades! — Signe de mauvaise humeur. — , Ne boude pas , allons ! je ne te quitterai plus.

D. Eli , bien ! reste là. — Elle frappe sur le canapé. — fl. Tu ne bouderas plus ?

D. — Avec un sourire malicieux et d’im air satisfait — Non.

fl. Quand veux-tu que je te réveille ?

/). Pas encore : je suis trop bien.

h. Cela ne le fera pas de mal de dormir si longtemps ?

D. — Avec une gaîté folle — Va toujours ! je suis trop bien.... C’est fort, c’est bien fort , plus fort que du vinaigre : M. *** , son Médecin , n’a pas pu me guérir avec ses cataplasmes et ses drogues , et M. Olivier m’a guérie par le Magnétisme. Il me larde d’avoir une corde pour sâulêr. Victoire! victoire plus grande que la France ! Soy guérido , qué soy counténto ! (Se suis guérie , que je suis contente ).

Elle a recommencé ses historiettes d’enfant ; j’ai laissé un

libre cours à son petit bavardage, et je' ne l’ai réveillée qu’après deux heures de sommeil.

En se levant , sa figure était radieuse , son corps , contrefait quelques jours auparavant, s’était redressé , ses membres s’étaient développés , sa taille et sa démarche avaient pris de la grâce comme par enchantement; elle était ravissante de fraîcheur et de beauté.

Quinzième Séance.

Pendant son sommeil Annou Serre est d’une gaîté folle ; elle rit et joue constamment avec moi , m’exprime sa satisfaction d’être guérie et me donne des témoignages touchants de reconnaissance et d’affection. Elle revient sur ses historiettes de la veille , donne plusieurs fois au Médecin qiy l’avait soignée une épithète peu flatteuse , remercie la Providence de sa guérison miraculeuse , et promet que , si jamais elle a le malheur de retomber malade , elle n’aura recours qu’au Magnétisme.

J’ai voulu m’éloigner un instant , elle a pleuré aux san-

glols -, je me suis rapproché pour la çonsoler. Après un moment de bouderie , elle a frappé du poing avee colère sur le canapé et s’est écriée :

« Je ne veux pas que lu me quilles ! reste là. «

Comme dans ses derniers sommeils elle se plaisait à jouer avec une bague que je portais , je lui dis :

I). Mon enfant , tu serais heureuse d’avoir une bague ?

R. O , oui , Monsieur ! .

D. Eh bien î je l’en promets une.

R. Quel bonheur ! je vous jure que je ne la quitterai jamais, et que je la ferai enfermer dans ma tombe quand je mourrai.

D. Veux-tu encore dormir demain ? ( C’était la veille du Dimanche qu’elle avait indiqué pour terme à ses sommeils. ) jR. — DJun ton bref — Non : cela me ferait mal.... À présent je suis si bien guérie, que lorsque je passerai dans la rue on dira : « Quelle belle femme ! »

D. Il y a bien longtemps que tu dors et cela pourrait te faire du mal ; vehx-tu que je le réveille ?

R. Non :.je suis si bien!.... — Avec une gaité folle — Marche toujours!... ne crains rien. .

Elle rie voulut être réveillée qu’après plus de deux heures et demie de sommeil , et , à partir de ce jour , elle n’est plus

revenue se faire magnétiser-, et a été parfaitement guérie.

A l’appui de cette relation je crois devoir donner celle que me remit , quelque temps après la guérison d'Annou Serre , le docteur polonais fjypatenski, qui avait assisté assidûment à son traitement , afin que le lecteur puisse juger si je m’écarte

de la vérité dans mes récits. Je pourrais , au besoin , invoquer des témoignages aussi irréprochables pour tous les traitements que je rapporte. Si j’entre dans ces détails , c’est qu’avec la résistance que rencontre le Magnétisme , je tiens par-dessus tout à ne pas laisser planer l’ombre d’un doute sur ma bonne foi et la réalité des faits que je livre à l’appréciation de. ses amis et de ses ennemis.

« Sympathiser c’est soulager. »

« Sympathiser c’est aussi guérir. »

Sobre de toutes réflexions et discussions hypothétiques sur un principe insaisissable par nos sens à priori , et ne devenant apparent que par ses effets étonnants , nous nous bornerons à exposer simplement le fait tel que nous avons cru l’observer , en présence des plus honorables témoins, qui ont eu à cœur, aussi comme nous , de rechercher la vérité avec toute l’impartialité possible.

Le 14 du mois de mai 1858 , nous fumes appelé à assister à un traitement magnétique , opéré en présence de témoins vénérables de la ville , et commencé , nous assura-l-on , depuis quelques jours seulement.

Transporté au domicile du Magnétiseur, notre premier désir était d’examiner préalablement la patiente avec toute rigueur , pour nous assurer que la maladie n’était pas simulée. A l’inspection attentive du corps de la malade , âgée de dix ans environ , nommée Annou Serre , d’un tempérament éminemment lymphatique, blonde, yeux bleus, nous pré-

sentant un aspect malade, teint pâle , beaucoup amaigrie , dés rougeurs au tour des pommettes , et de l’oppression dans le larynx ; la peau inégalement chaude , beaucoup de lenteur dans les mouvements du corps , ne pouvant pas d’ailleurs se servir de ses jambes ni pour la marche ni pour la station , nous ne pûmes douter de la réalité et de la gravité de la maladie.

Après cel examen général , nous procédâmes à celui de ses jambes , qui ont été le motif de son traitement , et nous trouvâmes que les deux genoux étaient tellement enflés , que toute génuflexion était impossible. La tumeur, assez dure, paraissait de nature froide , contractée par le séjour prolongé dans un lieu humide tel que la maison de son père, savetier , également d’un tempérament lymphatique.

Les deux cataplasmes appliqués autour des genoux ne furent point ôtés , et on procéda au traitement par le Magnétisme. Après'quelques Passes et au bout de quelques minutes la malade fut plongée dans, le sommeil magnétique , qui dura deux quarts d’heure à peu près, et pendant lequel* elle paraissait toul-à-fail insensible à son entourage , si ce n’est à la lumière artificielle d’une bougie allumée , par laquelle elle a été contrariée , quoique les yeux fermés.

A son réveil elle nous parut moins disposée et comme assoupie.

Le 12, la malade se transporta d’elle-mèmc au domicile de son Magnétiseur , tandis que la veille sa mère l’avait apportée dans ses bras , et supportée seulement par des béquilles. Nous fûmes beaucoup étonné de yoir notre petite

malade tout-à-fait changée et disposée à se faire magnétiser , disant qu’il lui tardait beaucoup d’arriver à l’heure de son traitement. Dans quelques instants elle fut de nouveau endormie.

Pendant son sommeil elle ne présentait rien d’extraordinaire , sauf celte sensibilité qu’elle éprouvait toutefois pour la lumière artificielle.

Son réveil ressemblait presque au précédent.

Le 13 , la malade se présenta sans béquilles au logement de son Magnétiseur et marchant sans aucun support , quoique à petits pas , car les douleurs rhumatismales l’empêchaient de bien exécuter le mouvement. La tumeur de ses genoux avait totalement disparu déjà.

La malade fut bientôt endormie après quelques Passes , et resta tranquille pendant quelque temps , à l’exception de quelques déglutitions qui nous annonçaient une irritation dans le larynx.

Le sommeil a été encore celte fois-ci assez calme.

Dans une demi heure elle fut réveillée , et nous remarquàmes qu’elle avait été plus gaie dans son sommeil , et pas autant étourdie à son réveil qu’aulrefois. Cependant sa toux prenait plus de consistance chaque fois à son réveil.

Le 14, la malade parut à l’heure ordinaire. Pendant son sommeil elle nous présentait la plus grande sensibilité aux Passes de son Magnétiseur , qui les dirigeait vers les deux genoux.

Elle commença d’abord à lever ses jambes en l’air et à les étendre.

Dans trois quarts d’heure elle fut réveillée, et , à peine

, — un —

ses yeux furent ouverts , elle arracha les deux cataplasmes qu’elle avait gardés jusqu’à ce jour , se leva en se tenant parfaitement droite comme par enchantement , et courut à ses souliers , qu’elle quittait pour se mettre sur le canapé.

A son réveil la toux a été aussi manifeste , mais la malade était bien gaie et disposée à converser.

Le 15 , la malade revint à l’heure convenue, et , couchée sur le sofa , elle fut bientôt endormie. Pendant tout le sommeil elle exécuta les mouvements les plus extraordinaires , tant de ses jambes que de ses bras. Elle se servait des uns pour masser les autres , elle exécutait les mouvements d’adduction , d’abduction , de promotion, de supirtation , le tout combiné dans un mouvement de torsion dans des sens divers; avec les doigts de la main elle pinçait , elle pressait les arti-

dilations endolories des genoux , du tarse , du métatarse.

De là elle se transporta aux deux mains.

Ici elle a parcouru chaque articulation avec un ordre admirable , en y exécutant tantôt des cercles, tantôt des petites croix par la pression , en passant d’une phalange à l’autre , d’une plalangctte à l’autre. Parvenue au thorax , elle le massait, elle le percutait avec le poing, de manière à nous faire entendre le retentissement ; enfin elle exécuta de ses jambes et de ses bras les mouvements les plus capricieux et les plus convenables à mettre tous les muscles en action. Ses genoux , qu’on ne pouvait toucher sans exciter les plus grandes douleurs , maintenant, elle les pinçait impunément. Parvenue à la hanche , à l’articulation élio-fémorale , elle frappait de toutes ses forces à l’endroit qui s’opposait à la marche ; elle massait

Véritablement toutes les parties qui arrêtaient le mouvement.

Daps une heure , à peu près > elle fut réveillée , se trouvant beaucoup mieux , et* courant après ses souliers comme si elle 'n’avait jamais été malade.

Le 46 / la malade vint toute contente d’être magnétisée; Elle commença de nouveau le travail de la veille : elle débuta d’abord par les deux mains , et les sillonna par iln millier de cercles et de croix , puis elle magnétisa ses pieds l’un par l’autre , au moyen de leurs doigts par des frictions réciproques ; elle touchait chaque articulation , elle procédait avec un ordre suprême , pour exécuter tous ces mouvements.

Le sommeil dura plus d’une heure , après quoi elle fut

réveillée sans se ressouvenir de rien.

Nous ne devons pas oublier de dire que dans une séance , et nous croyons que ce fut dans une extase magnétique, elle haussait les bras vers le ciel et envoyait des baisers , comme pour rendre grâce ait créateur ; ses gestes avaient un charme inexprimable.

Le 47, la malade revint, avec les mêmes . dispositions qu’hier , et , après quelques Passes , elle fut bientôt plongée dans le sommeil , comme les jours précédents.

Encore aujourd’hui , elle exécuta quelques mouvements , plutôt de ses jambes que de ses bras ; et puis elle les concentra sur la rachis. A cet effet elle se glissait toujours sur

son dos , comme pour descendre, et voyant que cela ne lui

suffisait pas, elle fit un signe à son ‘Magnétiseur pour l’inviter à l’entraidef dans son travail ; elle lui indiqua le mouvement , qui fut celui delà douce pression le long de la moëlle épinière;

Le Magnétiseur voulant la faire parler, ce qu’elle n’avait pir faire jusqu’à ce jour à cause de son larynx embarrassé , lui proposa quelques questions, et parvint à lui faire prononcer : oui , non. Quelques minutes plus tard elle s’écria d’elle-mème :

« Oh, soy guérido , qué soy c ounténto. » — « Je suis guérie , que je suis contente ! »

Et en effet , de ce moment elle fut guérie, car elle marchait dès à présent avec toute l’aisance possible , comme si elle n’avait jamais été malade.

Le 18 , la patiente revint encore pour compléter son traitement. Aussitôt plongée dans le sommeil , elle fut interrogée par son Magnétiseur , qui lui demanda s’il fallait la magnétiser encore longtemps.

Après quelques moments d’hésitation , elle parvint à lui dire qu’il fallait encore la magnétiser jusqu’au dimanche , qui était le 20 mai , et réellement elle vint encore samedi , le 19 , à la même heure , et le dimanche aussi. Pendant ces

derniers sommeils elle fut très-causeuse , fort gaie , et dormit plus longtemps que de coutume.

Le lundi elle n’a plus reparu , et depuis ce temps nous la, voyons s’amuser avec ses camarades sur la place , jouissant de la plus belle santé.

Fidèles à ce que nous avons mis en tête de cet écrit , nous nous abstenons de toute interprétation et nous signons le fait.

Lopatenski, d.-m.-p.

Bcïiers, le t7 juin 1838.

ACCÈS DE FIÈVRES

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