EFFET RÉPULSIF DU MAGNÉTISME
Le petit Pierre, fils d’un jardinier, avait les accès de fièvres depuis deux mois : la quinine ne pouvant les arrêter, et son père ayant entendu dire que j’avais guéri plusieurs personnes de cette maladie ,- vint me prier de magnétiser son fils. Comme cet enfant avait constamment froid , je prenais ses mains dans les miennes , et je les réchauffais au point de provoquer d’abondantes sueurs.
Le sixième jour de son traitement , je vis arriver chez moi le père et la mère désolés ; je craignis qu’il ne fut arrivé quelque accident à leur enfant , et je leur demandai le motif de leur tristesse. Ils me répondirent :
« Ah , Monsieur ! notre enfant va- de mieux en mieux , mais nous sommes au désespoir par rapport à vous. Nous ' venons de nous apercevoir , aujourd’hui seulement , qu’il a la gale ; comme vous lui pressiez les mains , nous craignons que vous l’ayez prise , que vous supposiez qu’il l’avait quand il est venu ici , et que nous vous l’avons caché. Il la tient d’un de ses cousins , qui est venu nous voir il y a quelques jours , et que nous avons fait coucher avec lui. Nous vous demandons bien pardon : mon Dieu ! mon Dieu ! c’est un double malheur , car vous ne voudrez pas continuer à le magnétiser. »
Je rassurai ces braves gens ; je leur fis voir que je n’avais pas pris le mal de leur fils , et je les engageai à me l’envoyer, comme de coutume.
Quinze jours après l’enfant fut guéri de ses accès feulement je m’abstins de le toucher.
Le même fait m’est arrivé pour une gale vénérienne , qu’on me cachait avec soin. Il est vrai que la malade , crain gnant que je m’en aperçus , partit le troisième jour de son traitement.