FLUXION DE POITRINE
Depuis deux jours Rose Serre , ma domestique , était malade , et j’étais surpris qu’elle ne demandât pas à être magnétisée , après les cures dont elle avait été témoin, et surtout celle de sa nièce, Annou. Cependant le troisième jour, sa maladie prenant un caractère très-grave, je dis à ma mère, que, si Rose ne parlait pas de Se faire magnétiser, il fallait appeler un Médecin , pour que , dans le cas où la maladie tournerait mal , on ne m’accusât point de l’avoir laissée périr faute de soins , et à cause de ce que certaines personnes appelaient, ma marotte pour le Magnétisme.
Depuis trois jours qu’elle s’était alitée , la maladie avait fait des progrès effrayants ; la ligure de la malade était en feu, il s’était déclaré une toux extrêmement sèche et sans expectoration , la peau était dans un étal complet d’hérélisme , il existait une pointe de côté très-aiguë , enfin il était impossible de ne pas reconnaître la présence d’une fluxion de poitrine bien caractérisée. A minuit elle se décida à me faire prier de la magnétiser. Craignant d’avoir été appelé trop tard , j’hésitai un instant pour savoir si je ferais appeler un Médecin. Ma confiance dans le Magnétisme l’emporta sur mes craintes , et je me mis à la magnétiser , à grands courants, avec toute mon énergie, pendant deux heures sans interruption.
Dans la nuit elle sua si abondamment, qu'on eût dit qu\w> l'avait plongée dans un bain ; la sueur traversa matelas et paillasse ♦, l’on fut obligé de la faire changer trente fois de
chemise. - v •
Le lendemain elle était sauvée , et le cinquième jour elle reprit son service , sans avoir pris d’autre remède que des adoucissants.
Il ne se manifesta pendant son traitement d’autre phénomène que la somnolence.
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