‹ Traité de magnétismeChapitre 54 sur 69 · RHUMATISME · texte numérisé non relu

RHUMATISME

M. R... était resté cloué pendant six mois dans son lit par un rhumatisme , et il souffrait encore tellement , qu’il pouvait à peiue se soutenir sur ses jambes , surtout lorsque le temps voulait changer. Il logeait dans la même maison que le marquis de B... ; m’y trouvant au moment où il lui faisait une visite , je lui témoignai le regret de ce qu’il ne s’était pas fait magnétiser lorsque sa maladie s’était déclarée. Il m’opposa son incrédulité , et je n’insistai pas. Un instant après il nous dit :

« Voyez comme mes doigts s’enflent à vue d’œil ! c’est un baromètre certain , le temps va changer. »

En effet , ses doigts s’enflèrent progressivement, et le \enl tourna subitement du nord au sud.

Sans le prévenir de mon intention , je prends ses deux pouces dans mes mains , et je le magnétise. Dans moins d’une minute il s’écrie :

« Que me faites-vous là? quelle chaleur !... mais vous me brûlez !... »

Ce dernier mot expire sur ses lèvres , et il tombe en somnambulisme. Un quart d’heure après je le réveille. Le lendemain il consentit à se laisser magnétiser , et après la séance il put faire une promenade d’une heure à travers les champs.

Il ne revenait pas de sa surprise ; la veille encore il n'aurait pu marcher un quart d’heure dans son appartement.

Obligé de partir pour son pays , je ne pus le magnétiser que cinq jours. Ce temps avait suffi pour opérer un changement fabuleux dans son état. A son départ je lui remis un foulard magnétisé , et je lui recommandai de s'en servir tous les jours , à l’heure où je le magnétisais.

Un mois après son beau-père me dit , qu’il lui avait écrit qu’il était radicalement guéri.

Si M. R... n’était pas parti il serait devenu d'une lucidité surprenante ; il avait une grande rapidité de perception pour tout ce qui se passait autour de lui et au dehors, et il ne manquait jamais d’annoncer d’avance les personnes qui allaient entrer dans la maison. D’un tempérament fort et excessivement sanguin , il était violent et susceptible au plus haut degré , quand il dormait.

Je l'endormis un jour dans le salon de Madame la baronne de M... ; il venait de donner des preuves dë clairvoyance très-remarquables , lorsque M. F... se permit de pousser un

éclat de rire. Aussitôt sa figure s’enflamme d'indignation , et

il s’écrie avec fureur :

« Eveillez-moi de suite ! on ne peut tenir ici ! »

Son sang s’était transporté à la tète avec tant de violence , que je craignis un instant qu’il n’eût une attaque d’apoplexie. Les spectateurs , épouvantés de cette colère , craignirent un accident sinistre , et restèrent dans la stupeur pendant que je le calmais , non sans peine.

La veille de son départ M. R... descendit chez M. de B... ,

pour nous faire ses derniers adieux. Quand il fut sorti , M. de B... me dit : «Voyez si vous pouvez agir sur R... , en état de veille et à distance, »

Je magnétise M. R... par la pensée , en lui interdisant de dormir , et je lui ordonne de redescendre pour nous faire ses adieux une seconde fois.

M. de B... , après quelques minutes d'attente, monte chez M. R... , et revient bientôt me dire que je perds ma peine , que R... est tout entier aux préparatifs de son départ, et fait ses malles.

.. M. de B... n’avait. pas achevé de parler, que nous en-

tendons des pas.daus l’antichambre; il suppose que ce sont les pas de son domestique , mais la porte s’ouvre , M. R... parait , et dit en entrant : • . .

« Messieurs , j’étais occupé à faire mes préparatifs de voyage , quand tout à coup , et sans pouvoir m’en rendre compte , j’ai senti le désir irrésistible de venir vous faire mes adieux une seconde fois. » » :

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