‹ Traité de magnétismeChapitre 55 sur 69 · ATTAQUE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ATTAQUE HYSTÉRIQUE

• ii.'1'" * *

Madame A... était hystérique depuis 24 ans, ce qui lui donnait de violents maux d’estomac et de fréquentes migraines. Depuis un an son Médecin lui avait déclaré franchement qu’il n’y pouvait rien, et qu’il fallait qu’elle se résignât à vivre avec son ennemi. Elle se décida à se faire magnétiser.

La première séance ; elle vomit abondamment , eut un peu de somnolence , accompagnée de quelques mouvements nerveux , et souffrit infiniment plus de sa maladie que de coutume. ■ •

Comme celte dame ne pouvait suivre son traitement régulièrement, je lui magnétisai un mouchoir, en lui recommandant de le porter constamment sur l’abdomen. Elle fut guérie au bout de deux mois , et depuis lors elle n’a eu que de légers ressentiments de sa maladie , à de très-longs intervalles.

La vieille Marguerite fut surprise par une violente attaque d’hystérie , dans une maison voisine de la mienne. Allongée par terre, vainement depuis un quart d’heure on l’inondait d’eau cl on la secouait pour la rappeler à la vie , elle conservait l’immobilité de la mort. On vint chez moi chercher des cordiaux , mais ses dents étaient tellement serrées qu’on ne

put parvenir à les lui faire avaler. Les femmes qui s’empressaient autour d’elle , la croyant morte , se mirent à jeter les hauts cris. Attiré par le bruit , je me transporte sur le lieu de celte scène , j’écarte toutes ces commères , qui interceptaient l’air , et ne faisaient qu’embarrasser, je me penche sur Marguerite et je la magnétise fortement , à grands couranls. Au bout de dix minutes elle fait un léger mouvement ; je lui parle , elle ne me répond pas : je continue mes Passes ; bientôt après elle pousse un soupir , et je lui adresse de nouveau la parole. Elle porte la main à son cou , pour m’indiquer qu’elle étouffe et qu’elle ne peut me répondre. J’entoure son cou de mes deux mains , je reste cinq minutes dans cette position , puis je recommence mes Passes. Quelques instants s’écoulent , Marguerite ouvre enfin les yeux , les promène autour d’elle , d’un air étonné , les arrête sur moi, pousse un profond soupir , et dit :

« Ah , vous êtes donc le bon1 Dieu > Monsieur ? Vous me ramenez du tombeau : j’étouffais ; je me trouve bien à présent. »

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