‹ Traité de magnétismeChapitre 56 sur 69 · EXPÉRIENCE AV THÉÂTRE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE AV THÉÂTRE

J’assistais à la répétition de Roberl-le-Diablc , et je me trouvais placé dans une coulisse , à quelques pas de M. *** , qui causait avec une jeune actrice qui se plaignait d’un violent mal de tête. Parbleu , lui dit M. *** , m’apercevant , j’ai votre remède sous la main ! et , sans attendre sa réponse, il me fait signe d’approcher. Je m’avance , il m’explique ce qu’il désire de moi ; au mot de « Magnétisme « M1,e *** se met à rire , et me dit :

a On prétend , Monsieur , que vous avez le talent de guérir les gens en les endormant : je serais bien aise de voir cela ; mais je vous préviens que je n’y crois pas. Je suis femme , et par conséquent curieuse ; je me mets à votre disposition , si vous promettez de me débarrasser de mon mal" de tête. »

Je la fais asseoir dans la coulisse, cependant que la bassetaille répète son grand air de :

« Nonnes qui reposez sous cette ffoidc pierre »

que l’orchestre fait assaut de tapage , j’endors mon incrédule , que je réveille un quart d’heure après , complètement guérie.

Quelques jours plus tard, me trouvant à la représentation de

2ampa , dans une loge, avec plusieurs messieurs el la baronne de M... , celle-ci me demanda s’il était vrai , en me désignant Mne *** qui était en scène , que je l’eusse endormie. Je lui affirmai le fail.

« J’aurais bien voulu le voir , me dit-elle , à cause des circonslances dans lesquelles on prétend que vous l’avez endormie. » *

« Vous y êtes à temps , lui répondis-je ! voulez-vous que je vous donne ce plaisir à l’instant même? Ce sera bien plus curieux. Je ne l’ai magnétisée qu’une fois et je ne l’ai pas revue depuis / mais elle m’a paru si disposée au somnambulisme, que je ne doute pas de la réussite. »

La baronne , qui croyait avec ferveur au Magnétisme ,

secoua la tétc , d’un air d’incrédulité. On était au moment où' Zampa entre dans la chapelle avec sa 'fiancée, et que les chœurs chantent à genoux. Je magnétise M»® *** , par lapensée, et, au lieu de se joindre aux choeurs*, elle s’asseoit sur les marches d’un décor qui était près d’elle, et s’endort / la tète appuyée dans une de ses mains. ;

La baronne , étonnée , s’écrie :

D. C’est bien vrai! voyez, Messieurs, la pauvre petite dort. — A moi — Mais vous allez la faire siffler par le pu-* blic , s’il s’aperçoit de ce qui se passe.

ZL Rassurez-vous , Madame : je la réveillerai quand tout le monde se lèvera.

Quand le chœur fut fini , je réveillai M11* ***, qui nous parut

fort surprise de se trouver assise , el qui fut rejoindre le groupe des choristes !

~M. F.., sort précipita ni ment de la loge et court sur le théâtre, pour l’interroger ; il lui demande si elle s’est trouvée indisposée.

« Non , lui dil-elle, en riant, mais il parait que j’ai eu uno singulière distraction : je ne sais comment cela s’est fait et ce qui s’est passé en moi , mais je ne puis m’expliquer d’où vient quç je me suis assise, au lieu de me mettre à genoux et de chanter avec les autres ; en vérité je ne puis m’en rendre compte. v ; -

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