‹ Traité de matériaux manuscrits de divers genres d'histoireChapitre 2 sur 29 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

que ma colletîon servirait naturellement de texte aux enseignements du traité que les deux jeunes gensdes Tuileries demandaient; et que pour lepuWier j’avais làune occasion unique. Aussitôt je me suis mis à y travailler, et ce n'a pas été sans peine que je Tai terminé.

En voici le plan.

Autant de grandes divisions de rordre social, autant de chapitres.

Je me suis souvenu que le titre de ces deux jeunes gens était Traité de la conser^nation des manuscrits i j'ai préféré, afin de donner une plus grande extension d’utilité à cet ouvrage, celui de Traité de matériaux mcmuscrits de divers genres d’histoire. Je me suis souvenu aussi que -ces jeunes gens voulaient que ce traité portât sur des manuscrits dont le contenu serait analysé; j'ai adopté cette idée; mais j'ai rejeté celle de prendre pour texte les manuscrits de la bibliothèque du roi, et parce que leur trop grand nombre ne pouvait qu'en rendre le choix arbitraire, et parce que ni le fond de

INTRODUCTION

ÎV

Colbert, ni le fond de Baluze, ni le fond de Bëthune, ni le fond de Brienne, ni aucune de ces fameuses montagnes de parchemin ne satisferaient aussi complètement que ma collection aux besoins historiques de toutes les diverses parties de la société ; car lorsqu’on les a si longuement, si péniblement, si dispendieusement formées, les diverses parties de la société n'avaient pas encore demandé leur histoire.

Dans ce traité je conduis les lecteurs à travers les différents articles des divisions de ma collection ; et à chaque article je leur lais d’abord connaître l’importance du manuscrit par la valeur pécuniaire, et ensuite je justifie la valeur pécuniaire par l’analyse du manuscrit , par la valeur littéraire.

J’avais, dans cette collection , un grand nombre de manuscrits qui n’intéressaieni que des points territoriaux très circonscrits ; qu’en faire J ai proposé l’histoire des villages.

J’en avais d’autres, en plus grand nombre, qui n’intéressaient que Pierre, Paul ou

INTRODUCTION

Simon ; qu’en faire ? J’ai proposé l’histoire des familles.

Et VOUS, dans votre bibliothèque vous avez de grands rouleaux de vingt, trente, quarante pieds, si difficiles à manier qu'ils demeurent intacts; vous ne savez non plus qu’en faire; taillez-les, mettezdes en volumes. J’ai taillé presque tous les miens qui n’étaient pas écrits des deux côtés; je lésai mis en volumes.

Vous ne savez où placer de vieilles petites pièces de parchemin, grandes comme la main , ou du moins vous craignez avec raison que dans la succession des temps elles se perdent. J’en avais aussi plusieurs milliers remarquables par leur petite dimension et plus encore par les précieux et quelquefois uniques documents qu’elles contiennent; j’en ai fait des recueils ; et les attachant, les reliant à de grandes feuilles de papier, je les ai à jamais fixées par classes et par ordre chronologique à des volumes d’un genre nouveau. Je crois ces volumes si utiles à la conservalion des petites feuilles

INTRODUCTION

vj

volantes, que j’ai fait lithographier leur forme et leur contexture au premier chapitre de ce traité.

Jusqu’ici on avait détruit comme inutiles les feuilles détachées de manuscrits, souvent très rares, souvent même très anciens; l’archéographie , comme la nature , ne doit rien perdre; et quant à moi, qui dans le classement de toute ma collection ou ailleurs ai ramassé ungrand nombre de ces fragments, j’en ai fait trois gros volumes d'un Excerpta fort varié qui , depuis le vii/^ siècle jusqu’au xix%offre commeles piquantes éphémérides de ce long espace de temps.

Mais je m’aperçois que cette introduction s’allonge, ne cesse de s’allonger; elle a déjà six pages , c’est trop de quatre.^

Page 1