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« hommes el femmes qui doivent chevaiges... De la « taille de... De la taille de... Recettes exlrava- (( gantes... Venduedefroment...desoigle... d’orge... « d’avoine... prix, prix... Distribution de froment... « aux frères prescheurs... Despenses et mises... à « favocat de l’ëglise... au procureur de l’ëglise... ({ Vin présente au bailly de Troyes... Vin pre'sente' a aux noces de la nièce messire Jehan des Ghar- « mes... J)
Sequitur valor equwalentis de henefLciis non taxatis in cwitate eL diocesï nwernensî^ solvi ordinatis pro persecucione unionis sancte inatris ecclesie per concilhim ecclesie gallicane , Parisiis celebratum die xvii mensis marcii^ anno domini ccc^ nonagesimo nono y manuscrit original sur vélin. Un volume petit in-folio , cartonné . i5 fr.
Il y a, sur ce manuscrit, deux observations à faire pour l’iîistoire de l’église gallicane et pour celle de l’église du Nivernais. Les doubles élections des papes excitaient^, comme dans toute l’Europe, de grands troubles dans toute la France et y occasionnaient d’onéreuses levées de deniers. Le rôle de celles qui furent faites dans le diocèse de Nevers offre à la fin du XIV® siècle l’état complet du clergé inférieur, sur lequel nous avons si peu de documents.
Compte original du célerierde F église de TroyeSj înanusci'it de l’annëe i4o8, écrit sur vélin. Un vol. in-fol.5 maroquin vert, dentelles . 60 fr.
Quel manuscrit peut être plus pre'cieux pour les habitants et le clergé de Trojes ? Le premier chapitre, recette en argent, vous fait promener dans les anciennes rues de bois, ou de maisons en bois de cette ville. Ensuite vous sortez dans la belle et plainière campagne qui s’étend autour de ses remparts ; vous en voyez les différentes cultures. Le second chapitre , recette des pensions que doivent les pa« roisses^ vous offre les processions de l’église de Troyes parcourant les campagnes^ vous mentionne les dons faits, les rétributions payées par les pauvres curés aux riches chanoines de la ville. Dans le chapitre suivant, les nouveaux chanoines paient leur bienvenue aux anciens. Dans le chapitre de l’extravagant et les chapitres suivants, ventes des denrées de toute sorte à diverses mesures^ a divers prix. Au chapitre Dépense ordinaire, vous vous trouvez dans les foyers de cette nombreuse famille capitulaire : « Pour <( le quotidien des enfants appelé l’ieau benoiste, pour » chacun samedi v sols... Pour les enfants de Saint- « Loup qui dient respons à la messe... Pour les « marguilliers des cloches... Pour les stations..: Pour U les festes... Denrées... argent... distributions ma- ({ nuelles... Aultres despenses : façons des vignes.»
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Là il VOUS semble ôlre invite aux vendanges. « Pour
« pitances . Pour journées de vendangeurs .
« Paye au closier (au vigneron)... Courtoisie à la « femme du closier qui appareilla lesdites ven- « danges, lit le rae'nage... Pour fouler... Pour en- « tonner le vin... Pour graisser^ pour oindre le « pressoir... Au closier pour depaisseler (ôter les « ëchalas)... » Remarquez encore ce mot qui du midi^ où la vigne est bien plus ancienne que dans le nord^ est venu dans la Champagne avec l’art delà cultiver ^ et remarquez aussi ailleurs comme les mots sont passés de la langue de la marine méridionale, de la marine de la Me'diterranëe, à la marine septentrionale, par conse'quent moins ancienne : « Pour assermenter « les dites vignes... Journées d’hommes... Dîmes... « Culture... Binages des vignes... » Riches et longs détails, partie de manuscrit à mettre sur la table d’une société d’agriculteurs assemblés ou d’un de nos comices agricoles. Ces détails tiennent dix feuillets in-fol. Je ne sais pourquoi je ne les arrache pas pour les porter à la collection de l’agriculture. Chapitre Dépenses judiciaires. ChapitreDépenses communes frais faits par le célerier, louage, nourriture des chevaux^ voyages des closiers à Troyes. Je note les mots suivants pour l’histoire de l’agriculture : « A Simon Foute chery, closier général de l’église poursa robe xl « sols... )) Il y avait donc un vigneron général^ un
ET DES ECCLÉSIASTIQUES. iqS
vigneron supérieur qui inspeclaillcs nombreux vignei ons des difTereats domaines de vignes menlioniie's dans ce compte. Je note aussi que les vignes, natureliementles propriete's les mieux closes, s’appelaientclos^ et les vignerons closiers. Quand lirai-je une histoire de notre agriculture, faite sur les anciens manuscrits? Quand? Le reste de ce chapitre, qui est tout rempli de differentes dépenses dhin grand ménagé capitulaire est à tous égards fort inslructif. Les chapitres de la recette et de la de'pense du ble ouvrent aux lecteurs les vastes greniers, les vastes boulangeries de l’ëglise; ils terminent ce beau manuscrit. On y voit chaque fils de la maison aller, non suivant son plus ou moins grand appétit., mais suivant sa plus ou moins grande dignité, prendre une plus ou moins grande becquée; on voudra bien me passer ce mot qui fait si vivement image.
Liber dwiiie doctrine^ date per personam dei patris, loquentis întellectui gloriose etsanctevirgînis Katherine de Senis^ manuscrit du xv® siècle sur papier. Un vol. in-8®, avec une couverture en bois, tendue de vélin gaufré, orné d’une couronne et ayant d’un côté un /Fi et de l’autre côté
un P. . . fr,
La théologie d'une belle vierge , de sainte-Catherine de Sienne, a quehpie chose de plus attrayant que
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la théologie des saints docteurs ; toutefois ^ je me bornerai, pour ce moment, à faire remarquer l’an* cien papier sur lequel ce manuscrit est écrit ; c’est l’ancien papier italien^ bien supérieur a notre ancien papier de ce temps.
Comptes des recettes et mises des rentes assignées à Vqfjice des anniversaires de l’église de Troyes^ année i4io, manuscrit original sur vëlin. Un vol. iii-foL max., bas., rac. rouge, fil. 8o fr.
Ce compte finit par les de'penses obituaires ; c’est bien. H y a dans la partie des anniversaires forains des documents agricoles sur le travail des champs , des vignes , des jardins, sur l’ëtendue de Fhorticalture des environs de Trojes; c’est bien encore. Il y a aussi dans le chapitre des moulins des documents sur les moulins à ble'^ h huile, à draps 5 c’est bien. Mais dans ce chapitre il y a^ et c’est à noter, des documents surlesmoulinsatoile, à peille^ c’est-à-dire sur les anciennes papeteries de Troyes, je dirais les plus anciennes delaFrance, si le mot peille ne me faisait croire que celles du midi les ont prëcëdëes. On ne saurait recueillir avec trop de respect l’iiistoire de la papeterie, mère de rimprimerie, qui a change' les destins du monde. Dans ce manuscrit on trouve : « Bartholomin Parisien a pris le molin à papier,
appelé le molin aux toiles, a premier nom des
papeteries : plus loin : « le moliii à blë... qui jadis « fut aux toiles. » plus loin : « A Jëhaiine la Bu» « ronne pour les pastures devant les molins qui « furent aux toiles. » Ce qui annonce peut-être la décadence de ces papeteries^ du moins quant au nombre; plus loin : « De Laurent espicier pour les « molins àla peiile... » plus loin: « De Gilles et... « lesquels prirent une des roues du molin à papier «de la moline... » plus loin: « ... Et le dit... « fera curaige en la rivière de Seine... payera le « rouage accoiistumë pour les vannes transives... )> plus loin : « Dudit Laurent pour la maison du « tendour... de l’ëtendage... )> plus loin : « De « Jacquinot Leduc., sont tenus de maintenir la « maison dudit molin comme elle se comporte de <f pelles ^ torches , aussi à icelui molin maintenir de « fusiaux, manivelle... bracons 5 chevilles, potor ,
« entre-paulx et chanlaten... » plus loin : « De
« Gilles le peuvrier (l’ëpicier) pour les molins a « papier... appelés les molins le Roy... » J’ai parlé au xye siècle de cette dernière papeterie. Voyez l’histoire de l’Artisan.
S’ensuit les mises faites par le trésorier de l’église Saint- Vaast d’ Arras y année 1437, ma», nuscrit original. Un vol. in-foL, cartonné. 3o fr.
De même que l’église doit occuper un grand es-
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pace dans l’histoire des siècles, de meme les monastères doivent en occuper aussi un grand dans l’histoire de l’église. Celui de Saint-Vaast d’Arras était un des pins célèbres par son ancienneté, par son opulence. 11 n’j a qu’à lire ses vieux comptes. C’est immense que la seule dépense des parements ou de la parure du temple , en étoffes de soie , en orfèvrerie. Combien magnifique était alors le culte ! Les pavés du chœur et de la nef se couvraient, suivant les saisons , de nattes ou de verdure, en même temps que d’innombrables lampes illuminaient les voûtes, a item pour deux douzaines de lampes de « voirre... » Quelques articles après : u Item pour « deux douzaines de lampes de voirre.. » Ce compte est, comme les calendriers , divisé en douze mois^ dont l’un est entièrement occupé par la dépense du cierge pascal ou arbre à cire. Pour le faire il fallait un demi-quintal de cire de toute espèce; il fallait vingt livres de poix ; et quoi encore? du vertde-gris , de l’huile de lin ; et quoi encore? plusieurs pots de terre et grande cjuantité du fil crAnyers ; il fallait des charpentiers pour le dresser, des peintres pour peindre les toiles, les décorations , les armoiries du saint, de l’abbé et des seigneurs ; il fallait des doreurs pour écrire les lettres et les nombres d’or.
Cet arbre , haut de plusieurs coudées , terminé par plusieurs branches, excitait par l’éclat de ses couleurs,
de ses dorures , de ses formes et de ses ornements barbares, la dévotion et la joie des peuples , la dévotion et l’admiration des grands^ la dévotion et l’orgueil des savants Bénédictins qui délibéraient longuement sur sa structure, ou, pour parler comme le compte, sur Vistoire de l’arbre du mous fier. On sera bien aise de lire aussi avec moi dans ce compte : Item pour le taux du roi des defaillans. C’était celui qui tenait la feuille de pointe. Il y avait encore le royalrae de valets du grenier. J’ai noté ces expressions : rien n’est petit dans les études de la langue liée à l’histoire des anciens usages. Mais si j’ai bonne oreille^ j’entends ici le lecteur : « Pourquoi donc ne proposez-vous pas le rétablissement des rois des défaillants, qui seraient utiles en tant de lieux, à commencer par les plus liants^ par les deux chambres? Vraiment oui , de bons et sévères rois des défaillants donneraient un salutaire mouvement à la chose publique , à la respublique , comme on disait dans le savant et latin xvi® siècle.
Sermones de tempore^ manuscrit de l’année 1 43o, circa, sur vélin. Un vol. in-S®, veau gris, gaufrures^ filets . . . 20 fr.
Incipit tractatus de institutione confessorum rc\>crendlssimi palris et domini^doinini^ Anioniui^
iqS DJE L’ÉGLiSE
archiepiscopi florentini ^ ordinis predicatorum ^ manuscrit sur vëlin de l’anne'e 14^)8, in-8®, maroquin bleUj gaufrures, dentelles . . 20 fr.
Les anciens sermons sont quelquefois des tableaux de la société j je l’ai dit au xye siècle , et j’en ai cité un bien grand nombre dans mes notes. J’j ai dit aussi que les manuels de pénitence renfermaient de bons fragments pour l’histoire de tous les états. Qu’on lise dans ce traité de l’institution des confesseurs , manuscrit dont la copie a été faite par Pierre- Ghristofle, qui l’a terminée hora vu® diei ^ M, cccc L viii les chapitres circa harones^ circa judices y circa ads^ocatos y circa medicos y circa scholares , et autres chapitres.
Enqueste sur la vie et les miracles dæ la dame Marie de Maillé ^ pour sa canonisation , faite à la demande de Jacques de Boiirhon , comte de ta Marche , et du gardien des Cordeliers de Tours y manuscrit original du xv^ siècle, sur vélin.
Un vol. in-fol., cartonné . 35 fr.
Dans ce manuscrit d’un genre si rare on apprend comment on canonisait les chrétiens les plus vertueux ; comment d’une grande dame on faisait une grande sainte. Cette enquête offre d’ailleurs au lecteur attentif plusieurs faits à noter pour i’histoire.
Cartulaire original âu Chapitre de Sens^ année 1462. Un Yol. in-foL, maroquin rouge, dentelles. . . . . 600 fr.
Voici encore un autre vrai cartulaire , suivant ia de'finition de l’Academie et suivant celle de Furetière qui est bien meilleure. Il a tous ses feuillets, et , depuis le premier jusqu’au dernier , il est rempli des plus riches documents. Je sais maintenant d'oii vient le proverbe , disputer la chape de l’évêque , car ce cartulaire renferme plusieurs chartes où l’archevêque de Sens et ses nombreux siifFragants , parmi lesquels était alors l’évêque de Paris , reconnaissent , mais non sans contestation, qu^à leur première entrée dans l’église métropolitaine ils devaient donner au Chapitre la chape dont ils étaient revêtus. J^apprends dans ce cartulaire encore bien d’autres choses 5 j’j apprends l’histoire des Chapitres de cette partie du clergé, qui avait la fougue delà démocratie et l’orgueil de l’aristocratie. Ce cartulaire est une espèce d’arsenal de bulles du pape , de lettres des rois de France de privilèges, d’immunités d’accords, de concessions, de toute sorte d^actes , de toute sorte d’armes, avec lesquelles le grand corps du Chapitre de Sens, composé d’élémens si divers, d’élémens ecclésiastiques, canonici^ prehendati^ d’élémens laïques , donati^ matjicularii^ d’élémens féminins, sorrores capituU^ se défendait contrôles
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archevêques, avec lesquelles souvent ii les attaquail. Ce cartulaire est aussi , à d’autres égards ^ une espèce de ne'crologe de passions , de dissenlious cléricales, qui varièrent, animèrent la vie de ces bons chanoines de Sens , comme elles varient , animent encore ce véridique manuscrit qui en est le dépositaire. •
Pièces d^un procès entre la haute et la basse forme du Chapitre de Nevers, Saltations pour la basse forme , cahier en parchemin format in-4®* — Arrêt des reqiiestes du palais enfateur de la basse forme, année i49M rouleau en parchemin de douze pieds de long sur deux de large. — Autre arrêt des Requestes en faveur de la basse forme , année i4947 rouleau en parchemin de quatre pieds de long sur un et demi de large. — fransaétion entre la haute et la basse f orme ^ année 1497? rouleau en parchemin de deux* pieds de long sur un et demi de large. Manuscrits originaux contenus dans une boîte . . 70 fr.
Dans le cartulaire du Chapitre de Sens l’archevêque est accusé devant le pape d’être l’oppresseur du haut chœur. Ici nousvoy ons le haut chœur ou la haute forme de l’église de Nevers , accusé d’opprimer le bas chœur ou la basse forme. Le haut chœur s’appelait la haute forme, parce qu’il était assis sur les
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liï DES KCCLÉSiASTiQUES.
liautes stalles ou hautes formes ; le bas chœur s’appelait par la même raison la basse forme. Des biens ecclésiastiques dotaient la haute , la basse forme. La haute forme se prétendait administratrice noii-seu» lement de ses biens ^ mais encore de ceux de ia basse forme. Peut-être la haute forme, en administrant les biens des deux formes agrandissait-elle une part aux dépens de l’autre; tant y a que la basse s’en plaignait, comme on le voit dans ses salvations ; tant y a aussi que les Requêtes du palais reconnurent la justice de ses plaintes èn lui adjugeant les revenus et les distributions qu’elle réclamait. Enhin quand la haute forme eut perdu au parlement deux batailles contre la basse, elle s’adoucit et Unit pareil elle aurait dû commencer^ par une transaction ou traité de paix. On sent bien qu’il n’est pas possible, dans une rapide analyse, de rapporter tous les nombreux faits curieux relatifs aux prétentions respectives des dilTérents clercs de l’ancienne cathédrale de Nevers.
Partitiones terrarum dominiorum et omnium res>enutarum Capitula Senonensi et canonicîs pre~ hendatis partihilihus ejusdem ecclesiæ spectantes , facteetaccoràatey anrio Domini i^ i o, in Capitula generali. ün vol. in-4°^ basane , racine violette, dentelles. . . . 5o b .
DE L’ÉGLISE
Je ne crois pas avoir lu <3e latin plus pial, comme disent les ëcoliers ; je dirai moi de latin plus approchant du français que celui de ce recueil du docte et vénérable Chapitre de Sens. On y trouve des constitutions et des ordonnances relatives à ses officiers ecclésiastiques ou civils pour les perceptions des fruits et des revenus ; on y trouve aussi d’autres réglements relatifs à l’ordre dans lequel les bénéficiers doivent recevoir leurs rétributions. Ou y trouve les états des differentes classes des chanoines qui reçoivent les gros fruits, des chanoines de l’autel, des chanoines du trésor, des chanoines de Saint* Jean; l’état des terres et des domaines avec leur valeur ; l’état des cens, des lods et ventes ; l’état des bourgeoisies, des mairies ; l’état des dîmes, l’état des menues dîmes, pîsorum^ alliodes laines, des porcs, des oies, des veaux, enfin l’évaluation des divers revenus par parties séparées, Tévaluation territoriale, ferme par ferme. C’est un monument d’agriculture peut-être unique pour cette partie de la France.
In nomine Domini^ amen. Noverîntunwersi et singuli présentes^ pariter atque futari hoc presens puhlicum insirumentum processus vîsurj ^ lecturi atque audlturi.^ anno 1 5i 7. Un vol. in-foi. , parchemin, cartonné . 8 fr.
Ainsi commence ce manuscrit qui est l’original du
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jugement d’un procès concernant ia double élection de l’abbè de Bonlieu. Il y a là beaucoup de formes judiciaires monastiques fort utiles pourPhistoire de îa procedure latine ecclesiastique ; et il nous en reste bien moins de monuments que de celles des officia» lites ou cours d’e'glise.
Vestiaires , hottes j chevaucJiies et pendons des religieux y abbé et coiwent de l’abbaye de Saint-Vaast^ année ibao, manuscrit original sur vélin. Un vol. in-foL, basane violette, filets. 90 fr.
Vous avez vu, au musée de peinture, des inté» rieurs de couvents. Eh bien ! chaque feuillet de ce manuscrit est un tableau de ces intérieurs , et un tableau vrai. Premiers feuillets ou premiers tableaux. Salle de vestiaire où l’on voit appendus à côté de l’atelier du tailleur , d’abord les beaux vêtements de monseigneur l’abbé^ des seigneurs grand prieur, second^ tiers, quart prieur, les vêtements des dignitaires , des prêtres; ensuite les vêtements avec fourrure non de martre sous beau drap de Bruges , mais d’agneau sous serge brimette ; car ce sont les vêtements des enfants en escole : ils ont aussi des muffles, des gants; et comme l’abbé, et comme tout le couvent, ils ont des bottes. Autres feuillets, autres tableaux. Pension des gens du monastère, des avocats, des procureurs généraux^ des solliciteurs.
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Mais voyez donc les richesses des iiioiiies I Ils onl leurs procureurs , leurs gens d'affaires gages, pensionnés, à toutes les grandes cours de justice, à celles de Malines , de Saint-Orner, d’Amiens, de Senlis, à celle du parlement de Paris, cela va sans dire. Autres feuillets encore , autres tableaux encore. Pensions des médecins , des apothicaires ; infirmerie. Autres tableaux ^ grandes , moyennes , et petites cuisines, gouvernées par un sénéchal, car il y avait un sénéchal de cuisine, comme il y avait un sénéchal de cellier, un sénéchal de réfectoire. Et ensuite quelles fêtes! Quelle magnificence, quelle grande magnificence 1 On comptait cent et tant de moines à table, qui mangeaient peut-être pour deux ou trois cents convives^ s’il faut en juger par les approvisionnements. Je crois inutile d’ajouter que le couvent faisait toujours bonne chère; il paraît que la meilleure se faisait, ou dans la chambrerie de l’abbé , ou sous la voulte. Ces splendides couverts semblent encore servis et, si l’on peut parler ainsi , fumer sur les pages de ce compte : toutefois ces pages, et celles-ci particulièrement, ont leur endroit et leur envers. On frémit en lisant le détail des frais de la torture donnée dans un des tribunaux de justice de l’abbaye a la fille Peronne. Il est parlé d\m grand feu qui brûlait, de torches allumées. Il lallait que dans ces temps on louât des chemises et des
ET DES ECCLliSIASTIQDES.
vetementspourjes personnes torturées, car ie compte flût mention du louage de ces sortes de vêtements. Il fallait aussi qu’on coupât les cheveux à ceux qu’on torturait, car ie compte en fait aussi mention; il fait mention encore du vinaigre et de la moutarde employés pendant la torture. Il dit combien coûta le vin donné entre les diverses tortures pour rétablir les forces de l’accusée. Maintenant nous pouvons^, si nous voulons, nous représenter cette femme Peronne, au lieu d’une larronne ou d’une empoisonneuse, telle sans doute qu’elle était, une jeune fille persécutée par l’homme auquel elle n’avait pas voulu céder, une jeune victime de roman, une jeune héroïne d’opéra ou tout est si beau à la chandelle.
Mises ordinaires , faites et payées par Denys- Jehan Hour^uenel , trésorier de V église Saint- V aast d'Arras^ pour Van 1028, vélin. Un vol. in-foL, cartonné . aS fr.
Comme un siècle change lê monde , même dans les lieux qui par esprit d’institution changent le moins ! La forme du compte de la trésorerie n’est plus la même ; et les dépenses, si elles ne changent pas d’objet, sont bien modifiées, à commencer par l’arbre de cire qui ne tient plus une aussi grande place. Luther commençait a prêcher; Calvin était né.
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Statuts de la confrérie du Saint-Sacrement de Véglise monseigneur Saint-Martin de Longuy^ diocèse de Chartres, manuscrit original de l’anne'e i555^ sur \ëlin. Un vol. in-4^j cart. lo fr.
Dans les statuts^ quels qu’ils soient^ y ^ toujours quelque chose à apprendre ; dans ceux-ci, qui sont des statuts d’associations laïques sacerdotales, de ces fraternite's enrichies des dons des confrères^ devenues ensuite entièrement ecclesiastiques et que le clergé avait fini par imposer aux décimes, il y a des cérémonies remarquables, entre autres celle de l’élévation de riîostie entre deux flambeaux^ à la messe des morts, pendant laquelle une seule chandelle était allumée sur chaque autel de l’église.
Hymni totius anni manuscrit du xvi® siècle, sur vélin. Un vol. in-8o^ basane, racine verte, dentelles . 10 fr.
Ce curieux rituel d’hymnes est a conserver pour l’histoire de la liturgie. Les lettres initiales sont en couleur, et l’écriture est très belle.
Cest le Martyrologe de Véglise de Saint- Germain de Fexemnlle ^ nianuscrit du xYi^ siècle sur vélin. Un vol. in-foL, basane, racine violette, dentelles . 35 fr.
Qu’esUce que le mariyrologe d’une église ? Eh !
c’est un discours sur le martyre de son saint. Non certes ! Ou bien peut-être^ par extension, un discours sur la vie de son saint, soit docteur, soit confesseur : point! point! L’extension est bien plus grande, car ce martyrologe^ fait à peu près comme tous les autres martyrologes que j’ai vus^ parle d’abord des terres , des vignes , des près possédés par la fabrique de l’église, avec leurs limites et confrontations ; ensuite de ses rentes en blé, en argent, avec le nom des personnes sur qui elles sont assises ; enfin le calendrier en grosses lettres des principales fêtes de féglise, oii sont écrits dans les spacieux intervalles les noms des bienfaiteurs, les jours où l’on doit acquitter les devoirs des fondations, les messes, les offices, les libéra^ les aspersions des tombes, terminent le manuscrit.
Compte de la trésorerie de Vé^lise et ahbaje de Saint’Vaasty année i565, manuscrit original sur vélin. Un vol. in-foL^ basane, racine jaune dentelles . . 80 fr.
Je prie le lecteur de se reporter au dernier article de Sainl-Vaast. Le monde claustral changea encore bien davantage lorsque Luther eut prêché, lorsque Calvin prêchait, ne cessait de prêcher. L’arbre de cire se rapetissait, ne cessait de se rapetisser* mais il y avait des choses qui n’avaient pu changer et qui
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ne changèrent pas : telles étaient les noinbieuscs places, les nombreux emplois^ les nombreux employés, les nombreux serviteurs de toute sorte; telles étaient encore les fondations, les usages , surtout certaines fondations, certains usages, les distributions de pains , de vin , de fromages, de tartelettes, qui égaient plusieurs endroits de ce compte; on y retrouve tout et à la même place.
Mises et payes faites par le receveur de l'église Saint- J^aast d'Arras^ année 1570, manuscrit sur vélin. Un vol. in-fol., bas., rac. verte, fil. 60 fr.
Mômes observations que pour le compte de la trésorerie, année 1628. Cinquante ans duxvi® siècle avaient porté une grande différence au monastère* Son extérieur était bien toujours le meme; il avait bien toujours, pour ainsi dire^ la robe et le capuchon ; mais les traits de son visage insensiblement changeaient. Visage me paraît bon^ toutefois si Ton veut face^ absolument face ; soit, et la paix!
Liber ebdomadarii ad usuin ecclesiæ insignis abbatiœ sancti StephanicadomensiSj ordinis sancti Benedicti^ manuscrit original, année 1609^ écriture rouge, noire. Un vol. in-4^7 cartonné. . . 7 fr.
Ce rituel est à conserver pour l’histoire des usages de réglise.
ET DES ECCLÉSIASTIQUES. üoq
Kiisult les constîtuilons y statuts et ordoniiaiices de la confrairye des traize fraîres . , , estahlye en Ve'glise parroichialle de Saint- Germain de Brieux^ diocèse dèEvreux^ suivant et conformement aux indulgences de nostre saint père le pape Léoiiy le vue juillets v'" et xiv^ manuscrit original sur ve'I., de i’an ne'e i64-5. Un vol. in-fol.^ basane, racine verte , filets . 5o fr.
Ce manuscrit ne m’est venu qu’après avoir ete' olFert à plusieurs personnes qui avaient refuse de l’aclieter à quelque prix que ce fût. Véritablement il e'tait pourri, tombant en lambeaux, efface', illisible. M. Ysabeau , relieur, a entrepris avec succès d’en rejoindre les morceaux, et il a fait preuve d’une main habile et le'gère. M. Fre'dëric de Fontannois, jeune et laborieux pale'ographe^ n’a pas entrepris avec moins de succès d’en lire^ d’en deviner et d’en raviver l’écriture. L’un lui a rendu le corps;- l’autre i'ame ; ils l’ont ressuscite', et maintenant, pour continuer la me'taphore, j’ajoute qu’il parle, et voici ce qu’il dit : « Premièrement a este' statué, ordonné et « estably que ladicte confrairye sera régie et gou- « veniée par traize notables, honorables confraires, « servants en icelle, qui serviront et y demeureront « leur vie durant... et le premier d’eux dict et (( appelé antien fraire... Item est ordonné que cha- « cun, ou l’un desdicts antiens fraires avec le fraire
DE L’ÉGLISE
« qui sera nomme pour prendre le baston... rece- (( vront... administreront... rendront compte... » Description du bâton que portait le roi ou bâtonnier de la confrérie. Banquet donné par le roi aux confrères, payant chacun leur part de de'pense. Prières et services funèbres pour les trépassés... oiTrandes, luminaires. « Lesconfraires, en signe d’union etfra- (( ternité, porteront tous un petit chaperon, ainsi que (( plusieurs autres confrairyes portent... lesquels (( seront de pareils draps, semblables couleurs et fa- <( cons... )) Un frère devient-il malade, tous les frères sont tenus d’accompagner le viatique en chaperon, une torche à la main : meurt -il, tous les frères sont tenus d’assister aux funérailles, en chaperon, une torche à la main. Le frère mort est remplacé par élection. Le frère élu reçoit l’investiture par le chaperon, et aussitôt tous les confrères l’embrassent à la ronde.
Compte de la value et retenue du buffet de V abhaje Saint- V aast d^ Arras ^ année ma¬
nuscrit original sur vélin. Un vol. in-foi. max., basane, racine jaune, filets . 6o fr.
J’avais attentivement examiné tous les précédents comptes de l’abbaye Saint-Vaast. Enfin j’en trouvai un tel à peu près que je désirais de le trouver, un qui comprît l’entier système d’admiDîStralion de celte
Eï DES ECCLÉSIASTIQUES.
grande maison • c’ëtait celui-ci. En effet parcoiironsle rapidement. On voit d’abord que l’abbaje a le haut domaine seigneurial^ sur une partie de la ville d’Arras, qu’à ce titre elle perçoit le tonlieu sur plusieurs sortes de cienrëesetde marcliaiidises 5 on voit ensuite qu’elle a aussi de grands revenus en rentes et en dîmes. Aux recettes succèdent les dépenses. Dépenses pour l’habillement, la chaussure^ pour les pensions des officiers, pour les gages des serviteurs. Bientôt le compte Vous emmène dans la grande ferme de l’abbaye 5
vous assistez aux travaux des champs et des prés.
On paie devant vous les salaires. Un autre chapitre vous emmène dans les cuisines des religieux et dans celle de Eabbé'oii l’on prépare les poissons^ les viandes. Ce compte parle des solennels repas , des fêtes, et notamment de celle du fondateur, le roi Thierry qu’il appelle Théodoric. Point de fête sans chantres et point de chantres sans vin. Toutefois je suis forcé d^en convenir, le compte ne parie que des chantres de la Passion. Je le répète : tout le monastère est dans ce compte. Un peu plus loin s^offre finfirmerie avec ses offices et leurs provisions, tout le dispensaire et ses tablettes. Enfin, en avançant, je lis que les bénédictins plaidaient. Je n’en suis pas surpris, qui terre a, guerre a, et les bénédictins avaient beaucoup de terres. Le chapitre des procès n’est pas le plus court. Le roi de France et le roi dTvspagne
DE L’ÉGLISE
plaidaient aussi; mais ils n’avaient pas seulement un avocat, ils en avaient chacun cinquante mille, qui faisaient à qui mieux mieux valoir la logique des mousquets et des canons. Le compte du buffet de Pabbaje Saint-Vaast finit par la dépense des sauvegardes français ou suisses, mis aux bois et aux blés pour les défendre contre les avocats du roi d’Espagne et même quelquefois contre les avocats du roi de France.
Règle des Cannes , manuscrit du xyii^ siècle. Un vol. in-i6, maroquin noir, filets , avec fermoirs . . . 6 fr.
Certes les règles des Carmes sont fort communes; les coutumes du noviciat dePastrame, recueillies dans le même volume^ le sont moins: mais ce qui fait le vrai prix de ce manuscrit, c’est le grand nombre de jolies gravures dont plusieurs sont avant la lettre.
La T^ie de notice vénérable sœur et mère Anne- Thèrese de Prechonnet ^ religieuse et fondatrice du monastère de la Visitation de Montf errant^ en Auvergne^ manuscrit du commencement du XVII® siecle. Un vol. in-4®, parchemin. . . 8 fr.
■ On ne peut lire sans attendrissement la vie de celte pieuse Anne-Thérèse. Ses parents la donnent à la
ET DES ECCLÉSIASTIQUES. 2i3
reine Marguerite, première e'pouse de Henri IV; elle rencontre un jeune prince qui croit voir en elle une fiile d’honneur comme les autres, et qui en reçoit un soufflet tel qu’il n’eut plus qu’à se retirer , elle avait aloi s quatorze ans; elle aimait excessivement la parure; elle se parait pour avoir un epoux. Enfin elle en a un, mais jaloux, mais terrible, et en outre maître d’un fort château qu’il habitait. Cependant avec le tempsle mari change, devient un pieux et débonnaire mari. A sa mort aucun obstacle ne s’oppose plus à la vocation d’x4nne-TheVèse dePrechonnet ; elle se fait religieuse, et bientôt elle est fondatrice d’un monastère. Plusieurs faits de cette vie sont à recueillir pour l’histoire.
Carte manuscrite figurant les sous-dwisions des cinq assistances de la société des jésuites , adhe'rente à son portefeuille . 9
Cette carte paraît être du milieu du xvîi« siècle ; c’est un original qui -a e'tê ou qui devait être grave', comme on le voit par les mots e'crits en encre rouge, bord du cuwre. Elle est pre'cieuse en ce qu’elle rectifie la statistique du nombre des maisons des je'suites , soit en France, soit en Europe, soit dans les autres parties du monde. On lit dans des notes au cray on, e'critcs au dos, que celui qui la posse'dail voulait bien la vendre, ou en termes de librairie qu’il emploie, bien la placer.
DK D'ÉGLISE
Pensées clirétienjies , manuscrit du xvii® siècle.
Un ^^ol. in-4% maroquin rouge^ filets, tr. d. 12 fr.
Qui a fait cet ouvrage? Certes je ne sais : mais ce n’a pu être qu’un homme d’un excellent esprit, car je ne connais pas d’ecclesiastique français qui eût pu le désavouer, soit pour le naturel du style, soit pour la liaison des raisonnements. A qui primitivement a appartenu cet ouvrage, dont l’e'criture est superbe et le papier du plus beau de Hollande ? Je ne sais pas non plus; peut-être a Mademoiselle de la Vallière , a Madame de Montespan, à Madame de Maintenon. Mais je puis assurer qu’en l’an xi de la république il avait passé entre les mains de Jacques Toulon , logeur, car il a écrit sur les contre-gardes ce que lui devait, pour diverses fournitures, Jean- Claude Flamorant, carabinier.
Etat des revenus du temporel du prieuré de Saint- Ydn - sous - Boissj^ archevêché de Paris , manuscrit original du xvii® siècle. Un vol. in-4®;? parchemin . 8 fr.
Je désire que l’on conserve avec soin de pareils manuscrits, non pour l’histoire de l’église, il n’y a guère que ces lignes qui la concernent : <i Le prieur (( a le droit d’exercertoutes les fonctions curiales#.. » mais pour l’histoire territoriale et agricole de ce canton.
ET DES ECCLJÉSIASÏIQEES,
Petit registre de naissances , mariages et décès delafamille Le Mire^ maïuiscrit du xvii® siècle. Un voL cartonne.
Ce petit manuscrit est probablement un extrait des registres paroissiaux de Pe'glise de Cambrai, ou bien il les suppléait, si l’edi t de Charles IX sur les registres des naissances - mariages et décès que devaient tenir les cures n’ëtait pas encore observe dans celte ville 5 quoi qu’il en soit, j’y trouve que, vers la fin du xvi® siècle, la famille Le Mire exerçait
l’ëtat d’orfèvre, qu’elle avait donne des ëchevins à la ville de Cambrai ; j’y trouve aussi des arrête's de comptes entre parents. Si la famille Le Mire existe encore 5 si quelque bon Cambraisien lit ce traite', je le prie de lui donner avis que ce monument de famille est entre mes mains^ et que je lui en ferais volontiers pre'sent. Ainsi je ne mettrai pas ce manuscrit en vente; je n’en parle que pour avoir occasion d’mviter ceux qui recueillent de vieux titres , lorsqu’ils en trouveront d’un plus ou moins grand inte'rêt pour les familles, à les en informer. Je me suis assez souvent donne' ce plaisir; je le dis parce que cela est vrai, et parce qu’il faut surtout prêcher d’exemple.
Constitutions de V église chrétienne manuscrit du XVII® siècle. Deux vol. grand in-fol. cartonne. . . 5o fr.
DE L’ÉGLISE
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Ce titre est de moi : l’ouvrage n’en a pas * on peut considérer les deux grands volumes qui le composent comme deux grands tombereaux d’excellents matériaux historiques , déposés au pied d’un édifice à
eiever: et pour l’elever il n’y avait presque rien à faire; il n’y avait qu’à faire du second-volume, ([ui comprend l’histoire des principales églises d’Orient et d’Occidentet de leurs dotations, le premier, en retranchant toutefois l’extrinsèque et inutile chapitre sur le fameux serment du roi Jacques ; ensuite faire le second volume du premier oii il est traite' de la constitution et de la hie'rarchie des représentations cléricales. Qui que vous soyez^ qui avez tant parlé de l’église, tant crié contre l’église, osez dire que les représentations nationales, ce grand présent de la raison, qui sépare si heureusement les âges nouveaux des anciens âges, n’a pas commencé dans l’église. Osez le dire, et je vous répondrai que vous ne connaissez pas cette partie de l’histoire que je trouve ici entière, complète et d’ailleurs écrite sur bonnes autorités; ou si vous la connaissez, convenez que vous n’avez pas su entirer cette conséquence. En effet, dans la constitution de l’église, il y a des assem¬
blées ou conciles diocésains qui députent aux conciles provinciaux, des conciles provinciaux qui députent aux conciles nationaux, des conciles nationaux cjui députent aux conciles universels ou œcuméniques. Si
ET DES ECCLÉSÎÂSTIQÜES.
tels n’ont pas toujours ëtë les rapports des assemtlëes ou conciles entre eux, tel a toujours ëtë du moins l’esprit de l’ëglise. Et dans l’ancienne reprësentation nationale de notre France , je vois de même desëtats provinciaux de petites provinces qui dëputent aux ëtats provinciaux de la grande "province dont la petite province faisait partie, des ëtats provinciaux des grandes provinces qui dëputent aux ëtats gënëraux de la nation. Et s’il n’y a pas dans le monde politique europëen, de même que dans le monde ecclésiastique , des ëtats gënëraux , universels, œcuméniques, les choses n’en vont pas mieux, et elles iront mieux lorsque la raison aura formé ces grands étals, ces grands conciles, ces grandes assemblées des nations, d’abord pour l’Europe, ensuitepour l’x4mërique, et ensuite pour l’Asie, pour l’Afrique, si jamais cela est possible. Autres conformités à remarquer : de même que durant les sessions des ëtats généraux le roi n’a jamais ëtë que le plus haut dignitaire de la monarchie, demême, durantlessessionsdes conciles œcuméniques, le pape n’a jamais ëtë que le plus haut dignitaire de l’église. Auteurs brillants, fêtés par les libraires, traduits dans toutes les langues^ célébrés par tous les peuples, vous me voyez pauvre, délaissé par la légèreté des générations au milieu desquelles je vis; vous avancez la main hors de votre auréole pour vous emparer de tout ce que j'ai dit ailleurs sur la
DE L ÉGLISE
constitulioa élémentaire des états provinciaux, généraux delà France, sur tout ce que je dis ici sur les conciles provinciaux, généraux de l’église, sur le rapprochement de la représentation ecclésiastique et de la représentation nationale, l’une née de Tautre. Certes si vous ne me citez pas, si alors on ne vous crie, au moins cette fois : au plagiaire! au larron ! au voleur 1 ce ne sera pas ma faute.
Idée de F esprit ^ de la conduite de feu M. V abbé Lafitte de Maria ^ réformateur de Fabbaje de Saint~Poly carpe , manuscrit autographe de l’année 1741» Un vol. in-4® . 8 fr.
Ce volume est relié par l’auteur , pieux solitaire qui a rempli de croix toutes ses pages , et qui rapporte d’une manière touchante les persécutions éprouvées par son monastère; voilà encore un assez curieux monument bibliographique.
Obituaire des religieux pénitens de Picpuslez-Paris^ manuscrit du xvii® siècle, sur vélin. Un vol. in-8®, veau noir, dentelles d’argent. . /\o fr.
Sur les feuilles du fin vélin de ce manuscrit sont écrits les noms des personnes des divers états, morts dans l’ordre ou sous le sac de pénitent Picpus. Les larges espaces qu’on y voit attendaient bien d’autres noms... S’il peut y avoir un joli petit registre funèbre
ET DES ECCLESiÂSïIQEES, 219
celui-là en est uo. Le frontispice, dont le haut est e'iëgamment drape, offre la repre'seiUation d’un pënitentPicpus, les mains jointes, couclië dans la bière. Ce petit volume par ses couleurs funèbres contraste d’une manière piquante avec les autres livres d’une bibliothèque.
Depuis que ceci a ëtë écrit les caveaux des Picpus ont reçu le cercueil de l’homme des deux mondes. Je conserverai , ma famille conservera à jamais les lettres oii il dit que l’Histoire des Français des dwers états est la seule histoire nationale.
Manuscrit original de la traduction de recelésiastCy par Saep^ sur lequel a été imprimée Pédition de i684, ainsi que cela est prous>é par le premier feuillet > Un vol, petit in-fob ^ parchemin. . i5 fr.
C’est un monuEnent bibliographique. Les grandes bibliothèques le savent.
Compte original de Vœiwre de Saint-Andrédes-Arcs ^ ancienne paroisse de Paris ^ rendiipar Boulard y avocat^ année lySo. Un vol. in-fol., basane , filets . . 6 fr.
Quelqu’un ne serait-il pas bien aise de savoir que dans une ancienne paroisse de Paris, la recette de la fabrique, il y a quatre-vingts ans, montait à en*
DE L’JiGLlSE
viron 3o,ooo francs. Et d’où venait cet argent? des quêtes, des chaises. Et où allait cet argent? beaucoup en re'parations, en toile^ en linge, en luminaire et un peu en musique.
Compte original de Vœavre de Saint-Jacques de la Boucherie , ancienne paroisse de Paris , rendu par T^acher, marchand^ année 1760. Un vol. in-fol., veau, lig. . . i5 fr.
Ce manuscrit, du même genre que le précédent, est bien autrement grand ; c’est un in-fol. maximus : autrement relié ; ce sont d’épaisses couvertures avec un grand Saint-Jacques et de grandes coquilies d’or, gravées avec les fers de l’œuvre : autrement riche; c’est un des volumes les plus remarquables par le luxe de ses marges et les ornements à la plume de ses beaux feuillets entremêlés d’estampes : autrement intéressant; c’était la paroisse de Nicolas Flamel , et l’église est entourée des maisons qu’il habita et qu’il donna à l’œuvre: autrement poli ; c’est toujours monsieur le clerc de la cure , monsieur le clerc de l’œuvre, jamais clerc tout court. J’ajoute enfin qu’il est autrement détaillé; vous v voyez, aux chapitres de recette, les seigneuries et les fermes de l’œuvre , les dons faits par les dames qui ont présenté les pains à l^énii', i’argenl donné [)ar les
merciers i|iii , la bourse à la main, ont dispute Ix qui porterait le dais, l’argent du tronc, les redevances , pour la cession annuelle des chapelles, des bancs; et, aux chapitres de de'pense, le paiement de l’apprentissage de jeunes artisans, les de'penses de peintures, broderies, bouquets, tapisseries, ouvrages d’orfèvrerie , les appointements des arrangeurs de bancs , des recureurs de l’aigle , des sonneurs, des grands, des petits officiers, des porte-bannières , du grand suisse qui a trois cents francs , du petit suisse qui n’en a que vingt, de leurs habits, de leurs bas, de leurs culottes, de leurs galons, de leurs chapeaux, de leurs plumes, de leurs baudriers, de leurs èpe'es et même de l’aiguisage de leurs ëpëes, de leur pain , de leur vin. Un des derniers chapitres est un des plus remarquables ; il y a cinq ou six difFërents taux des prix des sermons. Ces deux comptes sont^ par une singularitë du sort l\m et l’autre de la même annëe et l’un et l’autre d’ëglises aujourd’hui rasëes.
Inventaire des titres du chartrier de lahbaje de Saint - Sauveur •le - J^icomte ^ manuscrit du xviii® siècle. Un volume petit in-folio cartonné . 9 fr.
Ne dites pas : A quoi bon ce manuscrit ? Je vous répondrais que si les archives de l’ancienne abbaye
DE L’ÉGLISE
de Saiiil-Saüveurde- Vicürnlc, en Koniiandie , ont peri^ il'ii’existe sans doute pas d’autres titres pour faire l’histoire , surtout l’hisloire territoriale de cet arrondissement. Vous j avez d’abord les dénombrements des patronages , vous y avez* ensuite celui des deux baronnies de l’abbaye, celui des fiefs, parmilesquels se trouve un fief d’aînesse: autre preuve de ce qu’à cet égard j’ai dit àmonxvi® siècle, station du Sergent de T^alogne. Je passe les rentes, les tenures sans
rentes. Je m’arrête aux moulins deSaint-Sauveur. J’v
« lis : ... Item uneaiitreliasseen parchemin oùsont les <( droits et libertés dudit moulin... » Pesez bien ces mots : ne vous semble-t-il pas qu’il s’agit d'une grande commune comme Paris, Lyon? Voyez combien autrefois il y avait de petites existences politiques en dehors du droit commun. Cet inventaire fait encore mention de domaines fieffés, non fieffés, de nombreuses lettres de garde-gardienne, d’anciens, de très anciens comptes de recettes et dépenses , de registres , de très anciens registres de plaids de petites coors^ de verderies, ce qui les rend fort précieux. Il fait enfin mention de recueils de titres de donations et privilèges, de cartulaires dont le bon rédacteur ignorait, comme on le voit à sa manière d’en parler, et le nom et la valeur historique.
Bæcherches chronologiques sur les moines^
manuscrit du xviii® siècle. — Mémoires sur les questions qui agitent la congrégation de Saint- Maur ^ autre manuscrit du xviiie siècle, relie, avec le prëëdent , en un petit in-folio , basane , porphyre rouge . 9 fr.
J’ai dit que dans les siècles passe's les moines occupaient un grand espace. J’ai dit que leur histoire n’ëtait pas à négliger; je dirai en outre qu’on est depuis long-temps généralement injuste envers eux, et que dans leur histoire, le moyen d’être neuf, c’èst d’être juste. L’auteur de cette précieuse compilation me parait l’être. Il rapporte tout ce qui, depuis les premiers siècles de l’eglise jusqu’à nos jours, peut le mieux faire connaître l’ëlat monastique. Ses documents sont originaux et chronologiquement disposes.
Le mémoire autographe ajouté à ces recherches est à peu près l’histoire de la célèbre congrégation de Saint-Maur, l’académie des inscriptions et belleslettres du grand corps ecclésiastique.
Mémoires ^ remarques ^ titres , pièces relatives à Vordrede Saint-Benoît^ manuscrit autographe du xviiî® siècle. Un vol. cartonné. . . 6 fr.
Ce manuscrit sent riiuile de la lampe des bénédictins : c’est, pour i’histoire monastique, une riche petite mine.
224 L’ÉGLISK
Explicdlion des O de CAvent^ luaiuisci it ùu xyni® siècle. Deux vol. iii-ia, veau, filets. . () IV.
Je voudrais que quelqu'un chercliât un ouvrage qui traitât moins de l’histoire liturgique des neuf prières del’avent^ commençant toutes par un O, que de' leur esprit religieux; il trouverait dans ce manuscrit ce qu’il cherche. Il aurait d’ailleurs un stjle clair, simple, coulant, et pour ainsi dire net comme l’e'criture qui est fort soignée et mélangée d’initiales rouges.
Hymnes nojnv elles ^ latin et français ^ pour la fête de Saint-Spire ^ par Guyot^ successivement bibliothécaire de Saint- Victor^ prieur de Saint- Spire de Corbeïl^ manuscrit autographe du xviiie siècle, in- 8», basane, filets . 6 fr.
Qui achètera ce manuscrit? MM. les bibliothécaires de Paris qui voudront sans doute posséder les poésies latines d’un de leurs confrères: qui encore? le clergé de Saint-Spire de Gorbeil qui voudra varier les chants sacrés en l’honneur de leur patron, ou le clergé de Bayeux qui compte Saint-Spire parmi les évêques de son église : qui encore? les savants qui voudront comparer aux poésies de Santeuil celles de l’un de ses successeurs.
Concorde des livres de la sagesse, manuscrit
(]u xviii® siècle. Un volunie deral-reliure,
lilets, tr. d . U fr.
Ce manuscrit^ dore sur tranche, dentelles sur le plat, est d’une demi-reliuie plus riche qu\ine reliure complète. Il a ète écrit vers le milieu du siècle
dernier par un très habile écrivain. Ce n’est pas seulement un fort joli c’e^t aussi un fort bon livre. Je veux parler sur le travail, sur la tempérance, sur la modération, sur la vertu, sur les devoirs de l’homme dans tous les divers états, oui dans tous les divers états^ je cours à la table, la table me renvoie au chapitre, au verset des saintes écritures. Je fais couler de ces sources sacrées toutes mes preuves et, si je suis éloquent, je me trouve en même temps savant. Gela n’est-il pas commode? Un jeune prêtre, un jeune prédicateur désirera sûrement d’avoir ce manuscrit indicateur; mais, comme il ne peut être encore bien riche, je n’ai pas, à cause de lui, élevé bien haut la mise à prix.
Le Sanctuaire de Vaine troublée^ traduit de V anglais de messire Jean Hajward^ chevalier et docteur es droits^ par Théodore Jaquemot Genevois^ manuscrit autographe du xviii® siècle. Un vol.
in-4®, demi-reliure. . . 4 f*’*
Ce manuscrit se trouve là, seulement parce que je l’ai.
DE L’ÉGMSI-
La semaine sainte ou la quinzaine de pâques. Un Vol. in-8°, maroq. rouge, dore' sur Ir., armes impe'riales fraîchement mises sur le plat. loo fr.
Ce volume a, pour ainsi dire, son histoire. Il a e'te d’abord, dit-on, entre d’augustes mains françaises, d’oLi il a passe' dans d’augustes mains e'trangères , d'oLi il est revenu dans d’augustes mains françaises, d’où il est sorti il n’y a pas très long-temps ; véritablemenl il est digne d’avoir appartenu à d’augustes maîtres, et de leur apparteniy encore, car il est un chef-d’œuvre de patience et d’adresse. Il n’est ni manuscrit, ni imprime'; il est fait avec des caractères à jour, passe's en noir^ en rouge, en bleu. Quand on considère le temps qu’il faut pour une seule page, on est surpris qu’il soit e'pais de plus de deux pouces.
Histoire de toutes les hérésies qui ont pris nais» sance dans chaque siècle^ et qui ont combattu V église jusqu'à Luther^ manuscrit du xviii® siècle. Un vol.in-fol., veau fauve, filets . 20 fr.
Cet ouvrage est un puits de science dont les eaux sont d’ailleurs fort claires , c’est-à-dire que les matières sont bien distribuées et qu’elles sont traitées d’une manière fort nette. On ne peut se plaindre que la vieille histoire bataille n’ait souvent fait taire le bruit des armes et la voix des combattants pour parler des hérésies religieuses ; mais n’aurait-elle pu
ET DES ECGLÉSiÂSTIQEES. 227
parler aussi des autres berësies ; je m’explique : n’y a-t-il des hërësies qu’en théologie ? n’y en a-t-il pas en politique, en le'gislation, en économie, en médecine, en littérature? n’y en a-t-il pas en histoire? oh ! c’est là qu’il y en a, et d’anciennes, et de bien enracinées ; par exemple, croire qu’Hérodote, Tite-Live, Tacite, Fergusson, Voltaire aient dans leurs livres d’histoire parlé des divers états ou des diverses parties de l’ordre social est une hérésie : croire que, parce qu’ils n’en ont point parlé, il n’en faut point parler, hérésie ! croire que l’histoire des diverses parties de l’ordre social ne peut, aussi bien que l’histoire bataille, être classique, hérésie! croire que parce que Hérodote^ Tite-Live, Tacite-, Fergusson, Voltaire n’ont point employé la forme du roman on ne doit point l’employer, hérésie! croire que la vive et instructive forme du roman ne peut être classique, hérésie! croire qu’il puisse y avoir d’histoire nationale dans laquelle tout homme ne trouvera point l’histoire deson état , de la partie de l’ordre social oii il est attaché, hérésie ! ne point reconnaître que la science a fait depuis peu un immense pas, ou ne point vouloir le reconnaître^ de crainte d’etre obligé de nommer celui qui le lui a fait faire, hérésie I hérésie ! ou bien, injustice! injustice! ingratitude! ingfratitude !