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tivement les parchemins avant de les livrer au relieur^ au batteur d’or, au fabricant ; les vieux papiers, avant d’en envelopper du sucre ou du beurre. Alors^ de toute part, on découvrira des monuments ; on annoncera qu’on en a découvert; on les sauvera. Un moment! je crois entendre, et véritablement on me dit : Cette série de manuscrits avec leur prix sera un catalogue sous forme de traité, un traité sous forme de catalogue? Oh! vous^ répondrai-je, cherchez vousmême une autre forme. Prenez toutefois garde que celle d’nn traité en préceptes ennuie par sa sécheresse , par son aridité. Pour moi j’en ai cherché bien long-temps une autre ; je n’en ai pas trouvé de meilleure, et celle-là est bien bonne.
Application de ce traité.
Il serait long, et sans doute inutile, de mentionner combien est grand le nombre de lieux et d’occasions oii l’on peut trouver des manuscrits ; combien plus grand encore est le nombre de personnes qui peuvent en trouver.
Je suppose que plusieurs milliers de ce traité circulent, depuis quelque temps, dans les mains du public, et que, sur les différents points de la France, il se soit formé un savant petit peuple de chercheurs. Quels manuscrits d’abord trouveront-ils? quel parti en tireront-ils? ou bien quels manuscrits allons-nous d’abord leur faire trouver? quel parti allons-nous d’abord leur en faire tirer ?
S’il s’agit d’anciens manuscrits, ce doit naturelle-
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ment être des manuscrits d’ëglise ; et naturellement ce doit être une des règles des moines, qui e'taient si multipliées. Voici donc que le jeune ou vieux chercheur retire de dessous un tas de parchemins un assez petit volume qu’il secoue, et en tête duquel il lit ou on lui lit : Régula dwiBazilii\ l’écriture en est du vin* siècle. Il n’a pas besoin de demander: Que vautelle? Qull aille, si de lui-même il n’est allé, aux premières pages du chapitre X, oii il trouvera qu’elle vaut, suivant son épaisseur^ cent cinquante, deux cents^ trois cents francs. Le chercheur n’est pas riche ; il a besoin de vendre ce manuscrit pour en acheter d’autres. - — Ou le portera-t-il? Aux bibliothèques! Je suis sûr que dans les provinces elles manquent des manuscrits de ces âges 5 et décemment il leur en faut, comme aux dames il faut des dentelles, bien qu’elles ne soient pas absolument nécessaires à leur vêtement. Mais les bibliothèques de province qui n’ont pas de manuscrits du viii^* siècle en achèterontelles? — Je suis sûr que les dames achèteront des dentelles et voilà tout. Cependant^ comptez que de manière ou d’autre, dans un temps ou dans un autre, les manuscrits du viii® siècle se vendent. Que feronsnous maintenant trouver aux chercheurs ? — Des comptes de céleriers, de chambriers, de receveurs d’évêchés, de revenus de la crosse, de revenus de chapitres, des revenus de la mense, de la sacristie, tous excellents manuscrits pour rancienne histoire de plusieurs partiel^ del’Qrdreso,cial?— Soit! et qu aussitôt ili
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aillent aux pages suivantes du même chapitre; ils connaîtront et la valeur pécuniaire et la valeur littéraire. Tout le monde le sait ; les cartulaires ne sont pas communs ; bientôt il n’j en aura guère qu’à la bibliothèque du roi et aux archives du royaume où on les accueille bien, où on ne les paie pas mal. Cependant faisons-en trouver un à un chercheur pauvre. Il verra, mêmechapi tre et chapitre dernier, ce que son cartulaire peutêtreet peut valoir. Faisons-luitrouver des martyrologes , des obituaires, et qu’il revienneau chapitre X. Il trouve des comptes de villes, de provinces; excellent ! excellent ! qu’il revienne au dernier chapitre. Ce ne sont que des fragments 1 Eh bien , ce sont des morceaux de coupes, de vases d’or, des morceaux fort bons. Sensuit le grand vofer^ a^ec la manhière de faire chemins rojaulx, viscontaux^ sentes^ sentiers^ V espèce^ le chois des matériaux pour les dicts chemins^ le tout àVusaige des maistrès des œuvres. Je fais hardiment ce titre, car je suis sûr qu’un manuscrit analogue existe ou a dû exister. Vous venez, mon jeune ami, de le retirer, couvert en bois ou en cuir noir, du fond d’un vieux coffre où il gisait dans un long et antique sommeil. Allez au chapitre V ; votre découverte est inappréciable. Présentez-vous à une grande bibliothèque; dites au bibliothécaire qu’il n’a rien de pareil ni d’analogue; je suis là, derrière vous, pour le lui soutenir. Vraiment nous manquons de documents pour l’hisloire de nos chemins, des premiers moyens de notre
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civilisation et de toute civilisation. Comme on saulte^ on balle^ on fait halles. Monsieur! vous avez trouve là un joli trésor historique. Nous pouvons faire Phistoire de POpëra ; nous ne pouvons avant Toinot Arbaut ^ avant la fin du xvi® siècle , faire l’histoire de nos danses , de nos ballets ; votre manuscrit a une grande valeur; consultez le chapitre III. — Mais il n’ja pas de manuscrits de danse. - — Donc ces manuscrits sont très rares ; donc ils ont une grande valeur. Inventaire des biens dfeu maistre Bourdichonjpainctre du rq/. Vous y trouvez ses tableaux , ses tableaux commences ; bon manuscrit ! voyez le même chapitre. Journées des tailleurs d’imaiges de l’hostel Saint-Pol ; bon, très bon manuscrit pour l’histoire de la sculpture! c’est de l’argent, de l’or que vous tenez dans votre main; voyez encore le même chapitre. J’aperçois devant moi un vieil homme, lunettes sur le nez, qui s’impatiente vis-à-vis de grandes brassées de parchemins : Il n’y a là, dit-il, que des comptes, des quittances de rente sur l’ancien hôtel-de-ville de Paris ; et il les jette, et il s’en va. Je l’arrête; je lui dis: Je passerais cela à un jeune homme. Monsieur! vous jetez les meilleurs éléments de l’histoire de notre dette publique. Si vous avez fait à mon Traité l’honneur de le lire, revenez au chapitre Xfl.
Presque à ce même instant, je me vois entouré de chercheurs, de trouveurs qui me crient derrière, devant^à droite^ à gauche : Monsieur! monsieur! voici un
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manuscrit relatif aux hôpitaux ! — Excellent! — Relatif aux prisons! — Excellent! — Relatif à l’agriculture! — Excellent! — Aux arts mécaniques ! — E xcellent ! — A Tart militaire ! à la noblesse ! aux écoles ! à l a marine ! au commerce! à la représentation nationalelaux mines! aux douanes! au gouvernement! aux corporations! aux confréries! Ce manuscrit est-il utile? vaut-il quelque chose ? combien vaut-il ? Je réponds à tous par ce peu de mots : Messieurs , lisez le Traité ciesinatériaux manuscrits de dwers genres d’histoire 5 vous ne trouverez pas de manuscrits, il n’existe pas de manuscrits que, par leurs pareils ou leurs analogues qui sont dans ce traité, vous ne puissiez apprécier, soit littérairement, soit pécuniairement.,
Consers^ation des manuscrits.
Tout le monde sait, ainsi ne crojez-pasque jedise ici qu’il importe de tenir dans un lieu sec les livres manuscrits, bien plus indispensablement que les livres imprimés ; qu’il importe aussi de bien les étiqueter sur le dos et sur les plats, en or, en argent ou de quelque autre manière indélébile, car grand nombre de gens ne connaissent guère les manuscrits que par les couvertures ; qu’il importe encore d’entrelarder les feuilles de parchemin ^vec des feuilles de papier sur lesquelles seront transcrits les passages les plus essentiels du manuscrit, comme je l’ai fait à tous mes manuscrits, comme le feront probablement les bibliothèques publiques 5 soit pour
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conserver les manuscrits, soit pour en rendre les documents accessibles Indistinctement atout le monde. Ne croyez pas non plus que je re'pète ce que dans plusieurs endroits de ce traite' je dis sur les assemblages de petites chartes en volumes, sur les volumes à dos peints, sur les reliures à plats faits avec un emporte-pièce ; mais je re'pe'terai, je re'pe'terai mille fois, et je ne re'pe'terai pas sans doute assez ce que je dis dans plusieurs pages de ce traite', et notamment à la dernière, que d’une totale et universelle révolution dans l’opinion qu’on a sur les matériaux de notre histoire, que de l’adoption de mes doctrines (i) sur les éléments qui doivent la composer, et qui sont les diverses parties de la société, les diverses parties de l’ordre social, les divers états, dépend la conservation des manuscrits de tous genres. Ah! que cesdoc-
(i) A la tête de ceux qui s’efforcent de les populariser s’est montré M. Jules Janin; son coup d’oeil vaste a dû les lui faire adopter , et son esprit vigoureux les lui faire proclamer ; quant à moi, s’il m’eût été donné de leur choisir un défenseur, un avocat, un patron, j’aurais choisi un écrivain dont les travaux habituels, les ouvrages fussent tels que dans son jugement il se trouvât désintéressé, un écrivain dont la brillante et intarissable plume s’offrît chaque jour aux plaisirs littéraires de la nation, dont la belle et forte jeunesse permît d’espérer qu’après avoir vu s’éteindre autour de lui plusieurs générations, il pût aller parler, sans contradicteurs, au xx* siècle, de la nouvelle , de la seule vraie histoire nationale. Bien sûrement mon successeur qui fera, daifs quatre-vingts ans d’ici, l’histoire des divers états au xixesiècle, ou l’histoire de France comprenant les diverses parties de l’ordre social, lui réservera, dans le chapitre de ceux qui les premiers ont pris parti pour la nouvelle science historique, un ^rge, un haut espace; et moi-même je puis déjà aujourd’hui ^rndroer toute ma recoupaissance dans le feuilleton de cette page.
La poste Yieut;i à l’instantj de m’apporter la feuiUed’up célèbre
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trines deviennent populaires, et tous les manuscrits sont conservés; qu’elles soient contestées, niées, rejetées, et tous, du moins presque tous les manuscrits continuent à périr, périssent. Et il est malheureusement à craindre qu’en attendant que ces doctrines soient adoptées, consacrées par le temps, et elles le seront, ce qui est aussi sûr que la marche progressive delà raison dans la société, ou le cours progressif du soleil dans son orbite, il est, dis-je, a craindre qu’en attendant, ces précieux matériaux soient perdus, anéantis. Entendez-moi, hommes instruits ! hommes riches, amis des sciences 1 et vous surtout princes, rois, chefs du gouvernement, ministres, vous tous, hauts ordonnateurs de la fortune publique, entendezmoi, ou par vos oreilles ou par celles des gens de lettres qui vous approchent. Eh ! pourquoi n’oseraisje pasm’adresser à vous, quandqe parle de vos intérêts tefrestresles plus durables ? Dans cent ans il ne restera de votre vie actuelle que la mémoire de votre nom, la mémoire de ce que vous aurez fait dans les diverses
journal où j e vois qu’un autre J ul es, M. J ules Poui lli, revendiquant pour la France et pour un historien français l’honneur d’avoir donné la première histoire nationale , honneur si sottement et si ridiculement attribué, aussi bien parmi nous que parmi les étrangers, au romancie^ Walter Scott, fait au midi ce queM. Jules Janiri fait au nord. Je crois savoir que le Jules du midi, dont l’érudition et les talents sont si connus, est fort ressemblant d’âge avec le Jules du nord. Je ne puis qu’être certain qu’ils le sont d’opinion, ainsi que de force de cœur et d’esprit pour la soutenir. Des hom^s pareils qui devancent, qui ont le courage de devancer leurs contemporains, sont toujours très rares, et c’est maintenant beaucoup que la France littéraire en ait au moins deux.
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parties de la société, pourvu que dans l’histoire du pays vous n’effaciez pas les divers chapitres de ces parties, les divers titres de ces chapitres.
Exposition des manuscrits.
Que ne voudrais-je pas pour la conservation des plus précieux mate'riaux de Thistoire, pour la conservation des matériaux manuscrits ! Je voudrais que tous les ans, au beau mois de mai, au dimanche le plus près de la fête de Saint-Jean-Porte-latine,^ on fît dans une salle de la mairie une exposition des manuscrits trouves pendant l’année. Ces manuscrits, dresse's, range's sur une ligne, seraient couronnes ou de chêne ou de laurier suivant qu’ils appartiendraient ou n’appartiendraient pas à l’histoire de la ville. Ils porteraient, au-dessous du nom du trouvaire ou troubadour, en donnajit à ce mot son premier sens naturel, le court sommaire de ce qu’ils contiendraient.
Eente publique des manuscrits.
Mais les trouvaires ou troubadours ne vivent pas seulement de gloire, de feuilles de chêne, de laurier; plusieurs d’entre eux auraient besoin de vendre les manuscrits découverts. Je voudrais donc encore qu’on fît pour eux une vente publique de leurs manuscrits^ et que cette vente fût annoncée et par des catalogues et par les journaux du département. Les enchères auraient lieu de même un jour de dimanche, qui deviendrait un jour de récompenses publiques;
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car, n’en doutez -pas, il s’j rendrait spontanément,
’ outre les libraires agents des ministres qui, n’en doutez pas non plus, feraient souvent acheter des manuscrits pour en favoriser les recherches, les hauts magistrats, les riches hommes de lettres, les riches hommes patriotes. Que d’argent compté je vois! que de manuscrits trouvés l’année suivante! Ne riez pas, lecteur grave 5 je suis aussi grave que vous. Réfléchissez plutôt, et convenez que ceux qui ont de l’argent et ceux qui n’en ont pas , l’emploient souvent ou le gagnent souvent plus mal.
Classification des manuscrits.
Les manuscrits sont trouvés ; ils sont vendus ou non vendus, il faut les (^lassifier. On me fait cent questions je suis encore entouré de cent personnes qui tiennent à la main des manuscrits qu’elles ont nouvellement découverts ou achetés , qui me demandent comment les classifier. Je leur réponds encore en peu de mots, et je les satisfais : Classifiez vos manuscrits comme j’ai classifié ceux de ce traité. Vous n’en avez guère trouvé ou acheté aucun qui n’y ait son analogue.
Ces jours derniers j’ai eu l’occasion de voir le possesseur d’une grande bibliothèque, qui va, m’at-il dit, la faire ainsi disposer.
J’ai dans le temps ainsi disposé celle de l’école militaire de Saint-Cyr, Tous les bibliothécaires devraient ainsi disposer les leurs 5 car ils verraient d’un
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coup d’œîl ce que, pour l’histoire des diverses parties de l’ordre social, ils ont, ce qu’ils n’ont pas, ce dont ils manquent. Et aussitôt que cette disposition, qui n’est pas arbitraire, comme celle que la routine suit, mais qui est immuablement fonde'e sur la constitution de la socie'té, sera suivie, la valeur de certains livres, de certains manuscrits, aujourd’hui de'daignës, doublera, triplera, décuplera, centuplera.
Je remarquerai encore qu’au-dessus des tablettes de livres ou de manuscrits, disposes de cette manière, il est bon d’ëcrire en grosses lettres sur des ëtiquettes collées à des planchettes rondes : Jgricultuve^ agriculteurs'^ Arts me'caniques^ artisans ^ BeauX‘Arts ^ artistes; Art militaire^ gens de guerre ; et de même des autres divisions. Alors la bibliothèque est comme changée en un petit temple de sciences ; chacune semble vous parler, se présenter, s’offrir à vous.
Personnes auxquelles cê traité serait
utile.
Le nombre en est Uien grand, puisqu’il est indistinctement à l’usage de tout le monde, puisque tout le monde y trouvera les moyens de conserver, d’accroître les matériaux de l’histoire de son état, et que, sous ce rapport, tout le monde en a besoin. Cependant il est des personnes qui en ont plus besoin que les autres 5 ce sont d’abord celles qui veulent
CONSIDÉRATIONS travailler a l’histoire de leur village ; ce sont ensuite ceux qui veulent travailler à l’histoire de leur ville qui, ainsi que celle des villages, doit être faite par association d’hommes de divers e'tats. Ce sont encore les personnes qui veulent travailler à l’histoire de leur me'tier, de leur profession. Ce sont surtout les gens de lettres. Ce sont avant tout les bibliothécaires, les archivistes, les greffiers-archivistes, les professeurs, les instituteurs, ces instituteurs nouveaux enfans, nés de la loi Guizot, remplis de persévérance, d’ardeur, sur les recherches desquels je compte le plus pour les découvertes des monuments écrits ; et ce sont, toutefois, ces diverses personnes qui, jusqu’ici, ont acheté le moins d^exemplaires de ce traité, non par dédain poqr la science, mais par défaut d’argent disponible. Eh bien! Je vais établir des dépôts, un dans chacune des principales villes de France, ou tous ceux qui se diront bibliothécaires, archivistes, greffiers-archivistes, professeurs, instituteurs, hommes de lettres ou cultivant les letttes 5 et, réflexion faite^ j’j ajoute étudiants, obtiendront une remise de neuf francs sur quinze. Sans doute j’y perdrai , mais la science y gagnera; les manuscrits seront conservés.
Traducteurs de ce traité.
Dans ma sollicitude pour la conservation des manuscrits, non-seulement en France, mais dans les autres parties de l’Europe, je me propose d’offrir un exemplaire de ce traité aux sociétés savantes^
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aux grandes bibliothèques de tous les pays. Si^ comme c’est vraisemblable , on juge cet ouvrage utile ; si, comme c’est possible, on le traduit, je conseille aux traducteurs de prendre de grandes libertés avec l’original; et, tout en ne touchant pas aux enseignemens, aux divisions, aux formes, de changer un plus ou moins grand nombre de manuscrits français en manuscrits de leur nation. Je leur conseille aussi de mettre au plus bas prix qu’ils pourront leur traité traduit, de se contenter du grand profit qu’en retireront les lettres.
Récompense des traducteurs.
Si d’ailleurs j’en j uge par moi, ils auront pl usieurs dédommagements; ils auront d’honorables souscriptions entr’aulres celles de l’intendant général de laliste civile; ils auront l’espoir de plus en plus fondé que d’autres personnages imiteront cet exemple. Sous la forme pol ie et délicate d’un achat ils recevront un riche don, de la munificence delà plus ancienne académie (i). Ils au-
(i) L’Académie française a fait acheter cent exemplaires du Traité des matériaux manuscrits de divers genres d^histoire^ non pas au prix de onze fraucs , comme ils étaient vendus lorsqu’on en prenait un certain nombre ; mais au prix de vingt francs. Elle a eu la bonté de me faire compter, sans autre délai, deux mille francs par son trésorier. Même aujourd’hui les Mécènes ne sont pas absolument très rares ; mais , dans l’histoire des lettres, où trouve-t-on des compagnies de Mécènes? Quand, enfin , après une longue suite de temps il y en a une, ses dons doivent être reçus et regardés comme d’honorables prix littéraires privativement accordés ; et qui que ce soit, sans exception, doit, au lieu de garder un ingrat silence,,, s’en honorer hautement, s’en glorifier.
xxi) CONSIDÉRATIONS SUR CE TRAITE, rontles encouragements, les suffrages elles vœux una* nimes de tous les gens de lettres de la presse quotidienne et pe'riodicjue. Ils auront ceux des repre'sentants des puissances étrangères et notamment ceux de l’ambassadeur du roi Othon qui^ par la noblesse de son cœur, parla variété de ses connaissances, par sa politesse vraiment attique, représente l’ancienne aussi bien que la nouvelle Grèce. Je n’ai pas fini ; ils auront un plus grand dédommagement qui sera la voix de leur conscience, le témoignage perpétuel qu’en portant chez leur nation l’institution des musées des arts mécaniquesdes anciens âges^ en y portant le goût de la recherche et de la conservation des manuscrits, en y portant surtout l’histoire des familles, l’histoire des villages , l’histoire des villes ou du moins l’histoire des divers états des habitants des villes, ils ont après tant de barbares, de sanglants, de désastreux, de malheureux siècles^ beaucoup fait pour l’instruction, le calme, le bonheur du nôtre.