‹ Traité de matière medicale homoeopathique, comprenant les pathogénésies du trai té pure et du traité des maladies chroniquesChapitre 5 sur 33 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Je ne diasiimilerai pas les diflicultés d'ane étude conduite comme je rindique; mais si eUe exige da temps et de la patience, ne donnet-elle pas des notions nomtNreoses que nous retrouvons avec profit au lit du malade?

Il faut convenir toutefois qu'arrivé à ce terme qd A*»ira encore qu'une notion incomplète de la puissance du médicament. On ne connaîtra celui-ci qu'au point de vue physiologique. Pour découvrir son action thérapeutique, on devra se rappeler la grande distinction établie par la pathologie hahnemannicnne entre les symptômes diatbésiques, les symptômes formels et les symptômes individuels.

Les premiers se trouveront parmi les symptômes généraux et aussi dans la comparaison des effets physiologiques suivis de tissu en tissu ; les seconds, dans les lésions d'appareils et d'organes et dans les troubles fonclionnels de ces derniers. Enfin, les caractèi*es individuels se présenteront sous la forme de ces symptômes baroques, étranges, qui paraissent appartenir bien plus au sujet qu'au médicament, au malade qu'à la maladie.

tlahnemann avait tourmenté de toutes ces manières les pathogéiiésics qu'il nous a transmises, et il avait résumé le résultat de cette étude dans les prolégomènes mis en tête de chaque médicament. Nous les avons conservés avec soin, en y ajoutant l'indication des antidotes et celle des substances qui se trouvent en corrélation directe avec le médicament ainsi étudié.

Nous pourrons maintenant aller plus loin encore en ajoutant à ces renseignements ceux de la clinique, c'est-k-dirc en comparant les symptômes pathogénétiques à ceux que présentait le malade chez lequel le médicament a guéri.

C'est l'œuvre que le docteur Rûckeit a suivie avec persévérance dans son Traité de clinique homœopathique, celle que Desterne avait mise en pratique dans les monographies que V Hahnemannisme a publiées, celle h laquelle le docteiu* V. Chancerel a toujours sacrifié lorsqu'à la suite de ses observations il a placé la liste des symptômes qui avaient déterminé son choix.

S'il me fallait enfin indiquer un travail où Tétude d^une même substance ait été poursuivie à ces points de vue multiples, et dans lequel la tradition tout entière ait été mise à profit, je rappellerais les intéressants

IMTRODUCTION. XV

mémoires du profcssear Imberl-Gourbeyre , en particulier celui sur l!arseiiic.

IL sera facile de comprendre combien le médecin qui aura éludié de cette manière h matière médicale bomœopalhique devra être puissant au lit du malade.

Pour choisir un médicament, une seconde condition lui restera à. remplir: il devra individualiser. Il lui faudra pour l'application relever son observation avec soin en séparant les symptômes généraux des symptômes locaux et en disposant les différents groupes pathologiques dans Tordre où les effets physiologiques auront été classés. La comparaison entre ces deux termes sera facile alors et la détermination du médicament deviendra rapide et précise.

Quel que soit le but qu'on se propose, qu'il faille déterminer la caractéristique d'un médicament ou fixer son choix dans un cas déterminé, la traduction présente sera toujours indispensable : aussi Toffrons-nous aux amis et aux ennemis de Thomœopathie.

A ses amis, parce que de Taveu même de ceux qui s'attachent le plus à restreindre l'œuvre du maître, Hahnemann est le fondateur véritable de la matière médicale expérimentale (i), parce que sans une connaissance complète des effets pathogéniques des médicaments la loi de similitude ne peut être appliquée.

 ses ennemis, parce qu'ainsi que l'écrivait Jourdan dès 1835 « le » temps n'est déjà plus où des plaisanteries relatives aux doses infinité- » simales pouvaient sembler d'assez bons arguments contre l'homœo- » pathic. Des faits incontestables sont là, qui doivent imposer silence au » raisonnement pur. Ces doses minimes agissent, exercent même une » action puissante, surprenante. Le doute n'est plus permis à cet égard. »

Or, sans la matière médicale, « les essais homœopaihiqucs sont sinon )) impossibles au moins réduits à des tâtonnements dont un hasard heu- ») reux pourrait seul faire jaillir quelque vérité nouvelle (2) ».

Ce qui était vrai en 1835 l'est plus encore aujourd'hui où l'homœopathie a fait ses preuves; où elle constitue une école ayant ses journaux, ses sociétés et ses hôpitaux. Ignorer les ressources qu'elle emploie n'est

(1) V» Jûusset, Leçon de clinique, in Art médical^ n^ de février 1876.

(2) Jourdan, Introduction au Traité de matière médicale^ par Samuel Hahnemann, p. VI.

XVI INTROODGTJON.

vraiment plus chose permise ; les examiner superficiellemenl serait faire une œuvre incomplète et inutile. En donnant ici la traduction des pathogénésies les plus importantes, nous convions donc nos confrères à de nouvelles études. Celles-ci ont fait la force des homœopathes de la première génération, et nous y trouverons comme eux la véritable puissance thérapeutique qui deviendra une barrière au septicif^me qui tend à nous envahir et aux divergences qui nous séparent.

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