‹ Traité de mécanique générale, comprenant les leçons professées à l'Ècole polytechniqueChapitre 16 sur 77 · DU VENT COMME MOTEUR · texte numérisé non relu

DU VENT COMME MOTEUR

19. La demi-force vive de l'air en mouvement, comme celle de l'eau, se transforme en travail en faisant agir le fluide sur des roues construites d'une certaine façon. Comme une pareille utilisation du vent a été, dès l'origine, appliquée à la mise en mouvement des moulins, et quoiqu'elle ait été ensuite étendue au travail d'huileries, de pompes, etc., le nom de moulin à vent est resté attaché aux récepteurs dont il s'agit.

Ces récepteurs sont à axe vertical ou à axe à peu près horizontal.

Ceux de la première catégorie sont peu employés, en raison de leur faible rendement, et nous ne nous y arrêterons que quelques instants. Parmi les récepteurs de cette catégorie, nous citerons : i° les Panémores, dont les aubes ou ailes, adaptées aux extrémités de bras horizontaux fixés à l'arbre, ont la forme de conoïdes qui, tantôt présentent leur concavité à l'action du vent et tantôt leur convexité, de sorte que la roue ne marche qu'en vertu de l'excès des actions sur la concavité et la convexité ; 2 les moulins dits à la Polonaise, formés de plusieurs ailes rectangulaires verticales dont les plans passent par l'axe, qui tournent dans une enveloppe cylindrique ouverte d'un côté pour permettre l'accès de l'air dans la direction la plus convenable.

20. Moulins à vent à axe horizontal. — L'arbre {fig. ^4) est placé dans la direction du vent et fait un angle de io à i5 degrés avec l'horizon, en raison de ce que, en général, cette direction fait un petit angle avec la surface de la terre. Quatre bras,

formant une sorte de croix, sont fixés à l'arbre vers son extrémité. Chaque bras sert d'axe à une aile ayant la forme d'un rectangle gauche. Les ailes sont identiques et disposées de la

même manière par rapport à l'axe de rotation. Les] éléments de leur surface sont perpendiculaires à la direction des bras Elles sont généralement formées de laties transversales également espacées, normales aux bras et recouvertes d'une voile en toile ou en natte. Un frein placé dans l'intérieur du moulin permet de maintenir, en temps voulu, la roue dans l'immobilité. Lorsque le moulin ne doit pas marcher, on serre les voiles en les rapprochant de l'axe (').

( ' ) M. Berton évite cette opération, qui n'est pas commode et qui est dangereuse lorsque le vent est violent, en formant chaque sîle de planchettes Ion-

Pour se trouver dans de bonnes conditions de rendement, l'inclinaison de la surface des ailes sur la direction de l'arbre doit aller en augmentant depuis 3o degrés, à partir du point le plus voisin de l'arbre jusqu'à 60 degrés à l'extrémité de l'aile. Tout le bâtiment est supporté par une forte pièce de bois verticale autour de laquelle on peut le faire tourner

giludinales (fig. î5) se recouvrant pari io lie me lit, al qui offrent la plus grands analogie avec celles des jalousies. Chaque planchette est articulée, au moyen de

brides, à des lattes transversales pouvant elles-mêmes tourner autour de leurs points d'attache sur les bras; une des extrémités de la première traverse de chaque aile est articulée à une tige a crémaillère engrenant avec un pignon central, dont l'aie traverse l'arbre d'un boula l'autre et se termine par une manivelle. En agissant sur cetti? manivelle on peut faire varier, dans certaines limites, l'obliquité des lattes transversales et par suite la surrace de l'aile qui peut être réduite à la largeur des bras Dans ce système, la surface de chaque aile est également inclinée dans toute sa longueur sur la direction du vent, ce qui est un défaut; car celte condition n'est pas celle qui correspond ai rendement, comme on le fera voir dans le texte.

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