‹ Traité de mécanique générale, comprenant les leçons professées à l'Ècole polytechniqueChapitre 54 sur 77 · IO · texte numérisé non relu

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d'où Ton déduira facilement par une épure la forme que doit affecter la fibre à l'état naturel.

ORGANES DES MACHINES A VAPEUR ÉTftANGfilS A ILA DISTRIBUTION. 255

68. Des segments avec faux segments. — Lorsque dans les locomotives on emploie des segments en fonte, on les double à l'intérieur <X un faux segment en acier d'une moindre épaisseur, mais dont l'ouverture est, en général, diamétralement opposée à celle du segment. Cette ouverture correspond à une dizaine de degrés pour laisser passer le dispositif employé pour maintenir le point Ci à une distance déterminée de l'axe. Le faux segment s'appuie sur le fond de la cannelure, par l'intermédiaire de deux faibles ressorts dont nous pouvons faire abstraction.

Le faux segment agit sur le segment et contribue à lui faire exercer sur le cylindre une pression suffisante pour obtenir une fermeture convenable, pression que Ton atteindra autrement, car on serait obligé de donner au segment une épaisseur incompatible avec la condition de ne pas se rompre lors de la mise en place.

Soit ÀiC 3 B 3 la section du segment correspondant à l'extrémité du faux segment.

Nous conserverons les notations qui précèdent en accentuant les lettres qui se rapportent au faux segment.

Nous aurons, pour une section normale comprise entre C et C 2 ,

(,9) -3 s \f-s) H --r(?-RH M

et pour une section comprise entre C et C 2 la même équation, en y supposant v' 9 = o, de sorte que la forme de l'arc C,C a appartient à la courbe que nous avons déterminée plus haut, et qui se confond sensiblement, dans cette région, avec un cercle de centre O, comme nous l'avons reconnu. On a

d'où , en négligeant les carrés de -^ ~ -»

cos->

Comme p, p diffèrent peu de R„ on voit que Ton peut remplacer» dans le second facteur du second terme o, qui est déjà petit» p et p par R. Si donc nous posons

l'équation (19) devient

1 l n TO cos-î

on rentre ainsi dans le cas précédent, en remplaçant dans les formules E par E"; seulement T n'a plus la signification physique que nous lui avions attribuée.

Si T,, F, sont les forces élastiques maximum développées dans la fonte et l'acier, on a

(ti) « I', = EV. (. + » ^jp*) max. (l- l)

Pour les cylindres de c,45o de diamètre intérieur des machines de la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, on a

R = o,225, o = 0,006, v\ = o,oo35 , R, — R = o œ ,oo8

et

rapport supérieur à la limite que nous avons obtenue au n°67 et qui, d'après la formule (17), correspondrait à T'= i5 kg X 10 6 ; mais nous ferons observer à ce sujet que certaines qualités de fontes peuvent supporter des efforts de i6 kg Xi<* s à ib k «X io\ Pour le faux segment, il faut remplacer, dans la formule

(17), R par R' = R — 0,12, et supposer^ = 0,0164.

Les formules (16) et (18) donnent

V'o = o,oo53<p(0) et / = 6°36',

d'où Ton déduira le tracé de la fibre moyenne. Enfin des équations (i5) et (5') on déduit

Ainsi donc la pression est de i kg , ï par centimètre carré et diffère peu, comme on le voit, de celle que nous avons obtenue dans le cas précédent.

Il parait donc résulter de là que, pour qu'un piston, à un seul segment, ferme bien, il faut qu'il exerce sur le cylindre, par unité de surface, une pression à peu près égale à une atmosphère, et alors il est facile de tenir compte, dans le calcul du travail d'une machine, de celui qui est absorbé par le frottement du piston.

69. Purgeurs. — La vapeur entraîne toujours avec elle, en sortant de la chaudière, comme nous l'avons dit plus haut, une certaine proportion d'eau qui peut atteindre de 18 à 20 pour 100; le rayonnement des parois, le refroidissement résultant de la communication du cylindre avec le condenseur, la détente sont d'autres causes de condensation de la vapeur.

En général, la vapeur d'échappement ne rejette au dehors qu'une partie de l'eau de condensation. Si on laissait l'autre partie s'accumuler dans le cylindre, il arriverait un moment où elle s'opposerait à ce que le piston arrivât à fond de course [coups d'eau); d'où des ruptures des fonds du cylindre, des bielles, liges de piston, etc.

Pour éviter ces accidents, on adapte à chacune des extrémités du cylindre un robinet purgeur que l'on ouvre en temps voulu pendant quelques instants.

Quelquefois les robinets sont remplacés par des soupapes dites de sûreté semblables à celles des chaudières.

70. Régulateur d'admission. — Le tuyau qui conduit la vapeur à la machine porte, à sa naissance, un robinet qui sert à donner ou à supprimer la vapeur.

Indépendamment de ce robinet, qui n'existe pas toutefois iv. 17

dans les locomotives où il sérail inutile, le tuyau est muni, près du cylindre, d'un appareil régulateur, qui permet de régler à la main ou automatiquement le débit de la vapeur.

Cet appareil est une soupape, un papillon, un tiroir, comme dans les locomotives, ou une soupape à gorge.

Le papillon consiste en un disque percé de trous identiques également espacés, limités chacun par deux rayons et deux arcs de cercle concentriques au disque. Ce disque peut se déplacer circulairement sur un plateau percé de trous semblables aux siens; on peut ainsi fermer, ouvrir partiellement ou complètement les trous du plateau qui doivent donner issue à la vapeur.

Le tiroir est une plaque rectangulaire que Ton peut déplacer parallèlement à ses côtés sur une plaque dans laquelle se trouve pratiqué un orifice.

La soupape à gorge, qui n'est employée que dans les machines très-ordinaires, est un disque qui peut se déplacer autour d'un diamètre, et quKa le même rayon que le tuyau dans lequel il est placé, à un faible jeu près.

71. Des organes au moyen desquels on opère la transformalion du mouvement rectiligne alternatif en circulaire continu. — Machines à connexion directe, à cylindres conjugués. — Le mouvement alternatif du piston se transforme en mouvement de rotation continu, soit au moyen du système de Walt (IV e Partie, n°55), qui est maintenant peu employé en raison de la dépense qu'il nécessite et de l'emplacement qu'il exige, soit en articulant respectivement les deux extrémités d'une bielle à la tête de la tige du piston et à une manivelle monl'e sur l'arbre moteur. Celte dernière disposition est la seule applicable aux machines dites à grande vitesse, ou dont la vitesse moyenne du piston dans chaque oscillation dépasse une certaine limite, soit i m ,2o. Les machines sans balancier sont dites à connexion directe.

Le balancier est, excepté dans les machines à simple effet dites de Cornwall, symétrique par rapport à son axe de rotation ; chacune de ses moitiés affecte la forme d'un solide d'égale résistance sollicité par une force de direction constante en grandeur et en direction. On suppose, pour obtenir une sécu-

ORGANES DES MACHINES A VAPEUR ÉTRANGERS A LA DISTRIBUTION. l5g

rite convenable, que cette force est égale au maximum de la pression totale développée par la vapeur sur le piston. Le profil du balancier affecte ainsi la forme de deux paraboles identiques, dont les sommets sont également éloignés de Taxe de rotation et qui viennent se raccorder. On renforce souvent le balancier par des nervures.

La section des tiges et la section maximum des bielles, estimées en faisant abstraction des renflements et des nervures, se calculent d'après les règles établies pour les tiges prismatiques soumises à des efforts longitudinaux, en portant toujours ces efforts à leur maximum.

Le rayon minimum de l'arbre moteur se calcule comme celui d'un cylindre soumis à un effort de torsion égal au maximum de la pression totale sur le piston, ayant pour bras de levier le ravon de la manivelle."

Quant à la manivelle, on pourrait en calculer la section minimum en la considérant comme encastrée à sa jonction avec l'arbre et soumise à l'effort ci-dessus censé perpendiculaire à son axe de figure. Mais, par nécessité de construction, on donne toujours aux manivelles des dimensions beaucoup plus fortes qu'il n'est nécessaire de le faire et le calcul devient ainsi complètement inutile.

Il arrive souvent qu'une machine à vapeur soit double ou que l'arbre soit mis en mouvement par deux systèmes identiques de pistons, comme cela a lieu notamment dans les locomotives. Dans ce cas, en vue d'obtenir une plus grande régularité du mouvement et de réduire le moment d'inertie du poids du volant, les deux manivelles sont à angle droit. Les machines doubles sont dites à cylindres conjugués.

Dans les machines à grande vitesse, l'élasticité joue un rôle important dans le mouvement de la bielle et de la tige du piston, et les praticiens ont donné le nom defouettement aux vibrations transversales de la bielle. Nous renverrons, pour l'étude de ces mouvements, à la Note placée à la fin de ce Chapitre.

72. Volant et tiges à mouvement alternatif. — Le volant est généralement monté sur l'arbre (Chapitre II de la IV e Partie, II e Section), qui est mis directement en mouvement parle piston. Cependant il arrive quelquefois, lorsqu'on n'a à sa dis-

position qu'un espace restreint, qu'on l'établisse sur un arbre parallèle au précédent et auquel ce dernier imprime, au moyen d'un engrenage, un mouvement plus rapide que le sien; celte disposition permet de réduire le moment d'inertie du volant, par suite son rayon.

Si la machine est munie d'une pompe d'alimentation, la tige de cette pompe est articulée au balancier quand il y en a un, et, dans le cas contraire, est mise en mouvement par un excentrique monté sur l'arbre. Quelquefois une petite machine à vapeur spéciale, appelée petit cheval, est affectée exclusivement à l'alimentation.

Chaque tige à mouvement alternatif, qui contribue à faire la distribution de la vapeur, est mise en mouvement par un excentrique monté sur l'arbre moteur ou un arbre secondaire commandé par ce dernier au moyen d'un engrenage.

73. Régulateur de vitesse. — Machines à détente variable. — Lorsque, dans le cours du travail d'une machine à vapeur, la résistance utile vient à diminuer, il faut, pour que la vitesse de l'arbre moteur n'éprouve pas de variation sensible, réduire dans une proportion convenable la force motrice.

On arrive à ce résultat, soit en agissant sur le régulateur d'admission pour diminuer le débit de la vapeur, soit sur un organe de la distribution pour réduire la période d'admission et par conséquent pour augmenter la détente.

On procède de la première manière pour les machines sans délente ou à détente fixe.

Lorsque l'on emploie l'autre procédé, la machine est dite à détente variable.

L'une et l'autre de ces manœuvres se fait soit à la main, comme dans les grandes machines d'usines métallurgiques, les machines de mines, les machines marines et les locomotives, soit automatiquement, au moyen d'un régulateur à force centrifuge mis en mouvement par la machine (IV e Partie, Chap. III, II e Section) et dont la douille agit, par l'intermédiaire d'un système de triangles et de leviers, sur le régulateur d'admission ou sur l'organe de la distribution. Le régulateur pneumatique est quelquefois substitué au régulateur à boules.

Le système de la détente variable est plus rationnel que

l'autre; en effet, si le régulateur d'admission ne sert qu'à la mise en marche et à l'arrêt, il peut être complètement ouvert, et sans qu'il crée un étranglement; la vapeur, arrivée dans la boîte de distribution, possède à peu près la même pression que dans la chaudière et n'éprouve de perte de force vive à son entrée dans le cylindre que par suite de la faible section des conduits de la distribution et de l'accélération qu'elle prend dans le tuyau.

Dans les machines sans détente ou à détente fixe, la vitesse n'est réglée qu'en étranglant plus ou moins le passage de la vapeur, c'est-à-dire en produisant une perte de force vive; on voit ainsi que c'est en créant une nouvelle résistance passive que l'on arrive au résultat voulu, et, comme c'est au détriment de la force motrice disponible, le système doit être considéré comme défectueux.

Nous reviendrons plus loin, dans un autre Chapitre, sur les pertes de pression éprouvées par la vapeur lorsqu'elle se rend de la chaudière dans le cylindre,

74. Condenseur, — La vapeur, après avoir travaillé dans le cylindre : i°ou s'échappe à l'air libre par un tuyau, ou dans la cheminée comme dans les locomotives, 2 ou se rend dans un condenseur.

Dans le premier cas, le piston doit vaincre une contre-pression un peu supérieure à la pression atmosphérique.

Le condenseur est une capacité mise en communication avec la lumière d'échappement et placée dans un réservoir d'eau froide.

La vapeur, après avoir agi sur le piston et s'être condensée partiellement, se condense de nouveau en presque totalité et celle qui reste prend une tension d'autant plus faible que l'eau est plus froide et que sa masse, qui se renouvelle à chaque instant, est plus considérable.

Indépendamment de l'avantage de n'avoir à vaincre qu'une faible contre-pression, les machines à condensation offrent encore celui de permettre d'amener la vapeur détendue à une pression inférieure à la pression atmosphérique, de réduire ainsi la dépense de vapeur, par suite celle de .combustible, pour produire une quantité déterminée de travail.

SII1ËME PAET1K.

Les condenseurs forment deux catégories ; i" Les condenseurs à injection, ainsi nommés parce que de l'eau froide esl injectée à l'intérieur du condenseur. La/!g. 116

donne le type des condenseurs appliqués aux machines à balancier.

P esl une pompe qui élève l'eau d'un cours d'eau ou du fond

d'un puits pour l'envoyer dans la bâche 6; T est le tuyau d'amenée de la vapeur dans la capacité cylindrique C, qui est le condenseur proprement dit; J est un tuyau parlant de B pénétrant dans C, où il se termine par une pomme d'arrosoir et qui produit l'injection sous la forme d'une pluie fine; le robinet r permet de régler le volume d'eau injectée;

ORGANES BES MACHINES A TAPEUR ETRANGERS A LA DISTRIBUTION. î63

A esi une pompe qui enlève à chaque double coup de piston de la machine l'eau de condensation ; celle eau se rend dans la bâche à eau chaude B' et envoyée en partie dans la chaudière par la pompe d'alimentation P'.

La pompe A esi appelée pompe à air, parce que non-seulement elle expulse l'eau chaude du condenseur, mais encore l'air contenu dans l'eau d'alimentation et celui qui se dégage dans la chaudière par suite de l'élévation de température et de la volatilisation; cel air pourrait créer une contre-pression importante si l'on n'en débarrassait périodiquement le condenseur. La fig. 117 représente un autre type de condenseur à injection,

Flg. 117.

• Les condenseurs à surface. — Ces condenseurs consistent

en un faisceau de tubes ouverts par les deux bouts, traversant les deux parois opposées d'une capacité cylindrique dans laquelle arrive la vapeur d'échappement. A l'aide d'une pompe dite de circulation, on fait circuler entre les tubes de l'eau froide et qui détermine la condensation de la vapeur. Il est clair que ce genre d'appareils détermine la condensation moins rapidement que les condenseurs à injection; mais leur emploi devient indispensable lorsque l'eau froide, par suite des matières étrangères qu'elle renferme, ne peut servir à l'alimentation. Tel est le cas des machines marines, dont les chaudières ne sont alimentées que par de l'eau douce; l'eau de condensation, qui est complètement pure, peut, avec une petite addition d'eau en réserve, suffire à l'alimentation.

Si l'on fait abstraction des pièces U et À sur lesquelles nous reviendrons plus loin, les Jig. 118, 119 et 120 se rapportent à un condenseur à surface; les deux premières représentent respectivement les coupes verticales suivant le grand axe horizontal et le petit axe de l'appareil, la troisième est la projection de la section faite par le plan horizontal XY.

T est le tuyau d'arrivée de la vapeur;

/ celui qui amène l'eau qui doit déterminer la condensation;

/' le tuyau de sortie de celte eau quand elle a produit la condensation ;

P la pompe à air qui est à double effet;

s, s les clapets d'aspiration et s', s' les clapets de refoulement de l'eau de condensation qui s'échappe par les orifices 0,0 et que l'on peut recueillir pour l'alimentation ;

V le tuyau qui conduit au dehors l'eau de condensation.

On voit qu'ici l'évacuation du condenseur a lieu après chaque coup de piston simple, ce qui est un avantage sur la première disposition que nous avons décrite.

Les mêmes figures, mais complètes, représentent un condenseur d'une des machines à vapeur des hauts-fourneaux de Rans (Jura) ; il est en même temps à surface et à injection.

U est le tuyau d'arrivée de l'eau d'injection qui s'élève par aspiration d'un réservoir inférieur et dont on règle le débit par un papillon; A un cylindre creux horizontal percé de

Irous, se raccordant avec ce tuyau, placé dans le condenseur R, au-dessous des tubes; l'eau s'échappe en pluie fine par ces irous.

Fie. "8. Fi B . irg.

L'eau qui produit la condensa lion partielle dans les tubes est reroulée par la pompe d'alimentation et se rend, après s'être échauffée, dans la chaudière. On évite ainsi l'encombrement des matières organiques, dues au graissage des robinets, qui sont entraînées par la vaporisation, partiellement refoulées dans la chaudière lorsqu'on alimente avec l'eau de condensation, et qui, en rendant l'eau visqueuse, ont pour effet d'augmenter la proportion de liquide envoyée dans le cy-

lindre. Quant à l'eau de condensation, elle est rejetée au dehors sans être utilisée.

Quel que soit le système employé, le condenseur est mis en communication avec l'extrémité supérieure d'un tube vertical dont l'extrémité inférieure plonge dans une cuvette de mercure. La hauteur de la colonne de mercure dans Je tube fait connaître l'excès de la pression atmosphérique sur la pression dans le condenseur et, par suite, la dernière de ces pressions. Ce manomètre a reçu le nom tf indicateur de vide*

On emploie souvent aussi des indicateurs de vide métalliques, qui sont basés sur le même principe que les manomètres métalliques.

r Dans les applications, il serait superflu d'avoir égard à des variations périodiques ou accidentelles de la pression barométrique pour se rendre compte du bon fonctionnement d'un condenseur; mais la considération de l'altitude ne doit pas être négligée; et en effet, entre o et 900 mètres d'altitude, la colonne barométrique baisse de 1 centimètre environ par 120 mètres de hauteur d'élévation. Si donc deux indicateurs de vide se trouvent aux altitudes o et 800 mètres et indiquent, par exemple, o ra ,65 de colonne de mercure, les pressions dans les deux condenseurs seront respectivement ©"Vi et o m ,o34, et le premier se trouvera dans des conditions moins avantageuses que le second. -,

Pour que la contre-pression ne $oit bien supérieure à la pression dans le condenseur, il ne faut pas donner un diamètre trop petit au tuyau de communication entre le condenseur et le cylindre, et éviter les étranglements dus surtout à la présence de robinets.

75. De la quantité d'eau à introduire dans le condenseur. — Soient

t la température de la vapeur d'étendue;

m la proportion de vapeur sèche qu'elle renferme;

p la pression de cette vapeur ;

p son poids spécifique;

r sa chaleur de vaporisation ;

la température de l'eau froide d'alimentation ;

/' la température finale que l'on veut obtenir dans le condenseur et qui est généralement comprise entre a5 et 4o degrés; p' la pression de la vapeur saturée à la température t'; x le poids d'eau à condenser que Ton doit injecter; p a la pression atmosphérique; II le poids spécifique de l'eau ; c sa chaleur spécifique.

La quantité de chaleur interne de la vapeur et de l'eau avant le mélange est

(a) Yi (r — j - ) -+- f cdt-^-x f cdt.

De l'introduction de l'eau dans le condenseur résulte le travail

Le refoulement de la vapeur dans le condenseur donne lieu au travail extérieur

en négligeant le volume d'eau ~ « L'équivalent calorifique du travail total extérieur est donc

La somme des quantités de chaleur [a) et (b) devant être égale à la chaleur interne

(1 -+ ■ x) I cdt

du mélange, on a la relation

Cette formule donne pour x une valeur un peu trop forte, puisqu'elle suppose que toute la vapeur s'est condensée, tandis qu'une petite partie reste dans le condenseur et dans le tuyau qui le fait communiquer avec le cylindre; mais il n'y a en cela aucun inconvénient, puisque l'on se propose surtout de ne pas obtenir une température supérieure à t'. On pourra même prendre pour le même motif

cdt

en remarquant que le terme en = est toujours très-petit.

On obtient une limite supérieure de x au moyen de la formule

r -+- I cdt

/ cdt

Je

résultant des idées anciennement admises sur la chaleur, t Q étant la température dans la chaudière et r la chaleur de vaporisation correspondante.

76. Cataracte. — On désigne ainsi un appareil hydraulique de petites dimensions relatives, principalement employé dans la distribution des machines à simple effet dites de Cornwall, que nous étudierons plus loin, et qui, en résumé, a pour objet de rendre, à volonté, aussi lente que possible Tune des demi-oscillations d'un mouvement alternatif dont l'autre oscillation suit une loi déterminée.

La cataracte se compose, en principe [fig. 121 ), d'une pompe foulante P placée dans une bâche à eau* dont la lige est articulée en A à un levier AL faisant corps avec un arbre mobile autour d'un axe horizontal 0. Sur l'arbre se trouve égale-

OlGiKES DES MACHINES * VAFHUB ÉTHÀNGF.ItS * LA DISTRIBUTION. 269

ment montée, en sens inverse de AO et normalement, une tige terminée par une masse pesante Q.

La fig, 122 représente une coupe faite dans l'appareil par un Fi B . m.

plan passant par l'axe de la tige du piston et celui de l'articulation A.

La soupape d'aspiration de la pompe se trouve en s; l'orifice de refoulement peut être réduit à volonté au moyen de la vanne V, en agissant sur la tige verticale V mobile autour de l'axe horizontal 0' et articulé en A' à la tige de la vanne.

La machine motrice communique à une tige T, appelée poutrelle, un mouvement rectiligne alternatif; en descendant, un tasseau, dont elle est pourvue, agit pendant quelques instants sur le bras de levier LO et la pompe se remplit d'eau ; dès que T s'est dégagé du levier, le piston de la pompe descend sous l'action du poids Q, et d'autant plus lentement que l'orifice de refoulement est plus obstrué.

La lige t articulée à LO transmet le mouvement oscillatoire aux organes de la distribution.

77. Des machines à basse, moyenne et haute pression. — On dit qu'une machine est à basse, moyenne et haute pression, selon que la pression dans la chaudière est au plus égale à 2 y atmosphères, qu'elle est supérieure à i - atmosphères et inférieure à 5 atmosphères, et enfin qu'elle est au moins égale à 5 atmosphères.

Cette distinction, à laquelle on attachait autrefois une certaine importance, n'a plus pour ainsi dire qu'une valeur historique; ii est rare, en effet, que la pression dans les chaudières actuelles soit inférieure à 5 atmosphères.

78. Indicateur de pression. — Cet instrument, dont nous allons donner la description, a pour objet de faire connaftre, pour chaque position du piston, dans une oscillation complète, la pression de la vapeur dans le cylindre d'une machine de l'un ou de l'autre côté du piston. Il se compose [fig. ia3) d'un tube vertical en laiton A, portant vers sa partie inférieure un robinet R au delà duquel il est taraudé. Ce tube renferme un piston/?, dont la tige est entourée par un ressort à boudin; les encastrements de ce ressort se trouvent respectivement dans le piston et dans le fond qui ferme l'ouverture supérieure du tube.

A la tige de p est adapté un porte-crayon horizontal. Une pièce fixée au tube supporte deux cylindres verticaux C, C mobiles

ORGANES DES MACHINES A VAPEUR ftTBAKGBRS A LA DISTRIBUTION. 3^ I

autour de leurs axes. A la base du premier de ces cylindres est adaptée une poulie ; le second sert de barillet à un ressort.

Fig. .iî.

Une corde est attachée, d'une pan, à la lêle de la tige du piston de la machine, et de l'autre, à un crochet de la gorge de la poulie sur laquelle elle s'enroule. Si le cylindre de la machine est vertical, on fait passer la corde, avant d'arriver à la poulie, sur un treuil horizontal de renvoi. Une feuille de papier passe sur les deux cylindres et est retenue vers ses extrémités par deux pinces; chacune de ces pinces se compose d'un couple de lames de ressorts verticales, vissées sur le cylindre correspondant,

Le ressort de C a pour effet de lendre la feuille de papier.

Avant de donner la vapeur, on visse l'instrument sur un tuyau adapté à l'un ou l'autre des fonds du cylindre de la machine. Le robinet R étant fermé, lorsque la machine est en mouvement, le crayon, approché de la feuille de papier, trace sur cette feuille une ligne dont le développement est une droite que nous prendrons pour axe des abscisses.

Si Ton ouvre R pendant la durée d'une oscillation complète du piston de la machine, le piston p, sous l'action de la vapeur, se déplace et le crayon trace sur le papier une courbe fermée (diagramme) dont les ordonnées sont proportionnelles aux excès des pressions correspondantes dans le cylindre sur la pression atmosphérique; comme les déplacements de C sont proportionnels à ceux des pistons, l'aire du diagramme est aussi proportionnelle au travail total développé sur la face considérée du piston, travail qu'il est aussi facile de calculer.

Les Jig. 124 et is5 représentent, à une échelle réduite, les

Fig. 12J.

Fig. 125.

diagrammes relevés, au moyen de l'indicateur de pression, dans une machine à délente et à condensation.

0RGANB8 DBS MACHINES A VAPBUB ÉTBANGEES A LA DISTRIBUTION* *7 3

l&jig. 126 est la réduction d'un diagramme relevé sur une

Fig. 126,

machine du système Corliss, dont nous nous occuperons plus loin* Le double diagramme représenté par la^zg-. 127 a été relevé

Fig. 127.

sur la machine Sulzer, coups d'avant et d'arrière.

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