DES ÉCHAPPEMENTS
§ I. — Généralités,
169. L'échappement, quel que soit le système auquel il appartient ('), est une pièce animée d'un mouvement circulaire oscillatoire qui lui a été communiqué par le balancier.
Les parties de Téchappement qui arrêtent les dents de la roue ou qui correspondent aux intermittences portent le nom de repos. Toutefois, dans certains échappements, la période du repos est remplacée, par suite d'une forme spéciale de la pièce, par un petit déplacement rétrograde de la roue, dans un but que nous ferons connattre plus loin, d'où la distinction entre un échappement à repos et un échappement à recul.
Le frottement, la résistance de l'air, etc., auraient bientôt anéanti le mouvement du régulateur, si ce mouvement n'était pas entretenu par la force motrice à l'aide de certaines dispositions. A cet effet, avant qu'un second repos ou recul commence, la dent qui vient de s'échapper va frapper, après que la roue a tourné d'un petit angle, une autre partie de l'échappement que Ton désigne sous le nom de lèure ou A*incliné, et communique à cette pièce une petite impulsion dans le sens de son mouvement actuel, impulsion qui est transmise au régulateur.
(*) Nous no nous occuperons pas ici de l'échappement dit à roue de ren^ contre, qui par ses défauts est généralement proscrit, même dans les montres communes.
DES ÊCDAPPBMBIITS* 4^0
En principe, Taction du moteur sur le régulateur devrait se borner à cette impulsion et cesser immédiatement, et, comme nous Tavons vu, l'isochronisme ne serait pas sensiblement modiGé par cette impulsion.
Mais, si la force motrice continue encore à agir sur le régulateur pendant un instant, quelque court qu'il soit, comme son action peut être comparable à celle de la force qui produit Tisochronisme, et qu'elle suit une autre loi, il pourrait arriver que les durées des oscillations successives du régulateur fussent assez différentes les unes des autres pour altérer notablement la marche du chronomètre.
Les échappements qui se trouvent dans les conditions les plus rationnelles peuvent donc se diviser en deux catégories :
I® Les échappements dans lesquels le dégagement entre une dent de la roue et la lèvre correspondante a lieu presque instantanément après l'Impulsion communiquée à cette pièce. Dans ce cas, l'échappement peut être monté sur le même axe que le régulateur. Telles sont les différentes variétés de Véchappement à détente, appliqué aux chronomètres de la marine et aux montres de prix, et qui rentrent dans la catégorie des échappements libres ou soustraits à l'action continue de la force motrice.
2<* Les échappements dans lesquels le contact a encore lieu entre une lèvre et une dent pendant l'impulsion» et qui sont montés sur un axe parallèle à celui du régulateur. L'impulsion est communiquée par l'échappement au régulateur, au moyen d'une disposition qui permet, presque instantanément, le dégagement de cette dernière pièce, devenue libre, pour toute l'étendue du contact de la lèvre et de la dent. Cette condition est remplie par Véchappement à ancre des montres, échappement qui, quoique libre, est moins sensible que le précédent, en raison de l'inertie des pièces mises en mouvement ei des frottements qu'elles développent.
Il y a en outre les échappements montés sur l'arbre du balancier, dont le mouvement se trouve influencé par la force motrice pendant toute la durée du contact de la roue d'échappement et d'une lèvre : tel est Véchappement à cylindre, qui