‹ Traité de mécanique générale, comprenant les lecons professées à l'Ecole polytechnique (volume 4)Chapitre 19 sur 79 · j satisfont à la relation 0 a · texte numérisé non relu

j satisfont à la relation 0 a

à laquelle les réduites doivent leur propriété fondamentale» toute fraction comprise entre elles aura nécessairement des

termes plus considérables; mais, comme t — -i jouit, par rap-

ft c port à ^) ^9 de la propriété exprimée par l'équation précédente, elle est la plus simple des fractions comprises entre ces dernières. En partant de là, M. Brocot a donné une Table où figurent toutes les fractions dont les termes sont inférieurs à 100, avec leurs valeurs en décimales, classées par ordre de grandeur. Un rapport quelconque tombe nécessairement entre deux fractions contenues dans la Table» et qui sont les plus simples parmi celles entre lesquelles le rapport est compris. En ajoutant ces fractions terme à terme, on en aura une moins simple» mais plus approchée du même rapport, et l'on continuera ainsi de proche en proche, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une fraction satisfaisante.

Lorsqu'on veut arriver à une exactitude rigoureuse, il faut renoncer aux équipages de roues tournant autour d'axes fixes, et avoir recours aux équipages épicycloïdaux, dont nous allons nous occuper.

23. Des trains épicycloïdaux. — Un train épicycloïdal se compose : i"" d'une roue dentée A fixe ou mobile autour de

JO QDi.TBtbllB PÀRTIB. — GHAPITEB Ul.

son axe; 2° d'une pièce B (levier ou châssis, suivant les cas), mobile aulourde cet axe, et qui porte un équipage d'engrenages dont la première roue engrène avec A, et dont nous désignerons la dernière par la lettre C.

Soient, en grandeur et en signe, a, 6, c les vitesses angulaires de A, B, C, le sens positif des rotations étant défini à l'avance; si nous concevons qu'on imprime à tout le système une rotation égale et contraire à celle de B, qui se trouve ainsi ramené au repos, nous rentrerons dans le cas d'un équipage ordinaire d'engrenages, dont on déterminera en conséquence la raison E en grandeur et en signe; mais les vitesses angulaires de A elCsont devenues» — 6, c — 6; ona donc pour la raison

Dans cette formule on peut considérer a, b, c comme étant les rapports des vitesses angulaires de A, B, C à celle u de l'arbre qui communique le mouvement au train, et la même formule permettra de déterminer l'un de ces rapports, connaissant les deux autres.

Lajtg. 43 représente un premier spécimen de trains épicy-

cloldaux ; la roue dentée extérieure A, la roue Intérieure C et le levier B peuvent se mouvoir autour du même axe 0; la

TRANSFORMAnON DU HOITTXVBirr CIRGCLAIRB OOICTIIVU, ETC. 7 1

roue J> montée sur le levier établit la communication enire les roues A et C. Si A est fixe, on a a = o ; par suite

et D est animé d'un mouvement épicycloîdal.

Bans le train de Fergusson {fig. 44)» 1^ i*oue A est fixe, ou a=^o, de sorte qu'on a encore la relation (2); mais, au

lieu d'une roue C» on a trois roues indépendantes, de même diamètre, montées sur le même axe, engrenant avec la roue intermédiaire D; ainsi les e, pour ces trois roues, sont proportionnels aux nombres de dents correspondants. Si pour la première roue C on a e >> i, pour la deuxième e = i, pour la troisième ^<Ii, en faisant tourner le levier B, les deux rouages extrêmes tourneront en sens contraires, tandis que l'intermédiaire ne sera animé que d'un mouvement de translation.

Dans le train représenté par la Jlg. 4^» A est fixe et est

Fig. 45.

monté sur le même axe que B et C, qui ont le même diamètre; un pignon D établit la communication entre A et C. Supposons que C et A aient respectivement n — i ein dents; nous aurons

6 = 1 et - = -

n en

7 a QUATRlttMB PARTIE. — CHAPITBB III*

Si n = 1009 le rapport des vitesses angulaires est Tri ; on voit ainsi comment les trains épicycloïdaux se prêtent à la réalisation des rapports très-petits entre deux vitesses angulaires.

Nous donnerons plus loin d'autres applications des trains épicycloïdaux.

§ II. — Les axes de rotation sont concourants.

24. Engrenages coniques. — Proposons-nous de transformer une rotation a>' autour d'un axe 0^' en une autre cù autour d'un autre axe 0^, qui rencontre le premier au point O, de

manière que le rapport — soit constant, et désignons par (S')

et (S) les Systèmes matériels qui tournent respectivement autour des deux axes ci-dessus.

Considérons deux portions correspondantes de ces axes pour lesquelles les rotations w', w sont de sens contraire pour Tobservateur couché successivement suivant 0^', Ox, en ayant les pieds en 0, et concevons que l'on imprime au système des deux corps (S') et (S) une rotation égale et contraire à celle du premier, qui se trouve ainsi ramené au repos; (S) sera animé d'une rotation Q autour d'un axe Oj, dont l'inclinaison sur Ox' exOx est constante et est celle de la diagonale du parallélogramme, construit sur des longueurs proportionnelles à »', Gt), portées à partii»du point 0 sur les deux axes.

Concevons deux cônes circulaires {<t'),{(t), engendrés par la droite O7, tournant autour de Ox', Ox; le second cône, dans son mouvement relatif, roulera sur le premier; mais en revenant à la réalité, s'il y avait entre eux suffisamment d'adhérence, ils réaliseraient la transformation de mouvement dont il s'agit, et c^est ce qui leur a fait donner le nom de cônes primitifs.

Comme, en général, l'adhérence est insuffisante pour obtenir l'effet voulu, on munit chaque cône de saillies où dents, ayant une forme conique dont le sommet est en 0, séparées par des intervalles ou creux: dans chaque creux pénètre, dans une certaine région, une dent de l'autre cône, qui pousse

TBANSFORMATION DU HOUTBIISIIT GIRCULAItB GONTINUy ETC. ^3

une dent de la seconde roue de manière à établir la continuité du mouvement.

Une sphère d'un rayon quelconque R ayant pour centre le point O déterminera : i"" dans les deux cônes {</), {<t) deux cercles {s'), (s) roulant Tun sur l'autre; 2? dans deux dents en contact de (S'), (S) deux courbes (a'), (a), dont la première sera l'enveloppe des positions de la seconde,

£n faisant sur la sphère le même raisonnement qu'au n® 12, sur le plan, on reconnatt que l'arc de grand cercle normal au point de contact m de (a') et (a) passe par le point de contact A des deux cercles {s'), (s), que {a) étant donné, on déterminera (a') par la construction du numéro précité, en substituant aux expressions de centre et de rayon celles de pôle et d'ouverture de compas sphérique.

Mais comme le contact, en vue de réduire l'influence du frottement, est toujours peu étendu de part et d'autre de la génératrice de contact des cônes, on peut substituer approximativement à la construction précédente, qui présente des difûcultés pratiques, celle qui suit.

Soient (^îg*. 46)OA = R le rayon de la sphère déterminé

Fig. 46.

par la direction de Oy; B, B' les intersections de la perpendi- <^ulaire en A à OA avec Ojc, Ox'.

74 QCATEiftBi PAmTis. — oupiniE m.

ConceTODs deux cônes» engendrés par la rérolation dei BA, BA' autour de Ox, Oo/ ; ces deux cônes, que nous sapposerons matérialisés, seront tangents à la sphère en A, et déter-i mineront, dans les dents, des courbes que l'on peut considérer comme se confondant avec les profils sphériques dansi rétendue du contact à partir du point A.

Soient &>i, (ù^ les composantes de &> suivant BB' et sa perpendiculaire dans le plan des axes; eo',, <a\ les composantes semblables de 6>'. Des rotations (Oi, (ù\ ne résultent, aux environs du point de contact, que des vitesses de Tordre de retendue du contact et qui peuvent, par suite, être négligées. Les rotations ci>3, o), donnent lieu au déplacement des profils dans le plan tangent dans lequel on peut supposer que les deux cônes ont été développés; on obtient ainsi deux secteurs dentés engrenant l'un dans l'autre à une faible distance de la ligne des centres et dont les vitesses angulaires sont respectivement 6)s, 6)', . Or on a

«, = wcos(x,r),

d'où

«' sin(x,j^)

6>, tang(y,.r) AB' ^~ tang(jr,7) " ÂB

Il suit de là que les dents des secteurs doivent être tracées comme celles d'un engrenage cylindrique dont les rayons des circonférences primitives seraient AB, AB'.

L'épure, faite et découpée en patron, sera appliquée sur le double cône (B, B') sur lequel on tracera le profil des dents.

En nous plaçant maintenant au point de vue pratique, le double cône sur lequel s'effectue le tracé est celui qui termine l'engrenage dans la région la plus éloignée du point 0; les dents tracées, on coupe les cônes B, B' par des plans CD, CD', perpendiculaires aux axes 0^, Ox\ de manière à ne laisser subsister que les zones correspondant à l'épaisseur transversale des deux roues, qui sont limitées à l'intérieur par les cônes de sommet 0, ayant pour bases les cercles détermi-

TIÀHSPOKMATIO» DD MOnVBKSHT CIHCnulRB CONTIND, ETC. jS

nés par les plans CD, CD'. Soienl AA, l'épaisseur que l'on veut donner à l'engrenage dans la direction de OA; C„ C, les intersections de la perpendiculaire en A, à AO avec OC, OC'; on termine l'engrenage dans la région la plus rapprochée du sommai par les troncs de cône engendrés par les droites A,C,, A'iC,, tournant respectivement autour de Ox, Ox' {fig. 47).

Fie- 47-

Les profils sphériques des dents des engrenages coniques jouissent de propriétés géométriques intéressantes, pour l'élude desquelles je renverrai à mon Traité de Cinématique'

fure.

23. Trains épicycloldaux. — LayT^. 48 représente un train cpiqcloTdal à engrenages coniques. La roue A fait corps avec inii arbre; la roue C est mobile sur l'arbre qui la traverse et ^ODl l'axe se trouve sur le prolongement de celui du précé- ''^nt; l'arbre de C est relié à angle droit au levier B, autour Huel tourne le pignon B, qui met en rapport A et C.

La formule (1} du n° 23, qui peut se mettre sous la forme

s'applique au cas actuel, a» b, c étant les rapports des vitesse angulaires de A, B, C à celle de l'arbre qui produit le mouv<

Fig. 48.

menty et e la raison des engrenages C et A, supposés dévc loppés dans un plan (Si-). Si les roues A et C sont identique! on a

et

Cette disposition permet d'établir entre les vitesses angi

laires de deux arbres un rapport ^> dont l'un des termes a

moins renferme des facteurs premiers trop considérables poi que les équipages ordinaires soient suffisants.

En multipliant, si cela est nécessaire, les deux termes d cette fraction par un nombre choisi convenablement, on pei

toujours la mettre sous la forme -^> a, (3, y étant trois fac

teurs dont deux au moins, a, p par exemple, sont premiei

entre eux.

L'équation

otjc -t- Sj = P

admet une infinité de solutions entières, positives ou néga

tives. Supposons que l'on ait trouvé des valeurs convenable

pour X etj; nous pourrons identifier l'équation (a) à la sui

vante :

TRAKSFORHATIOIf SU XQUTBIIEIIT aRGULAlRK GONTIKU, ETC. 77

m poser

Dn est donc ramené, au moyen d'engrenages, à transformer la rotation c dans la rotation a autour de Farbre A, situé dans le prolongement de celui autour duquel la transformation doit être opérée.

I 26. Joint universel. — Pour transformer Tun dans l'autre peux mouvements de rotation autour d'axes concourants, dont il est nécessaire de faire varier l'angle à volonté, pourvu qu'il n'atteigne pas 90 degrés, on emploie le joint universel, qui consiste dans la disposition suivante.

Les arbres se terminent chacun vers le point de concours de leurs axes par une fourche (Jig. 49) dont les branches sont

Fîg. 49-

percées d'ouvertures circulaires; l'axe de ces yeux rencontre celui de l'arbre auquel il est perpendiculaire. Dans les yeux des deux fourches pénètrent les extrémités des branches d'un croisillon formant, d'une seule pièce, deux tourillons rectangulaires. Le centre du croisillon coïncide avec le point de concours des axes de rotation.

Il est visible que les axes de figure des croisillons sont con-

78 QUATEItME FàRTIB. — GHÀPITRB III.

stamment compris dans deux plans perpendiculaires à Taxe d rotation passant par le centre du croisilloUy et dont la direc tion de l'intersection est complètement déterminée. Soient [fig. 5o )

Fig. 5o.

PQ l'intersection de ces deux plans ; A l'angle aigu qu'ils comprennent; 0 le centre du croisillon;

Oa, Oa' les positions, à un instant quelconque, des portion de l'un et l'autre axe du croisillon, situées respeciivemen dans deux régions des plans faisant entre elles l'angle A;

Xy x' les angles formés par Oa, Oa' avec OQ.

Le triangle sphérique déterminé par les droites OP, Oa, Oc donne, en se rappelant que l'angle aOa' est droit,

cosj? 003 j/ -H- sinx sinx' cosA = o, d'où

tangx = —

COSÂ

COtJ?'.

Les vitesses angulaires cù, &>' de Oa, Oa ou des deux arbre étant respectivement égales à -77-5 -tt' on déduit par la dif férentiation de l'équation précédente

cos'j:

w' cosA sin^x''

TRANSPORHATIOlf BU MOUYEMENT CIRCULAIRE CORTINUy ETC. 79

d'où, par rélimination de x\ au moyen de la même équation ,

cosA

I — sin'orsin^A

Le rapport des deux vitesses angulaires Tarie ainsi entre les

limites

cosA

et cosA; ces limites diffèrent d'autant moins

l'une de l'autre, ou la transformation est d'autant plus régulière que l'angle A est plus petit. On voit aussi que la transformation est impossible lorsque A = 90*» ou que les axes sont à angle droit, ce qui est visible a priori.

§ III. — Les axes de rotation ne se rencontrent pas.

27. Emploi des engrenages et des courroies. — Nous avons ici à transformer une rotation &> en une autre &)' ^dont l'axe n'est pas compris dans le même plan que celui de la première, de

Gt)

manière que le rapport — reste constant.

Soient (Jig. 5i )

A, A' deux points respectivement pris sur les deux axes;

Ax, A' a/ deux portions de ces axes pour lesquelles les rotalions sont de sens contraire pour l'observateur couché successivement suivant ces deux droites en ayant les pieds

en A, A'.

Considérons la droite AA' comme l'axe d'un arbre intermédiaire et établissons dans l'angle ^ AA' un engrenage conique

8o QUÀTRlftlIS PARTIE. — CHAPITRE III.

donnant lieu autour de ÀÀ' à la vitesse angulaire cùt, définie par la relation

— = Zip

hi étant une constante ; les rotations &) et oi seront de sens contraire, la première de la gauche vers la droite, la seconde

de la droite vers la gauche, pour l'observateur couché suivant Ax, Ak', en ayant les pieds en A; mais g>>i aura lieu de la gauche vers la droite si l'observateur a les pieds en A'.

Montons également en A' un engrenage conique qui puisse transformer 0)1 dans la vitesse angulaire cù', dont le sens aura lieu de la droite vers la gauche. Si hi est la raison de ce dernier engrenage, on a

En multipliant cette relation par la précédente, on trouve

et par suite

On peut se donner arbitrairement l'une des deux raisons A, et A2, de sorte que la transformation peut se réaliser d'une infinité de manières pour un même arbre intermédiaire.

Lorsque les circonstances le permettent, il est avantageux de prendre pour AA' la perpendiculaire commune aux deux axes pour réduire à son minimum la longueur de l'arbre intermédiaire.

TRAnSPORMÀTION DU HOUYKMBlfT GIRGOLAIEE GONTIIfU, BTG. 8l

La transformation peut encore s'effectuer (Jig. Sa) en prenant pour intermédiaire une parallèle ky à kfx'y menée en un point A de A^; un engrenage conique permettra de transformer 6> en une rotation co, que Ton peut se donner arbitrairement, et l'on est ramené à transformer les rotations oii, a>' dont les axes sont parallèles, ce que l'on sait réaliser.

On peut employer encore d'autres dispositifs, auxquels nous ne nous arrêterons pas, pour produire la transformation proposée, à Taide d'engrenages coniques et cylindriques et de courroies.

28. Fis sans fin, — Ce mécanisme a pour objet de transformer Tun dans l'autre deux mouvements de rotation autour d'axes perpendiculaires non concourants, de manière que le rapport des vitesses angulaires reste constant.

La vis sans fin se compose : i® d'une vis à filet rectangulaire qui reçoit un mouvement de rotation autour de son axe ; Q^ d'une roue dentée montée sur un axe perpendiculaire au précédent; le filet déplace successivement les dents de la roue, dont il détermine le mouvement de rotation, et la transformation est opérée.

Soient {fig. 53 et 54 )

r le rayon du noyau de la vis;

/ l'inclinaison de l'hélice sur l'axe du noyau;

z la distance d'un point a de l'hélice à une section droite déterminée du cylindre;

S Tangle compris entre les plans méridiens passant par a et le point ao de l'hélice compris dans le plan de la section cidessus;

Il le pas de l'hélice.

On a la relation connue

(i) z = Grcot/ = — 0.

Supposons d abord que la roue soit réduite à son plan moyen (P) mené par Taxe 00 de la vis perpendiculairement à l'axe O'O' de la roue^ et soient ma! la section déterminée dans l'une des dents en contact avec le filet; ma la génératrice cor-

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