‹ Traité de mécanique générale, comprenant les lecons professées à l'Ecole polytechnique (volume 5)Chapitre 19 sur 76 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TRANSFORMATION D'UN MOUVEMENT DE ROTATION CONTINU EN UN MOUVEMENT RECTIUGSE CONTIN0, ET VICE VERSA.

29. Du treuil et de ses principaux dérivés. — Le treuil se compose [Jig. 55) d'un arbre cylindrique T ( tour) dont la section est circulaire et l'axe horizontal, et qui ne peut se mouvoir qu'autour de cet axe. Une corde est fixée par une de ses extrémités à l'arbre sur lequel elle peut s'enrouler; à l'autre extrémité est accrochée la charge qu'il s'agît d'élever. A cet effet on adapte à l'un des tourillons, au delà du palier, une

Fie. 55.

manivelle M qui se termine par un cylindre horizontal [manette) d'un diamètre convenable pour recevoir la main de l'homme employé comme moteur. Il est aisé de voir que le rapport des vitesses de la charge et de l'extrémité de la manivelle est égal au rapport du rayon diï tour à celui de la manivelle.

TKlNSPOlIfjLTION d'dM MOEVEMinT M KOIATIOM CORTINV, ETC. 85

Lorsqu'il s'agît d'élever des Tardèaux d'un poids considérable, OQ ajuste una manivelle à chaque tourillon, de manière à permettre de faire agir simulunément deux hommes et parfois deux couples d'hommes. Pour des motifs que nous ferons connaître plus tard, on s'arrange ordinairement de manière que les deux manivelles, qui sont d'ailleurs identiques, soient à angle droit, c'est-à-dire que les perpendiculaires abaissées de l'axe du treuil sur les axes des manettes comprennent un angle de 90 degrés.

La roue à chevillet {Jig. 56) des carriers n'est autre chose qu'un treuil dans lequel la manivelle est remplacée par une

Fiff. 56.

roue montée sur l'arbre, de même axe que lui, et traversée par des chevilles horizontales équidislantes. L'homme détermine par son poids l'ascension de la charge, en agissant successivement sur les chevilles avec les pieds et les mains, comme s'il montait sur une échelle verticale. Dans la chèvre ordinaire [fig. 5^ ) dont le bâti est soutenu

Ob QDATRlftlB PâITIE. — CHAPITU IV.

par le hauban c, la corde pariani de l'arbre passe sur une poulie avant de se terminer par la charge. Flg. 5,.

Le cabestan (^^.58] est un treuil à axe vertical qui estem-

ployé, principalement dan^les ports de mer, pour exercer de

TRANSFORMATION d'uN MOUTEKIITT DE ROTATION CONTINU» BTG* 87

grands efforts dans une direction liorizontale ou presque horizontale. La manivelle est remplacée par un levier traversant le tourillon supérieur prolongé en conséquence, sur lequel l'homme ou les hommes exercent leur action.

30. Du treuil à engrenages et de ses principales applica^ lions, — Encliquetage. — Lorsque Ton a à élever des charges considérables, on substitue avec avantage au treuil ordinaire ci-dessus décrit le treuil à engrenages, dans lequel les manivelles sont montées sur un arbre spécial parallèle au tour. Un train d'engrenages, commençant par un pignon monté sur Tarbre des manivelles et se terminant par une roue ajustée sur le tour, réunit les deux arbres. Le treuil dont nous nous occupons est ordinairement muni d'un encliquetage [fig, 59},

FIg. 59.

organe qui se compose : 1° d'une roue dentée A (dite à rocket) montée sur l'arbre de la manivelle; le profil de chaque dent est formé d'un arc de courbe peu incliné et d'une droite très-inclinée sur la circonférence; 2° d'un cliquet ou tige mobile autour d'un axe parallèle à celui du tour, pressée par une lame de ressort L. Le cliquet peut glisser sur la partie courbe des dents et non sur l'autre, et ne permet ainsi le mouvement de rotation que dans un seul sens, celui qui se rapporte a l'élévation de la charge. Si, par une circonstance quelconque, l'action du moteur vient à cesser, l'encliquetage fonctionne, la charge se trouve arrêtée au lieu de descendre avec une vitesse croissante, de sorte que le travail employé dans rélévation n'est pas perdu, et l'on n'a pas à redouter d'accident ( * ).

(*) L'encliquetage dont il s'agit, et qui est employé dans un grand nombre de machines-outils, offre le double inconvénient de donner lieu à des chocs

88 CDATIltal PAMTIB. — GHIPITHB IT.

La chèvre représentée par la^g. 6i se compose d'un lour à engrenage dont la corde passe sur Irois poulies Qxes et sup-

porte Unalement une poulie mobile à la chape de laquelle est accrochée la charge.

La grue fixe {Jîg. 62) ne diffère en principe de la machine

bruyïDts entre le clique! et la rouo et u des portei de temps rëaiiltant de ce que -le cliquet n'est presque jimaii eiBctemenl en prise il 1b position du repos. L'eacliquetsge de Dobo, daut nous allons dire quelques mots, est exempt de ces incoDTénienls, La roue a rocbet est remplacée par une roue folle A (/;.6o) recelant directement le mouvement pour le transmettre à un arbre qui porte quatre ailes, dont une seule B est indiquée sur la figure ; cette aile est articulée en C à une piâce reliée inTariablement k l'arbre dont l'aie est projeté

TBiRBFOKMATIOK d'dH MOVTtHBNT SB KOTATIOK COnTIHO, ETC. 89

précédente qu'en ce que la corde ne passe que sur une poulie fixe el que le support, au lieu d'être fixe, peut tourner autour

d'un axe vertïcai, ce qui permet de pouvoir accrocher et éie-

icrire le

à la circonférence de Aj par suite

l'arbre ne eera pas entraîné dans

a rotation

de A > lieu de la gaacba vera la

droite le gliBaement est impossible.

puisque la point m en toarnant

. autour de C tendrait à pénétrer

e produit donc un arc-boulement qui détermine la solida-

el l'arbra dans le mouvement de gauche k droile.

go QUATRIÈMI PàRTIB. — CHAPITRE IT.

ver des fardeaux dans toutes les directions^ en déplaçant en conséquence le support.

La Jig. 63 représente une grue mobile^ dont le bâti est

supporté par des roulettes qui permettent de transporter la machine à l'endroit où Ton doit s'en servir. Elle porte deux treuils, mais sur la figure celui de droite seul est censé fonctionner : la corde de ce treuil passe successivement sur une poulie flxe à droite, puis sur une poulie fixe à gauche où se trouve la charge à élever.

31. Crémaillère. — L'engrenage à crémaillère, dont nous avons donné le tracé au n® 15, permet de transformer un mouvement circulaire continu en rectiligne continu et inversement;

Le cricy qui sert à soulever à une faible hauteur des corps très-pesants [fig, 64), réalise l'emploi de la crémaillère pour effectuer la première de ces transformations. La crémaillère engrène avec un pignon monté sur le même axe qu'une roue dentée engrenant elle-même avec un second pignon qui fait corps avec une manivelle. L'axe de la manivelle est muni d'un encliquetage. En agissant dans le sens voulu on augmente la

TUIfSFOUilTION B DM lOUTEMBHT DB ROTAnOK COHTIinr, ITC. 91

loDgueur de la partie extérieure de la crémaillère, doDt l'extrémité placée sous le corps a pour effet de le soulever.

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