‹ Traité de mécanique industrielle (volume 2)Chapitre 25 sur 132 · X AB · texte numérisé non relu

X AB

Telle sera la valeur de l’intensité de la gravité dans le sens du plan. C’est par la considération du plan incliné que Galilée est parvenu à découvrir les lois de la chute des corps graves. Bien que ces lois soient les mêmes dans le sens vertical que le long d’un plan incliné, on conçoit que la rapidité de mouvement et la résistance de l’air rendent extrêmement difficiles l’estimation des temps écoulés et des espaces décrits par les corps graves, lorsqu’ils tombent verticalement. Il n’en est plus de même quand ils glissent sur un plan incliné , à pente très-douce. Galilée a d’ailleurs diminué autant que possible l’influence de la résistance du plan , en posant les corps sur un chariot

dont les roues cheminaient sur des arêtes aiguës , ainsi que cela se pratique aujourd'hui dans les chemins de fer.

Considérons encore une voiture qui chemine sur un terrain incliné AB (Sg. 154] et dont le brancard peut d'ailleurs être regardé comme sensiblement parallèle à ce terrain. Quoique le centre de gravité de la charge soit avec l’essieu dans un même plan perpendiculaire au terrain, cependant ici l’action verticale de cette charge passe au dehors et tend à faire tourner la voiture dans un sens opposé à celui de la montée. L’énergie de cette action , égale à P X mb 1 sera d’autant plus grande que la verticale qui passe par le centre de gravité de la charge s’écarte plus de l’appui m des roues sur le terrain. Il conviendra , pour contre-balancer cet effet, que le conducteur se place sur le devant de sa voiture, quand elle monte, et sur l’arrière quand elle descend. A proprement parler , il n’y a point de remède contre un tel inconvénient. On le diminue, cependant, en rendant la charge la moins haute possible au-dessus de l’essieu, parce que le moment de stabilité P X ,n b augmente avec la hauteur G m du centre de gravité au-dessus des appuis de la voiture sur le terrain.

105. Frottement des corps sur un plan. — Le frottement est la résistance qu’un corps posé sur une surface oppose au mouvement. Cette force, qui n est point le poids du corps, mais qui est en réalité la résistance du terrain , ne doit pas être confondue avec l'adhérence. Celle-ci se manifeste lorsque la surface par laquelle le corps pose sur le plan est enduite d’une espèce de celle. Si dans cette circonstance , on cherche à détacher le corps, la résistance qu on éprouve 11e dépend nullement ici du poids du corps, mais bien du nombre des parties en contact ou de la grandeur de la surface enduite. Ainsi, l’adhérence est double, triple, quadruple, si la surface est double, triple , quadruple : en un mot, elle croit proportionnellement aux surfaces en contact ; mais elle demeure la même quel que soit le poids du corps. Le frottement, au contraire, demeure le même quelle que soit la surface , et il augmente avec le poids du corps ou plutôt avec la pression qu il exerce contre le plan sur lequel il est mis en mouvement. Les lois de la résistance du frottement ont été découvertes par Amontons et Coulomb. A\ant de donner les principes établis à cet égard par ce dernier physicien, il convient d expliquer les principes des méthodes qui peuvent y conduire.

100. Mesure du frottement d’une substance quelconque contre un plan. — A 1 aide du peson à ressort, dont il a été.par!é plusieurs fois, on peut mesurer immédiatement la résistance opposée par le frottement d’une substance sur un plan de niveau ( fig. 153). Tirez , en effet, avec le peson , cette substance chargée d un poids quelconque , en la faisant marcher sur le plan d un mouvement uniforme. La division sur laquelle l’aiguille de l'instrument s arrêtera . indiquera en poids la résistance occasionnée par le frottement de la substance sons la charge donnée contre le plan.

Ce même frottement peut encore s’obtenir au moyen du plan incliné (fig. 136). En effet , si l’on décompose le poids P du corps en deux forces , l’une perpendiculaire et l'autre parallèle au plan de cette dernière , p est ,

commme l’on sait, égal à P X — De plus, tant que cette composante

sera inférieure à la résistance ou au frottement , le corps demeurera au repos , et il ne prendra du mouvement qu’à l’instant où le pian aura reçu une inclinaison telle que la composante p soit devenue égale à la résistance cherchée F. On aura donc

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