‹ Traité de mécanique rationelle: comprenant la statique comme cas particulierChapitre 21 sur 81 · Cette loi s'énonce ainsi · texte numérisé non relu

Cette loi s'énonce ainsi

Le tnouvement commun à divers c»rp* n'influe pat tur leur* moHcemenU partie ulierx.

On entend par là qne si divers corps AI, N, Q .., se meuvent suivant des droites parallèles M A, NB.QC..., de telle ,„, ^^ façon qu'au bout d'un cer-

^.--^ ^^-^ (ain temps, les longneui-s

y- y^ pai-courues RI M', N N',

M MA. QQ',.., soient égales enlre

, ^ B elles, un mouvement quel-

conque,p^ticulier uu corps

Q Q' C M, par exempte, qui Ini eut

rig- 1- faitdécrire,siluuslescorps

eussent été priniilivement au repos , la tr^jectoii-e Mm ,

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LOIS f>E LA NATTRE, 53

ramènera pciiduiu le moiivemenl commun, ù uiitt posiiîon *«', telle que lalrajoctoircM'wi' qui sera décrite par rapport aux autres corps N'Q'..., sera exactement égale et parallèle à la tr^ctoire Mm.

Nous faisons tous les jours, et en quelque sorte à notre insu, des vérifications expérimentales de cette loi. Ainsi, par exemple, dans le mouvement d'un vaisseau, un observateur placé sur ce vaisseau et participant à son mouvement commun, recouuaît que tous les mouvements relatifs s'y effectitent comme si le vaisseau et Iui-m(}nie étaient exactement immobiles. Les seules perturbations qui s'y manifestent sont ducs au roulis et an tangage qui, ii'tkant pas identiques en tous les points du vaisseau, ne les afToctent pas d'un mouvement commun, et, par suite, altèrcntics mouvements n'iatifs qui se produisent en ni<^nie temps. Mais lorsque le vaisseau marche avec un calme parfait, la loi se confirme pleinement. On constate que les efforts pour marclicr sur le pont dans un sens quelconque ou pour mouvoir des ubjeLs, sont identiques à ceux qu'on développe sur la terre ferme. De même, dans un convoi de clicmiu de fer, les voyageurs, par suite de l'idenlilé des mouvements relatifs qui s'accomplissent dans riniérieur d'une voilure, n'ont aucun sentiment de la vitesse du convoi ; tellement que lorsque, étant arrêtés eux-mêmes, ils votent un train se mettre en marche ù côlé d'eux, ils se font souvent illusion sur leur propre état et intervertissent les rôles entre les deux trains. De même, ils se croient encore en repos, qu'ils sont déjà en mouvement. Le sentiment qu'on peut avoir alors de la viiesse n'est jamais emprunté aux mouvements relatifs qui, sous ce rapport, n'apprendraient rien; mais on le tire, soit de la vue des objets de la route, qu'on sait être immobiles, soit de l'impression qu'on reçoit des secousses du véhicule, qu'on sait accompagner toujours te mouvement de ti'anslation et qui sont dues à des circonstances accidentelles. L'exemple le plus important

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54 LIVRE 1. — iSOT[ONS FONDAMENTALES,

qu'on paisse citer encore esi le mouvement du globe terrestre lui-même, qui ne trouble nuJlemenl les pliénomènes mécaniques qui s'opèrent sous nos yeux à sa surface. Aussi n'eussions-nous jamais pu, par l.i seule observation de noti-e planète, constater son déplacement dans l'espace. Il a fallu rapporrer ses positions à d'untres astres qui ne participaient pas à son mouvement, Disons enfin, pour clore cette énumi^ratiou de preuves expérimentales, que les phénomènes physiques ou chimiques nous eii oITrent de nouveaux et innombrables exemples. Nous reconnaissons, en effet, que les mouvements électriques ou magnétiques, la propagation de la chaleur entre corps b, distance, les réactions chimiques de tous genres entre corps se décomposant on se recomposant, ne sont jamais altérés, quels que soient les déplacements qu'on imprime au support commun sur lequel on procède àl'expénence. On peut ajouter d'ailleurs, pour celte loi fondamentale comme pour les autres, que les conséquences variées qu'on en déduit maUiématiquement concordent toujoui's avec les faits de la manière la plus rigoureuse, ce qui, bien évidemment, n'aurait pas lieu si la lui était entachée elte-mt^me de quelque inexactitude.

3fi.— u Ce serait vainement, dit M. Auguste Comte dans « l'ouvrage déjà cité, qu'on tenterait d'établir par aucune « idée à priori cette grande loi fondamentale, qui n'en est « pas plus susceptible que les deux précédentes. On pour- « rait tout au plus concevoir que si les corps du système « sont entre eux à l'état de repos, ce déplacement commun, « qui ne change évidemment ni leurs distances, ni leurs si- « tuatlons respectives, ne saurait altérer ce^tte immobilité relative ; encore môme, l'ignorance ou nous sommes né- « cessairement de la nature intime des corps et des phéno- « mènes, ne nous permet point d'aOlnner rationnellement, « avec une sécurité parfaite , que l'introduction de cette cir- « constance nouvelle ne modifiera pas d'une manière incon-

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