XX PRÉFACE
se préoccuper convenablement des besoins d'une intelligence ordinaire. C'est pour les maîtres de la science, et non pour les disciples, que sont faits de pareils travaux.
Le Traité de Poisson, irréprochable pour la clarté et la profondeur de chaque théorie prise isolément, manque d'unité et de philosophie. Les divisions naturelles n'y sont pas indiquées : en outre, on y rencontre une abondance de calculs qui éloigne souvent le lecteur.
<}uant à la Mécanique philosophique de Prony, elle se réduit à des classifications de formules, présentées avec beaucoup de symétrie, mais qui n'éclairent nullement la partie concrète du sujet.
M. Poinsot a publié un admirable traité sur la rotation des corps solides, ainsi que des mémoires, de l'ordre le plus élevé, réunis à la fin de sa Statique. Chaque question abordée par ce géomètre est portée à un degré de clarté et de perfection qu'on ne saurait dépasser : malheureusement pour la science, ce n'est pas la science tout entière qu'il lui a plu d'exposer.
Nous ne parlons pas de tous ces ouvrages dits élémentaires qui, pour plus de simplicité, ont rejeté l'Analyse infinitésimale, et qui, à force de vouloir se mettre à la portée de tout le monde, ont fini par n'être plus à la portée de personne. On y aboutit à des théories tronquées, à des démonstrations sans rigueur et à des conceptions qui a'ont quelque solidité qu'à la condition de faire des emprunts plus ou moins déguisés à l'Analyse même dont on a prétendu se passer.