I. — Définition des fluides
292. Dans ce Chapitre, nous allons étudier les conditions de réquilibre et du mouvement des corps fluides. Une partie de Tétude que nous allons faire appartiendrait à la Statique; mais la théorie de Tëquilibre des fluides tient une place peu considérable, et les questions de Dy* namique s'y rattachent immédiatement : c'est ce qui engage à ne pas séparer la théorie de Téquilibre des fluides,, ou Hydrostatique , de la théorie du mouvement des fluides, ou Hydrodynamique, \J Hydraulique n'est pas une science rationnelle; elle vient lever les difficultés que l'analyse rencontre en Hydrodynamique en faisant connaître les lois expérimentales du mouvement des liquides et des gaz \ son rôle se terminera lorsque les progrès de l'analyse infinitésimale nous auront permis de résoudre la question de Tintcgration des équations simultanées du second ordre aux différences partielles.
On a donné le nom de fluides à des corps formés de molécules très-rapprochées les unes des autres et jouissant d'une grande mobilité, de sorte qu'une molécule du fluide se met en mouvement au moindre eflbrt que Ton produit pour la détacher des molécules voisines.
Certains fluides enfermés dans des vases ne diminuent
QUATEIÈME PARTIE. CHÀPITAR IV. I77
pas de volume quand on tend à diminuer le volume de ces vases; les fluides en question portent le nom de liguides,
D*autres fluides, au contraire, se laissent comprimer presque indéfiniment : on leur donne le nom de gaz. . Considérons un fluide enfermé dans un vase, et pratiquons dans ce vase une ouverture plane dont Taire soit o). Imaginons un bout de tuyau adapté à cette ouverture, et faisons glisser un piston dans ce tuyau. Lorsque l'équilibre est établi, l'expérience montre que les forces qu'il faut appliquer au piston pour le maintenir en équilibre se réduisent à une force normale P à l'aire o), et appliquée sensiblement au centre de gravité de cette aire co, pourvu toutefois que les dimensions de Taire en question soient assez petites par rapport aux dimensions
P du vase qui contient le fluide. — est ce que Ton appelle
la pression moyenne exercée sur Vêlement w.
Si, autour d'un point M de paroi, on considère un élé-
P ment plan o) et la pression moyenne — qu'il faut exercer
sur cet élément pour le maintenir en équilibre, Texpé-
P rience tend à prouver que, lorsque w diminue, — tend
Ci)
vers une limite : cette limite est ce que nous appelons la pression au point M.
Il est clair que le liquide exerce une pression égale et directement opposée à celle qu'il reçoit de la part des parois du vase qui le contient.
La définition que nous venons de donner de la pression suppose la matière continue, ou, pour parler plus correctement, suppose les dimensions des éléments sur lesquels on raisonne incomparablement plus grands que les espaces intermoléculaires.