CHAPITRE XX XI H. CIXKMATIQUE DES MILIEUX CONTINUS
diverses suivant le mouvement du corps solide. Mais cherchons les lignes de courant à un instant t\ nous allons voir que ce sont des hélices. En effet, à l'instant ^, l'état des vitesses W des divers points du solide est le même que si ce solide était animé d'un certain mouvement hélicoïdal appelé mouvement hélicoïdal tangent (Chapitre II). Chaque vecteur W est donc tangent en son point d'application à l'hélice que décrirait ce point dans le mouvement hélicoïdal tangent; les courbes auxquelles les vecteurs W sont tangents, en leurs points d'application, sont donc des hélices. C'est ce qu'il serait aisé de vérifier analjtiquement d'après les formules
[ a^ X — qz — ry, ^i8) I p = P — rx ~ pz,
f w = '^^ py—qx,
qui donnent les projections, sur les axes fixes Oxyz., de la vitesse W d'un point P(^, j-, z) d'un corps solide, a, |3, y, />, q, /■ étant des fonctions du temps t (Chapitre II).
Il est cependant un cas particulier où les lignes de courant se confondent avec les trajectoires : c'est le cas du mouvemeni permanent.
70 i. Mouvement permanent au point de vue cinématique. — On dit que le mouvement est permanent quand le champ de vecteurs représentant l'état des vitesses du milieu à un instant quelconque t reste le même quel que soit t. Pour qu'il en soit ainsi, \\ faut et il suffit que les projections u., i^, w de la vitesse de l'élément qui, à l'instant ^, passe au \)o\nix,y,z soient indépendantes de /. Dans ce cas, «, p, w dépendent uniquement de A', j^, z. Par exemple, dans un jet d'eau alimenté d'une façon régulière, si l'on porte son attention sur un point géométrique déterminé P choisi dans le jet, la vitesse de l'élément fluide qui passe en ce point est toujours la même : à chaque instant, un nouvel élément passe l'u P, mais il j passe constamment avec la même vitesse; le mouvement est permanent.
Dans ce cas, les lignes de courant à un instant quelconque se confondent avec les trajectoires, car «, r, w ne contenant pas t, les équations différentielles (i6) des trajectoires peuvent être dé-
^86 ?;quilibre et mouvement des miliiîlx continus. barrassées du temps et êlre écrites
dx fly dz
elles sont identiques à celles des lignes de courant ( \'j).
Dans le cas général, quand le mouvement n'est pas permanent, les trajectoires forment un système de courbes dont les équations dépendent de t/ois constantes a/'bit/aires, à savoir les coordonnées initiales a, 0, c des divers points Pq du fluide; c'est ce qu'on appelle un système triplement infini de courbes. Mais lorsque le mouvement est permanent, les trajectoires se confondent avec les lignes de courant, et leurs équations ne dépendent plus que de deux constantes arbitraires ; elles forment un système de courbes doublement infini. Cela lient à ce qu'une même trajectoire est alors suivie par une infinité simple de points matériels, car les points qui, à un certain instant, se trouvent sur une trajectoire déterminée, suivent tous cette trajectoire.
■Nous avons pris tout à l'heure, comme exem|)le, un corps solide en mouvement; le mouvement d'un corps solide est permanent (fuand c'est le mouvement d'une vis dans un écrou fixe; tous les points du corps décrivent alors des hélices de même pas qui se confondent avec les lignes de courant. Au point de vue analytique, le mouvement d'un corps solide est permanent quand les valeurs de a, V, «" données par les l'ormules ( i8 t sont indépendantes de f, c'est-à-dire quand a, [j, y. /?, q., r sont des constantes.
Nous reviendrons sur la question du mouvement permanent flans la dynamique des milieux continus.
70o. Rotation moyenne ou tourbillon en un point, à un instant. — ■ En adoptant les variables d'Euler, on appelle rotation moyenne en un point P à l'instant f, ou encore tourbillon au point P à l'instant /, le vecteur Q. avant pour origine le point P et pour proj(^clions sur les axes les quantités ç, r^, 'C. définies par les formules
r)(i' dv On chv Or Ou
(•yj '^^^-^-^v '^'^'^Jl-d^' '""---J^-ôy'
Les vitesses W(«, v, iv) à l'instant t forment un champ de vecteurs appliqués aux divers |)oints P pris dans la masse fluide : les