PLOMB
Les sens du côté malade sonl rp^nlenionl iiih'i-cssc's. La vision osl sii|»|iiirnf''<' ou adaiblio. L'oroillo cesse de percevoir les sons. Le f^oùl cL Todoral (li<|)araissenl.
Quelques réflexes périphériques peuvent persister. Le réflexe pliarynfi^ion est ordinairement aboli.
Cette hémianesthésie sensitivo-sensorielle peut ètn; iidluencécî raj)i(J('nu'nl par les agents œsthésiogènes. Contrairement à ce qu'on observe dans Thyslérie essentielle, la disparition de rhémianesthésie sous rinflnenrc do l'aimant ne s'accompagne pas de phénomènes de transfert.
IV. Troubles sensoriels. — Après ce que nous avons dit de rhémianesthésie sensitivo-sensorielle, il reste peu de chose à dire des troubles sensoriels du saturnisme. L'abolition de Taudition, du goût, de l'odorat et de la vision est le plus souvent en rapport avec rhémianesthésie. Même en Tabsence des troubles sensitifs cutanés, les troubles sensoriels peuvent être presque toujours rapportés à l'hystérie.
La vision présente néanmoins des altérations spéciales. On observe en ofTet dans le saturnisme trois modes d'altération de la vision :
1° Des troubles de nature hystérique sous forme d'amaurose, d'amblyopie, et et rétrécissement concentrique du champ visuel;
2° Des troubles visuels dus à la rétinite albuminurique (quand il y a des lésions rénales) ;
5" Une neuro-rétinite spéciale, due à l'inflammation et à l'atrophie idiopathiques du nerf optique. Cette névrite optique débute en général brusquement à la suite d'accidents encéphalopathiques. La vue diminue d'une manière rapide et se perd souvent complè'ement. A l'ophtalmoscope, la pupille est tuméliée. Les veines rétiniennes sont dilatées et turgescentes. Cette névrite qui frappe les deux yeux peut guérir ou persister indéfiniment et amener une cécité complète.
On observe encore dans le saturnisme des lésions de la musculaliirc des y(Mi\ sans forme de nystagmus et des paralysies des muscles moteurs de 1 d-il d des muscles de l'accommodation.
Abstraction faite de la rétine, les membranes de l'œil ne présentent pas ilallérations spéciales.
Troubles trophiques. — Parmi les troubles trophicpu^s du satiiini-im'. la iumeur dorsale du poignet a été longtemps considérée comme palhognoniouique de l'intoxication par le plomb (Gubler). Ce trouble Irophique consiste dans \\u g-onflement de la gaine des extenseurs survenant comme conséquence «le la paralysie des muscles postérieurs de l'avant-bras. Cliniipu^ment. la lésion se •caractérise par une tumeur située à la face dorsale du poignet. La tunuMuest allongée dans le sens des tendons extenseurs; elle est de consist;ui(<' dure <>t rénitente, se déplaçant avec les mouvements des tendons extenseurs: son volume dépasse rarement celui d'un œuf de pigeon. Celte tumeur est indolente. On considère actuellement ce trouble trophique comme en rapport avec luu^ lésion des gaines synoviales comparable aux arlhropathies nerveuses, d oi-igme centrale ou périphérique.
[H. RICHARDIÈBE'i
État général des saturnins. — Anémie saturnine. — A une certaine période de l'intoxication tous ou presque tous les saturnins présentent des signes manifestes d'anémie. Ils sont pâles, d'une pâleur particulière, dapparence blafarde ou tirant sur le gris foncé. Leur peau est grisâtre, et a la coloration des individus habituellement exposés aux intempéries de l'air. Les muqueuses sont décolorées. Il existe des signes fonctionnels, en rapport avec l'anémie. L'oppression est habituelle, ainsi que les palpitations ; les malades ont une sensation de fatigue constante. Les fonctions digestives sont irrégulières.
La coloration de la peau est sujette à des variations. Elle peut être plus prononcée à certains moments, particulièrement pendant les épisodes aigus de la colique ou de l'encéphalopalhie. On la voit encore se modifier sous l'influence d'une complication intercurrente et devenir ictérique ou ictéroïde. Dans quelques cas, l'ictère est un ictère vrai ou un ictère hémaphéique (Gubler).
L'anémie des saturnins est en rapport avec la composition du sang.
Le sang des saturnins contient, en effet, du plomb en quantité appréciable, soit à l'état libre, soit sous forme d'alburainate. Sa composition histologique subit des modifications importantes. D'après le professeur Hayem (*), le sang' des saturnins a une composition analogue au sang des chlorotiques. Il se caractérise par la diminution considérable de la valeur globulaire : de plus, les globules diminués de nombre sont inégaux, irréguliers et décolorés en partie.
« L'anémie saturnine paraît être, comme la chlorose, une anémie par désintégration exagérée des hématies. D'après cette hypothèse, le plomb altérerait d'une manière encore mal définie la constitution du globule rouge dont l'existence deviendrait éphémère. » (Hayem.) Le nombre des globules blancs reste normal dans le saturnisme, sans complication phlegmasique (Hayem).
Goutte saturnine. — En 1854, Garrod a fait connaître que la goutte articulaire pourrait être une com])lication du saturnisme chronique. Dans son travail, Garrod citait des chiffres montrant que sur 51 goutteux 16 étaient saturnins. Peu après la communication de Garrod, Gharcot publiait le premier cas de goutte saturnine observé en France. Depuis lors, les travaux sur la goutte saturnine se sont multipliés. Cette complication de la goutte d'abord mise en doute, regardée ensuite comme une simple coïncidence, est actuellement a-dmise par presque tous les auteurs.
La goutte saturnine est assez rarement observée à Paris. Elle se montre chez des ouvriers qui travaillent le plomb depuis un certain temps, particulièrement chez les peintres. Au point de vue clinique, elle rappelle la goutte essentielle. Pour Bucquoy (^) elle en différerait par sa facile extension à un grand nombre de jointures, par la grande abondance des dépôts tophacés et par la tendance à la chronicité qu'auraient, dès le début, les accidents inflammatoires. En réalité, ces caractères distinctifs sont peu marqués, et presque toujours l'analogie est complète. Les complications viscérales sont les mêmes dans la goutte idiopathique et dans la goutte saturnine.
La réalité de la goutte saturnine admise, il y a lieu de se demander pourquoi les saturnins sont fréquemment atteints de goutte. Garrod donnait l'explication suivante : l'urée et l'acide urique étant excrétés en quantité moindre chez
(•) Hayem, Du sang.
(-) BucouoY, De la goutte saturnine. France médicale, 188j.
. MEUCUIŒ. (,|•.^
les saturnins que chez les sujets sains, il y a accumulation dacidc; uriciuc dans le sang (uricémie). Pour Garrod. ruricémie (Hait la goutte mOnie. En fait, jurée et l'acide urique sont loin d'être toujours en quantité inférieure à la normale dans l'urine des saturnins, et bien souvent il faut admettre (jue l'uricémie est primitive. Pour Wilks, cette uricémie primitive est due à la dénu- Irition générale de l'organisme sous l'influence de l'action du plomb. Pour M. Lécorché, au contraire, l'action du plomb est inverse. Ce m(''tal active Iffonctionnement des cellules de l'organisme, et son action est comparable à celle des autres causes productrices de la goutte.
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