‹ Traité de médecine (volume 2)Chapitre 21 sur 135 · LUI'US VUI.GAIHE · texte numérisé non relu

LUI'US VUI.GAIHE

rablo à celui de ccrlitiiios vr^élM lions, si-parécs j)ar des sillon^ profonds; les luhercules sailianls pcuvcnl èlre isoh's les uns des auli'es ou n'Miiiis en phujucs ou en inrdlralious plus ou moins saillantes eL étendues. A 1 invei-se du ]u[)us plan, le lupus élevé présente une grande tendance à rulcéi-alion.

Le hijjii^ i/lrérf' (lupus ex<'dens des auteurs) présente des as|)ects très variables, 'i'antôt Tulcéralion superlicielle alLiùuL des tubercules lupiques peu volumineux ou disséminc's : les croûtes, généralement peu épaisses, souvent grisûlres, l'ccouvrent des vdc('rations de petites dimensions, isolées les unes des autres, [XMi bourgeonnant(>s, rougeâtres ; la cicalrisalion laisse; des délabrements peu considérables; cette forme d'ulcérations affecte souvent une marche serpigiueuse, formant une l)ordure plus ou moins large à la périphérie de placards lupiciues dont le centre est souvent cicatrisé et parsemé de petits nodules en activité, mais non ulcérés.

D'autres fois, sous des croûtes jaunâtres et rappelant celles de l'impétigo, ou [)lus épaisses, brunâtres ou grisâtres, plus ou moins adhérentes, stratifiées à la manière du rupia, se voient des ulcérations à fond irrégulier, bourgeonnant et mollasse, comme spongieux, de coloration violacée et livide, donnant lieu à une sécrétion séro-purulente ou sanieuse ; ces ulcérations saignent facilement, leurs bords sont mous, irréguliers ; le tégument sur lequel repose le tissu bourgeonnant semble épaissi; mais, lorsque les tubercules ont disparu, par régression spontanée ou sous l'influence du traitement, les parties atteintes sont le ,siège de délabrements considérables.

D'autres fois, l'ulcération creuse en profondeur : résultant de la fonte de tubercules lupiques volumineux et plongeant dans l'épaisseur de la peau et de rhypoderme, elle est recouverte de croûtes souvent épaisses, dont la chute met à nu une sorte de cratère d'aspect fongueux, à fond lardacé ; la destruction rapide des portions atteintes est habituelle dans ces cas de lupus térébrant.

Plus rapide encore est la destruction dans la forme à laquelle on donne le nom de lupus vorax : s'étendant en largeur et en profondeur tout à la fois, recouverte de croûtes larges et épaisses, il détruit tantôt en peu de semaines, tantôt en quehjues mois ou quelques années des surfaces étendues, rongeant le nez, une partie des lèvres et des joues, parfois même des paupières, constituant une des ditTormités les plus hideuses qui se puissent voir. Dans ces cas, de plus en plus rares depuis les perfectionnements récents apportés à la thérapeutique du lupus, les ulcérations, une fois détergées, sont souvent plus larges et les destructions plus étendues qu'on ne pouvait le prévoir à la simple vue du malade avant tout traitement.

Les cicatrices qui succèdent à l'ulcération du lupus sont, on le conçoit de reste, très variables d'aspect suivant la forme et l'étendue des lésions : dabord rouges, puis blanches, parcourues par des Ijrides saillantes, souvent tachetées de granulations lupiipu^s, elles sont sim|)lement d'aspect désagréable dans les formes superficielles : dans les cas à ulcérations profondes, elles défigurent le patient.

Le nez disparu, remplacé pai'fois ])ar une sinq)le bride cicatricielle j^erforée d'un étroit orifice, la bouche souvent déformée, les lèvres parfois infiltrées de nodules lupiques ou également cicatricielles, les joues parcourues par des cicatrices plus ou moins lai'ges, les paupières déformées et souvent en ectroi)ion, tel est l'aspect de la face, à la période de cicatrisation dans les cas extrêmes auxquels la maladie a dû son nom. Sans en arriver à ce point, elle

[,GEORGES THIBIERGE/]

Xi MALADIES CUTANÉES.

donne lieu souvent, pour peu que rnlcéralion ail envahi la réo;:ion nasale, à des pertes de substances plus ou moins étendues, <pii aboutissent à l'atrésic cicatricielle de rorifice narinaire.

Ulcéré ou non, le lupus jx-ut présenter dans sa disposition des variétés nombreuses; tantôt formé de tubercules réunis en «groupes arrondis ou irré^ulicrs, il est d'autres fois constitué par des éléments disséminés sans ordre apparent ; parfois ces éléments sont disposés linéairement ou circulairement, ou forment vm contour irrégulièrement polycycli(|ae, limitant une surface plus ou moins étendue dont le centre est cicatriciel.

Le lupus non ulcéré peut s'accompagner d'altérations épidermiques qui en modifient singulièrement l'aspect : des squames plus ou moins épaisses, adhérentes et sèches, blanches ou grisAtres, peuvent recouvrir tous ses éléments ou une partie d'entre eux et lui donner une apparence psoriasiforme.

Les modifications qui se produisent dans les tissus du voisinage peuvent être très accusées : les téguments sont parfois mollasses, infiltrés par un œdème lymphangitique, avec ou sans changement de leur coloration, qui donne aux parties atteintes une consistance myxomateuse ou un aspect éléphantiasique.

Siège du lupus. — Le lupus })eut s'observer sur toutes les parties du tégument.

Le siège le plus fréquent est la face, où il peut revêtir les différentes formes ci-dessus décrites.

Le nez est la partie de la face sur laquelle il se développe le plus souvent : il y atïécte fréquemment la forme de lupus élevé, avec bourgeonnement considérable et ulcérations étendues, aboutissant à la destruction plus ou moins large de l'organe; de là il s'étend souvent sur la lèvre, sur la partie adjacente des joues, ou pénètre dans la cavité nasale, rendant ainsi plus complète la destruction des narines.

Le lupus peut occuper primitivement la joue y formant un placard isolé au début et plus tard s'étendant à toute sa surface, envahissant les paupières, qu'il détruit et se propageant au globe de l'œil : en raison de sa prédilection pour le tégument externe et de sa propagation de proche en proche, lenvahissement du globe de l'œil peut être évité lorsqu'on a soin de pratiquer la blépharorrhaphie avant que le bord libre delà paupière ne soit atteint : les tubercules lupiques sautent pour ainsi dire sur la ligne de suture et, lorsque la paupière supérieure a été envahie sur toute sa largeur, on peut ouvrir de nouveau la fente palpébrale sans avoir à redouter l'envahissement de la conjonctive. Parfois le lupus des paupières débute à l'angle interne de Fœil et est le résultat de la propagation, par l'intermédiaire des voies lacrymales, de lésions tuberculeuses du nez (Arnozan).

Le lupus de la joue et surtout le lupus du nez peuvent envahir les lèvres, atteignant leur bord libre, les détruisant plus ou moins complètement et se propageant souvent à leur face muqueuse et de là aux gencives; la cicatrisation est souvent suivie alors de l'oblitération plus ou moins étendue de l'orifice buccal; plus rarement cette région est atteinte primitivement.

Le lupus du pavillon de l'oreille peut résulter de la propagation du lupus de la face ; il offre le plus souvent alors une forme analogue à celle que revêt le lupus de la face, serpigineuse habituellement, et détruit peu à peu le pavillon, dont le tégument s'accolle au squelette cartilagineux. D'autres fois, cette loca-

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