ÉRYTHÈMES PROVOQUÉS PAR LA CHALEUR RAYONNANTE ET LA LUMIÈRE SOLAIRE
Les éruptions provoquées par la lumière solaire se confondent avec celles provoquées par la chaleur.
Elles consistent le plus ordinairement en un érythème intense, avec tuméfaction de la peau, qui est le siège d'une sensation de cuisson souvent douloureuse; l'épiderme est lisse et brillant. Cet érythème a des contours diffus ou nettement arrêtés suivant la configuration des vêtements qui ont protégé la peau contre l'action de la chaleur ou du soleil. L'érythème peut s'accompagner de la production de vésicules ou de phlyctènes. Au bout de quelques jours il y a une desquamation à lambeaux généralement peu étendus. Chez certains sujets, l'érythème est peu accusé, et il se produit des vésicules nombreuses, dures, acuminées, qui se terminent par desquamation au bout de plusieurs semaines.
Ces diverses lésions laissent après elles une coloration rouge brunâtre de la peau ; lorsqu'elles se répètent, la pigmentation s'accuse et devient permanente, telle est l'origine du hâle des marins et des campagnards.
L'érythème solaire (coup de soleil) s'observe sur les joues, le cou, les oreilles, la nuque, les mains, etc.
L'érythème calorique occupe les parties qui sont exposées professionnellement à l'action de la chaleur, le visage et les mains. Chez les femmes qui se servent de chaufferettes, il se développe aux mollets et à la face interne des cuisses.
Étiologie. — Les érythèmes caloriques se développent à la suite de l'exposition à un foyer calorique rayonnant, résultant de la combustion du bois ou du charbon, ou de la fusion des métaux; on l'observe chez les boulangers, fondeurs en métaux, forgerons, souffleurs de verre, porcelainiers, chauffeurs, etc.
L'érythème solaire résulte de l'action prolongée des rayons solaires, souvent aidée par celle du vent. Les rayons solaires n'agissent pas seulement lorsqu'ils atteignent directement la surface cutanée, mais aussi par réflexion; aussi le coup de soleil est-il fréquent après un séjour en bateau, alors môme que la tête est couverte d'un chapeau.
IIYDROA VACCINIFORME. 1"
Los lisions culaïK'os pi-oduilcs pîir l;t liiiniric (-Icrl ii(|iic roconnaisscnl les mêmes causes et présenLenl 1(!S mêmes caracLèrcîs que le couj) de soleil, aussi les a-t-on décriles sous le nom de coup de solcAl âlccifùjua: elles s'obscrveni chez les ouvriers des usines éleclri({ues, chez ceux des ateliers de travail éleclri(]ue des métaux.
Houchard, pour la lumière solaire, et plus récemment Widmark('), pour la lumière électrique, ont montré que les rayons les plus nocifs sont ceux de la l)orlion violette du spectre, ou rayons chimiques.
Diagnostic. — L'érythème solaire peut être confondu avec Vérysipèle du visage, d'autant mieux qu'il s'accompagne d'une sensation de chaleur locale et parfois de phénomènes généraux. Il en diffère non seulement par sa cause, mais encore par l'absence de bourrelet périphérique et par la limitation des lésions qui n'ont aucune tendance à envahir les parties indemnes.
Traitement. — Dans les cas légers, des applications de poudre d'amidon et des lotions avec des solutions anti-prurigineuses, eau blanche ou eau de Cologne étendue d'eau tiède, suffisent à calmer les troubles fonctionnels de l'érythème solaire et à en modérer les lésions.
Dans les cas plus intenses, on aura recours aux pommades adoucissantes à l'oxyde de zinc ou au bismuth ; s'il y a des vésicules ou des phlyctènes, on emploiera le même traitement que dans les brûlures, en particulier les pansements au liniment oléo-calcaire.
HYDROA VACCINIFORME
Définition. — L'hydroa vacciniforme de Bazin est une affection récidivante, à prédominance estivale, caractérisée par le développement de vésicules ombiliquées suivies de cicatrices varioliformes.
Description. — L'élément de l'hydroa vacciniforme est une vésicule, d'aspect perlé, variant de la dimension d'un grain de mil à celle d'une lentille, entourée d'une zone rouge. La vésicule peut se rompre, ou se dessécher, et être remplacée par une croûtelle; mais elle subit le plus souvent une transformation particulière : son centre se déprime en prenant une coloration brun foncé ou noirâtre, tandis que la périphérie reste saillante, remplie de sérosité transparente; ainsi ombiliquée, la vésicule est toujours entourée d'une zone rouge; son centre se recouvre d'une croûtelle brune, dont la chute laisse une cicatrice fortement déprimée et indélébile.
Les lésions sont isolées ou continentes; elles se reproduisent par poussées laissant les surfaces atteintes couvertes de cicatrices.
Elles se développent sur les régions découvertes, principalement le visage, les oreilles, la nuque, le dos des mains, parfois les avant-bras et la partie inférieure des jambes.
Étiologie. — L'hydroa vacciniforme s'observe surtout chez les enfanls; il diminue, [)uis disparaît à l'âge adulte.
(') WiDMAiîK, De l'inQuence do In luiniL-rc sur la iieau. Bioluyika Fùvei>in(jeu.-i Furhand lingar, 1889
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