M A L A I ) I E S ('. U T A NÉES
Les poussées se monlrenl à inlerMiUes variables, souveni 1res rai)profli(''S. Elles sont surtout nonibreuses et intenses pendant l'élé, et après Texposilion prolong'ée au soleil, (Toù le nom de S/ri/ivicr éruption sous jccpud celle aflVM'Iioii a élé (lécrile par Ilulchinson.
Il s'agil bien manifestement d'une éruption de r-ause externe, provocpiée par l'aclion directe des rayons solaires, comme le démontrent ses condili.uis éliologiques et son siège.
Celle affection est rare; elle a été surtout observée en Angleterre par Hulchinson, Brooke, R. Crocker. En France, Brocq* et Dubreuilh en ont rapporté des cas.
Anatomie pathologique. — Les lésions de Thydroa vacciniforme sont constituées par une nécrose des parties profondes de la couche cornée et des portions sous-jacentes de l'épiderme, ainsi que de la plus grande parlie du derme (Bowen).
Traitement. — Le traitement de l'hydroa vacciniforme consiste dans l'emploi des topiques émollients et des poudres inertes.
Le seul moyen de prévenir le retour des poussées éruptives est de ne pas s'exposer aux rayons solaires et de protéger contre eux toutes les parties découvertes au moyen de voiles suffisamment épais.
ÉRYTHÈME PERNIO
Définition. — On donne le nom d'érythème pernio ou d'engelures à une affection caractérisée par des taches érythémateuses susceptibles de s'ulcérer, occupant les extrémités, et survenant sous l'influence du froid extérieur.
Description clinique. — Une tache d'un rouge violacé, luisante, à contours souvent mal définis, accompagnée d'un gonflement sous-cutané mollasse, caractérise l'engelure ; des douleurs intenses et des démangeaisons violentes l'accompagnent, et ont pour caractéristique d'augmenter et de devenir intolérables lorsque les parties malades sont exposées à une température un peu élevée.
La plac[ue érythémateuse peut se terminer par résolution, ou aboutir à la formation de bulles qui se rompent et laissent à leur place des ulcérations à bords déchiquetés, à fond sanieux, recouvert de bourgeons charnus pâles et saignants : ces ulcérations s'accompagnent souvent de lymphangite, d'adénite et se réparent difficilement.
Les engelures revêtent parfois la forme papuleuse : elles sont alors constituées par une saillie arrondie, plane ou acuminée, limitée, ne dépassant pas le volume d'une lentille, de coloration rouge violacée (^).
Les engelures siègent le plus ordinairement à la face dorsale des mains, puis des pieds, aux faces latérales des doigts et des orteils, plus rarement au nez, aux joues, aux oreilles.
Lorsqu'elles ont duré un certain temps et se sont répétées fréquemment, elles produisent une tuméfaction générale des extrémités qui parfois, surtout aux
(') Broco, De l'hydroa vacciniforme. Annales de Dermatologie, 18fli, p. 115.". (-) Dubreuilh et Sadrazès, De quelques formes anormales d'engelures. Bull. Soc. franc. Dermal. 1891, p. 500.
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mains, odrc niic coilainc aiialoi^ic a\('c l'acromri^alio ; aux oreilles, cllos Inissont souv(MîL (les cicaLi'iccs apparonlcs.
Plus rarcmcnl, on pcuL voir survenir à la suite des engeliu'es de pcliles laehos puncliformcs, rouges, sur lesquelles se développent ultérieurement des saillies cornées et vcrnujueusos : à levu- période d'entier développement ecs lésions, décrites par Mibelli (') sous le nom d'onr/io/céralome, sont (-onslituées par une sorte de verrue de coloration gris jaunâtre ou violacé, du volume d'une tôte d'épingle ou d'un grain de chènevis; les éléments, de nombre variable, occupent pi-incipalement la face dorsale et les faces latérales des doigts.
Étiologie. — Les engelures se rencontrent surtout chez les sujets jeunes; plus rares chez les adultes, elles s'observent encore assez fréquemment dans la vieillesse chez les sujets artérioscléreux. Dans l'enfance surtout, elles sont presque uniquement l'attribut des sujets lymphatiques ou strumeux; elles sont l)articulièrement fréquentes chez ceux dont, en toutes saisons, les extrémités sont le siège d'une stase sanguine plus ou moins marc[uée. Tous les troubles circulatoires et nerveux des extrémités facilitent d'ailleurs leur développement, ainsi que toutes les causes d'affaiblissement général et en particulier l'alimentalion insuffisante.
Elles sont plus fréquentes chez les femmes.
Elles se développent en hiver, sont d'autant plus intenses et plus persistantes que l'hiver est plus rude. Le long séjour à l'air froid, dans la neige, ou l'immersion prolongée des mains dans l'eau froide, suivis de l'exposition trop rapide à la chaleur, agissent souvent comme causes occasionnelles.
Diagnostic. — Ordinairement faciles à reconnaître, les engelures peuvent cependant être confondues avec Vérythème polymorphe, surtout dans ses formes papuleuses, mais en diffèrent par leurs conditions étiologiques et par leur localisation aux extrémités.
Certaines variétés de lupus érythémateux ont une grande analogie avec les engelures et ne s'en distinguent guère que par leur longue durée.
Les tuberculides nécroliqiœs ont été longtemps confondues avec les engelures . lorsqu'elles sont limitées aux extrémités elles s'en distinguent par leur apparition brusque, leur limitation exacte, leur coloration plus pâle, l'absence des sensations de chaleur et de prurit réveillées par l'exposition à la chaleur.
Les différents troubles trophiques des extrémités que l'on observe dans la lèpre, la sclérodermie, la syringomyélie, les névrites périphériques peuvent présenter Taspect des engelures, à tel point que la distinction ne repose que sur la constatation de lésions trophiques anciennes et sur la considération de l'époque de l'année à laquelle les altérations se développent.
Traitement. — Chez les sujets jeunes et lymphatiques atteints d'engelures, on administrera l'huile de foie de morue, les sirops d'iodure de fer et iodo- Jannique, les phosphates, etc.; chez les sujets âgés et artérioscléreux. on donnera les diverses préparations iodurées. Chez tous, on fera faire des inspirations d'oxygène et on prescrira des frictions simples ou alcooliques sur le tronc et la partie supérieure des membres.
(') V. Mibelli, Di una nuova forma di chcralosc ■< Angiooheraloma ». Giornalc Ualiano délie malaltie vencree, 1889, p. 285.
[GEORGES THIBIERGE.-i
lôO MALADIKS CUTANÉES.
Le traitement local conf^iï^le, dans les formes érylliémalcuses, en bains astringents (feuilles de noyer, feuilles d'eucalyptus, écorce de chêne) et, si le prurit est intense, en applications de pommades camphrées ou mieux mentholées (oxyde de zinc 20 gr., menthol 1 gr., vaseline 50 gr.).
Lorsque les engelures sont ulcérées, on les lavera avec des solutions antiseptiques faibles, on les saupoudrera de poudres antisepli({ues ou légèrement astringentes (sous-nitrate de bismuth, dermatol, sous-carbonate de fei-, etc.), ou on les pansera avec un emplâtre occlusif; si elles sont très irritées, on les pansera au Uniment oléo-calcaire: si elles sont torpides. avec le baume styrax ou au nitrate d'argent, en pommades ou en badigeonnages.
Les sujets prédisposés préviendroiil le développement des engelures en recourant à des bains astringents, en portant des chaussures suffisamment larges et en évitant l'exposition à toutes les sources directes de calorique.
ÉRYTHÈMES RADIOGI^^APHIQUES
Les rayons Rôntgen, employés dans un but expérimental, diagnostique ou thérapeutique, déterminent des lésions cutanées variées et parfois graves.
Description clinique. — Ces lésions consistent en plaques érythémateuses parfois très étendues, d'un rouge généralement vif, avec tuméfaction de la peau, qui est le plus souvent très douloureuse. Les lésions peuvent en rester là, être suivies seulement, au bout de quelques jours, d'une desquamation épidermique et de la chute des poils, et laisser après elles des taches pigmentées persistantes. Très souvent, il survient quelques jours plus tard des vésicules, des phlyctènes plus ou moins étendues, suivies ou non de la formation de croûtes; parfois des eschares, douloureuses ou indolentes, de profondeur variable, mais se détachant toujours lentement, succèdent à ces diverses lésions.
L'érythème radiographique ne succède pas immédiatement à laction des rayons Rôntgen, il se produit seulement au bout de quelques jours, souvent après plusieurs séances d'exposition aux rayons. L'exposition nouvelle d'une région déjà atteinte d'érythème provoque des lésions plus graves.
Chez les sujets qui, professionnellement (*), sont exposés fréquemment à l'action plus ou moins diffuse de ces rayons, la peau prend parfois un aspect brillant, lisse, rouge violacé analogue à celui des engelures, avec état parcheminé, épaississement léger du derme, exagération des plis et rides, desquamation de l'épiderme, chute des poils. Ces lésions s'observent surtout sur le dos des mains.
Étiologie et pathogénie. — L'érythème radiographique occupe les régions qui ont été soumises à l'action directe des radiations; il se développe aussi bien à la suite d'une seule exposition, même de courte durée, qu'à la suite de plusieurs expositions. On les observe surtout lorsque l'ampoule est placée à une faible distance de la peau. Il semble que certaines ampoules provoquent plus que d'autres l'apparition de l'érythème et il y a lieu de penser que, parmi les
(') P. RiCHER et A. LoNDE, Sur des cas d'érythème radiographique des mains. C. R. Acad. des sciences, 7A mai 1897.
INTERTRIGO. ir,7
diverses radialions .'iii\(|ii('ll('S(l()im('ii( naissance les ampoules de Crookes, ceiiaines soient i)lus nocives que d'autres.
Le rôle des diverses espèces de rayons, produits par les ampoules employées en radiographie, dans la production de ces lésions, n'est pas établi. Lorsque les caractères physiques de ces divers rayons et leur mode de production auront été élucidés, il sera peut-être possible d'éviter les accidents cutanés. Actuellement, les notions sur ces points sont trop rudimentaires, et les causes exactes (U's lésions consécutives trop mal déterminées, pour qu'on puisse, sans danger, appliquer ces rayons, comme on l'a proposé, au traitement de certaines dermatoses.
L'apparition tardive des lésions de l'érythème radiographique le diOerencie de; toutes les autres variétés d'érythèmes de cause externe et montre qu'il doit reconnaître une pathogénie spéciale. On peut supposer qu'il résulte de modifications chimiques des tissus évoluant à long terme. Oudin et Barthélémy l'attribuent à une névrite produite par les rayons Rôntgen, névrite dont les cirets cutanés se produisent non pas par action directe périphérique, mais par réflexion centrifuge (').
Anatomie pathologique. — Les recherches expérimentales de Darier montrent que, chez le cobaye, les rayons Rôntgen déterminent une hyperkératose considérable et une alopécie avec atrophie de la portion bulbaire des poils.
Traitement. — Le traitement de l'érythème radiographique est celui des ])rûlures.