DIATHÈSE ARTHRITIQUE
avec lendanco à riiypcrplasie, à la IransCoi-malion fibi-ousc, à la rétraction fibreuse, explique la IVécpuMice des scléroses viscérales ; Farthritisme exercerait une véritable influence sclérogène. M. Henry Cazalis a développé l'ort habilement ce thème (Contribulii))i à ht palliogénlc tie rtirUiritiainc , Paris, ISD5).
M. Renaut, de Lyon, a émis une vue théorique qu'il résume ainsi : « Le sièg'e des opérations aberrantes qui, dans leur complexité, réalisent l'arlhritisme en général, me paraît résider dans le tissu conjonctif lûche. Cette localisation m'apparaît comme un elïet secondaire et non comme un phénomène primitif. Le priinum movens de l'arthritisme est à mes yeux la rupture du parallélisme entre le déploiement de force neurale et le déploiement de force musculaire. Ce n'est pas un ralentissement de la nutrition qui commande la mise en train des complexus arthritiques, c'est l'exagération, la surproduction de force neurale qui, faute de trouver à s'utiliser en suscitant des mouvements corrélatifs, se dépense en actes interstitiels aberrants. L'énergie potentielle développée use les centres nerveux encéphaliques en actes psychiques, se déploie en combustions inter-organiques non motivées (azoturie, oxalurie, phosphaturie, mouvements congestifs). Les éléments migrateurs, restant plus longtemps dans un milieu intérieur (tissu conjonctif) à plasma vicié, s'emploient en échanges dont les collagènes font les frais. La stase lymphatique, invisible, mais réelle, devient à son tour la cause d'une multitude de lésions, les unes irritatives, les autres toxiques. L'homme moderne paie sa supériorité cérébrale; il paie aussi l'aide qu'il se fait donner par les animaux et par les machines, il paie son absence de sobriété. L'arthritisme le punit d'avoir fait en sorte que chez lui le liquide nourricier primordial, la lymphe, ne circule ])lus qu'à petite vitesse au sein du milieu intérieur connectif. »
La tendance à la néo-formation cellulaire constatée dans plusieurs maladies arthritiques pourrait peut-être être invoquée pour expliquer la fréquence des néoplasmes chez les arthritiques et plus particulièrement des épithéliomas, que la clinique a depuis longtemps signalée et sur laquelle a insisté Verneuil dans son enseignement.
Mais, si cette tendance à la prolifération épithéliomateuse est un fâcheux apanage des arthritiques, d'autre part leur aptitude à réaliser souvent du tissu fibreux est pour eux une sauvegarde contre l'invasion tuberculeuse. Pidoux avait signalé la marche relativement bénigne de la phtisie chez les arthritiques. Des observateurs comme N. G. de Mussy, Lasègue, ont confirmé cette vue, que corroborent encore des témoignages plus récents. ]\L Huchard a insisté en outre sur le rôle que joue la tendance des arthritiques aux congeslions [AsHOc. française pour VAv. des Se, Congrès de Rouen, 1885). En 1890, Sokolowski rappelait et la marche fibreuse de la phtisie chez les arthritiques, et la fréquence des hémoptysies.
La facilité avec laquelle les congestions et les hémorragies se font chez les arthritiques, qui incitait Cazalis à dénommer l'arthritisme la diathèse congestive, est une caractéristique clinique fort importante; elle suppose une instabilité très grande de la tension vasculaire, une sensibilité excessive des réflexes nerveux dans le système vaso-moteur; elle se lie à la grande nervosité qui est d'observation journalière chez les arthritiques. L'expression de neuro-arthritisme est une étiquette heureusement choisie pour catégoriser une variété fréquente (l'arthritisme, résultat de la convergence de l'hérédité névropathique et de
TRAITÉ DE MÉDECINE, 2^ édit. — I. 20
[P LE GENDRE
l'hérédité arlhiiluiuo, do rassociation do la diallièso aiihritiquo ol du lompéramont norvoux.
Sous dos influouces hyj^iôniques ou palhologlquos, les caraclôrisliquos chimiques et cliniques de l'arthrilisme peuvent apparaître chez des individus qui n'offraionl })as i\o \)i\v leur hérédité et leur innéité les attributs do cette diathèso. Ainsi chez dos lu])erculoux à évolution lente on peut voir survenir des phénomènes d'arthritisme : leurs lésions pulmonaires s'indurent et guérisseni ; ils engraissent, éliminent de l'acide urique en abondance, deviennent dyspepli({uos; ils peuvent rester sujets, comme les arthritiques, à des bronchites catarrhales, qui ne réveillent plus leurs foyers tuberculeux éteints. Cette diathèse urique artificielle, acquise, a été expliquée par les influences combinées de la suralimentation, de l'absence d'exercices de la diète lactée, et peut-être des troubles de la circulation porte, dus aux phénomènes abdominaux si fréquents dans la phtisie qui, retentissant sur le foie, détermineraient par son intermédiaire la formation exagérée d'acide urique (Sokolowski) (').
Dans des intoxications chroniques qui ralentissent la nutrition (plomb, alcool), on voit se produire certains phénomènes qui rappellent l'arthritisme, el dans la dilatation de l'estomac JM. Bouchard a vu la source d'une sorte d'arthritisme, y compris même des altérations articulaires.