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CONCURRENCE VITALE

el le Bacille charbonneux, a vu le premier prendre le dessus et le second subir môme une atténuation dans. sa virulence.

Il résulte des expériences de Freudcnreich que le Bacille du lait bleu, le Bacille pyocyanique, le Bacterium phospJiorescens et le Vibrion cholérique entravent dans une notable mesure, s'ils ne l'empochent pas complètement, la croissance des microbes que l'on implante dans les milieux où ils ont vécu.

En cultivant ensemble, dans le bouillon, le Bacille pyocyanique et le Bacille du charbon, Guignard et Gharrin ont vu que le premier l'emporte bientôt sur l'autre. Le Bacille du charbon dégénère de même rapidement quand on l'ensemence en forte proportion dans les produits solubles du Ijacille pyocyanique. Blagovetschensky est arrivé à un résultat analogue par des cultures sur gélatine.

On connaît également la grande difficulté, l'impossibilité même, d'après Grimbert et Nicolle, de parvenir à isoler le Bacille typhique lorsqu'il se trouve mélangé au Goli-bacille. C'est encore là, vraisemblablement, la conséquence d'un antagonisme ; car, si l'on ensemence môme en petite quantité le Coli-bacille dans un milieu où pullule le Bacille typhique, le premier prend une telle prédominance qu'il devient impossible, après quelques jours, de retrouver le Bacille typhique.

Il n'est donc pas douteux, en somme, que nombre de microbes ne se nuisent mutuellement dans les cultures artificielles, et cela pour plusieurs causes qu'il n'est pas facile d'apprécier exactement; car, pour connaître la raison de cet antagonisme, il faudrait pouvoir tenir compte de toutes les conditions qui peuvent le faire varier.

Ces résultats, ainsi que l'observation première de Pasteur sur la possibilité d'entraver, dans l'organisme animal, le développement du Bacille charbonneux par l'inoculation d'autres microbes, devaient naturellement conduire à la recherche de ce qui se passe dans les milieux vivants. Nous n'avons pas à relater les expériences faites à cet égard avec des microbes variés : qu'il nous suffise simplement d'ajouter que, si l'antagonisme se manifeste également chez l'animal, il faut bien se garder de conclure à l'identité de son mécanisme dans les milieux artificiels et dans le corps vivant.

Nous savons que les fermentations complexes exigent le concours d'agents aérobies et anaérobies, dont l'action se succède ou se superpose. Souvent, les premiers préparent le terrain aux seconds et les protègent contre le libre accès de l'oxygène de l'air. C'est là, en quelque sorte, un premier degré d'association, en rapport avec la différence des besoins nutritifs et des conditions nécessaires au développement.

Dans l'organisme animal, certains microbes, en diminuant la l'ésistance naturelle et en changeant les conditions de la lutte, servent d'auxiliaires à d'autres espèces, dont l'action pathogène se trouve ainsi facilitée ou augmentée. Nous n'avons pas à insister sur ce point.

Dans certaines fermentations, les relations entre les espèces qu'on y rencontre constituent une véritable symbiose.

Les boissons à la fois alcooliques et acides, telles que le koumiss et le kéfir. sont dues à l'action, sur le lait de jument ou de vache, de plusieurs organismes parmi lesquels se trouvent toujours des levures et des ferments lactiques. Bien que le rôle de chacun de ces organismes ne soit pas encore, surtout pour le koumiss, exactement déterminé, leur présence simultanée paraît nécessaire.

TRAITÉ DE MÉDECINE, 2° édit. — I. 4

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