EXPÉRIENCES DE A. ROBIN
Régime fixe 65,53 52,52 49,4 %
Même régime, 1250 gr. d'eau en plus. . . 05,53 34,76 55,2
Ces expériences sur l'animal ont été corroborées par des expériences que Genth (') et A. Robin ont faites sur eux-mêmes.
M. A. Robin conclut que l'addition au régime d'une grande quantité d'eau accroît notablement les oxydations sans augmenter la désintégration organique; car on peut prendre pour coefficient de ces oxydations le rapport de l'urée avec les matériaux solides pris en bloc.
En appliquant ces données physiologiques au traitement de l'obésité, M. A. Robin exphque les divergences des auteurs, dont les uns affirment que l'eau fait engraisser, tandis que les autres refusent à l'eau cette influence. Tous ont raison, dit-il. On devient gras de deux façons : tantôt parce que l'assimilation augmente, et tantôt parce que la désassimilation diminue. Dans le premier cas l'eau doit être proscrite, dans le second elle est inoffensive.
Le point délicat est de savoir à quelle variété d'obèses on a affaire. Dans ce but il faut avoir recours au dosage de l'urée et diviser les obèses en trois catégories, suivant que l'urée est augmentée, stationnaire ou diminuée. Lorsque le chiffre de l'urée est stationnaire, ce qui est le cas le plus fréquent, il faut calculer le coefficient d'oxydation; son élévation permet d'affirmer qu'on se trouve en présence d'un obèse par excès d'assimilation, et sa diminution, d'un obèse par défaut d'assimilation.
Dans le premier cas, de même que s'il y a augmentation de l'urée, l'eau et les liquides doivent être proscrits du régime; dans le second, de même que s'il y a diminution de l'urée, on peut permettre aux obèses de boire à volonté.
(*) M. le D' E. Callamand, auteur d'une bonne Thèse sur le Rnle de Veau dans la nutrition, et dune revue critique sur la question qui a paru dans les Arch. gén. de méd. en 1880, a fait une étude attentive des expériences de Genth et a trouvé dans les tableaux de celui-ci la Ijreuve que l'eau ne fait ni engraisser, ni maigrir; la quantité d'eau ingérée variant de 0 à 4 litres, le poids du corps est resté constant. M. Callamand s'étonne, non sans raison, qu'on ait trop négligé à ce propos les expériences de Boussingault, expérimentateur de premier ordre; elles portaient sur des animaux de ferme, chevaux, vaches, taureaux, moutons et furent très nombreuses, tandis que Genth n'opérait que sur lui-même. Leur durée était considérable, de plusieurs mois, et elles ont été variées de bien des façons. Il en résulte que l'eau, prise en excès, n'a jamais d'effet utile, qu'elle n'est d'aucun profit à ranimai, ni d'ailleurs cause d'aucune perle.
M. Debove a repris sos recherches en expérimentant non plus sur une liystérique, mais sur trois sujets ^ains, dont son élève M. Flamant. Il les fit s'alimenter exclusivement de viande crue, de pain frais et d'eau pendant toute la durée de l'expérience (r)S jours dans un cas). Une fois l'équilibre de poids obtenu, la quantité d'eau a été doublée et triplée, la quantité de pain et de viande restant invariable; dans ces conditions et pendant toute la durée de la seconde partie de l'expérience, ni le poids du corps, ni le chitîre de l'urée excrétée par l'urine n'ont varié. M. Debove a donc maintenu sa première conclusion, à savoir que la quantité d'eau ingérée n'a pas d'intluence sur la nutrition, à moins qu'elle ne soit restreinte à une privation presque absolue qui alors peut faire maigrir en troublant la digestion.
Le désaccord entre les résultats obtenus par M. Debove et M. A. Robin vient probablement, suivant ce dernier, de ce que les deux expérimentateurs ne se sont pas placés sur le même terrain. M. Debove a commencé par faire maigrir les sujets de ses expériences jusqu'à ce que leur poids soit resté fixe, moment où il double et triple leur ration d'eail; dans ces conditions il n'est pas étonnant qu'ils n'engraissent pas; car l'eau n'a aucune action sur l'assimilation chez les individus qui, sous l'influence d'un certain régime, ont déjà perdu toute la quantité de poids qu'ils étaient susceptibles de perdre. M. Robin, lui, a opéré sur des obèses.
Depuis cette discussion M. Briquet (') a fait connaître la fréquence de l'obésité chez certains ouvriers d'Armentières, les « pareurs », qui encollent le fil dans les tissages de toile. Ces hommes travaillent 10 à 11 heures par jour dans une atmosphère surchauffée (oo", 45** et même 50" l'été) et chargée de vapeur d'eau. On compte parmi eux 51 pour 100 d'obèses, tandis que l'obésité ne se rencontre que chez 5 pour 100 des ouvriers employés dans les autres ateliers des mêmes tissages.
M. Briquet, frappé avec juste raison de cet écart énorme, en rechercha les causes. Ces pareurs dépensent beaucoup de forces, pourtant 80 pour 100 dentre eux sont petits mangeurs et ont une nourriture surtout azotée. En revanche, ayant des sueurs abondantes, ils boivent beaucoup (5 litres par jour, souvent plus en été). Outre les boissons destinées à compenser leurs pertes d'eau par sudation, ils prennent de l'alcool (de 1 verre à 1/2 litre), mais les autres ouvriers non obèses en boivent autant. Leur boisson comprend 5 litres de bière (contenant de l'alcool et de la dextrine), mais c'est une bière peu nutritive, et d'ailleurs les autres ouvriers en boivent autant sans engraisser comme eux, de sorte que c'est surtout à la quantité des liquides qu'on doit attribuer leur obésité. La présence d'une grande quantité de vapeurs d'eau dans l'atmosphère où ils vivent doit jouer également un rôle; car les lustreurs des retorderies de fil de lin à Lille, qui travaillent dans une température de 40 à 45'', mais sèche, sont presque tous maigres. Enfin Briquet (d'Armentières) admet : 1" avec Debove que chez l'homme sain, si on augmente brusquement pendant 2 ou 5 mois la quantité d'eau ingérée, on ne produit pas d'engraissement; — 2'' avec A. Robin, que chez l'homme obèse l'eau est indifférente dans certains cas, nuisible dans d'autres; ■ — 3" qu'un homme, travaillant plusieurs années dans une atmosphère chaude et humide et obligé à boire beaucoup, a une tendance marquée à l'engraissement.
L'alcool en tout cas favorise l'obésité par plusieurs mécanismes : en produi-
(') Annales d'hygiène, 1895. . •
446 DYSCRASIES LIPOGÈNES.
sant la dyspepsie, en ralentissant la nutrition, puisqu'il diminue l'excrétion d'urée et l'exhalation d'acide carbonique par la voie pulmonaire, ou, comme on l'a dit aussi, en empêchant le sucre de s'oxyder complètement, de sorte que celui-ci fournit de la graisse au lieu d'aboutir à l'état d'eau et d'acide carbonique.
M. Carrez (') pense aussi que la chaleur humide possède une certaine action ralentissante de la nutrition après accoutumance, l'évaporation à la surl'ace du corps étant considérablement amoindrie.
Enfin une part doit être attribuée dans certains cas d'obésité à Vinfîuence du système nerveux^ mais le mécanisme en est encore assez obscur. On a d'abord remarqué que l'adipose sous-cutanée apparaissait dans certaines régions sous l'influence de névralgies, ou accompagnait des troubles trophiques du système musculaire, Bonnefin (1860), Beziel (1864). Collette, dans une thèse inaugurale inspirée par Gubler (1872), a signalé l'adiposité au voisinage de phlegmasies mono-articulaires. Duchenne de Boulogne avait déjà noté la lipomatose des régions paralysées. M. Fernet et M. Landouzy ont insisté sur l'adiposité souscutanée dans des sciatiques avec amyotrophie, et ce dernier (Thèse de Vergnes, 1878), dans les hémiplégies de cause cérébrale.
Si dans quelques cas on a pu faire jouer un rôle dans la production des adiposes locales à une insuffisance du myocarde, aboutissant à des stases, à des œdèmes qui fournissent des éléments à la surcharge graisseuse de certaines régions, il est plus naturel d'admettre qu'en général la graisse s'accumule dans les parties paralysées, soit parce que les muscles, ne fonctionnant plus, cessent de brûler la graisse, soit parce que l'oxydation de la graisse est enrayée, comme les autres combustions locales, par les troubles vaso-moteurs qui existent dans les membres paralysés.
En généralisant ces faits, on arrive à s'expliquer la coïncidence de certaines affections nerveuses avec l'obésité. On voit assez souvent des hystériques attenites d'une polysarcie monstrueuse; M. Bouchard, en 1875, a prouvé que certains accidents de l'hystérie s'accompagnent d'un extrême ralentissement de la nutrition; et si, en dehors de certaines manifestations déterminées de leur névrose, les hystériques ont une nutrition normale (G. de la Tourette et Cathelineau), il ne nous répugne pas d'admettre que chez quelques-uns de ces sujets l'inhibition des mutations nutritives puisse être exercée par le système nerveux sur la destruction des matières grasses. De même que l'hyperglycémie qui se traduit par le diabète peut résulter d'une influence nerveuse, il est admissible qu'il puisse exister une lipémie et une adipose généralisée d'origine nerveuse. Maintenant que nous connaissons le rôle joué par le ferment lipase dans la disparition de la graisse comme celui du ferment glycotique dans celle du sucre, n'est-il pas permis, en invoquant l'action du système nerveux sur la sécrétion des ferments, de rapprocher l'action inhibitrice du système nerveux sur la sécrétion du ferment lipase comme sur celle du ferment glycolytique?
Mais, quel que soit le mécanisme chimique intime de l'obésité, — et c'est une acquisition précieuse sans doute que la connaissance récente du rôle des ferments — , le clinicien comme le pathologiste ne peuvent se refuser à accorder la plus grande part dans la pathogénie de l'.obésité à une influence constitution-
(') De V influence des boissons et du milieu sur la production de l'obésité. Thèse de Paris, 1897.
OBÉSITK. 447
nello hôrédilairo cl, diathésique. Nous concluons avec MM. Proust cl A. Mathieu (') (|uc, si les deux i'acteurs de rohésité sont, en résumé, l'excès des rec(;ttes et rinsullisancc des dépenses, ils ne jHMivcnt rien dans les conditions de la vie normale sans une modification héréditaire de l'activité cellulaire, une viciation préalal)l(î de l'innervation trophi(|ue. A c(^ point de vue nous maintenons que l'obésité est une des modalités de rarthritisme(^).
Traitement. — L'obésité devait élre moins répandue chez les Grecs, du moins avant l'épocpie de leur décadence, qu'elle ne l'est devenue dans les temps modernes; l'usage passionné des exercices physiques était la meilleure prophylaxie. Néanmoins il y avait des obèses, et le souci qu'avaient les contemporains d'IIippocrale de maintenir leurs formes dans des proportions eslhélicjues, se traduit dans les livres Hippocratiques par l'indication du régime à suivre pour perdre ou gagner de l'embonpoint : « Les gens gras et tous ceux qui veulent devenir plus minces doivent faire à jeun toute chose laborieuse et se mettre à manger encore essouflés par la fatigue, sans se rafraîchir, et après avoir bu du vin trempé et non très froid; leurs mets seront apprêtés avec du sésame, des douceurs et autres substances semblables et ces plats seront gras; de cette façon on se rassasiera en mangeant le moins, mais en outre on ne fera qu'un repas, on ne prendra pas de bain, on couchera sur un lit dur, on se promènera autant qu'on le pourra. » Dujardin-Beaumetz fait remarquer que le Père de la médecine indique déjà le procédé qu'Ebstein a de nos jours remis en honneur, l'usage des aliments gras dans la diététique de l'obésité, en spécifiant que leur utilité est de rassasier av(?c une moindre quantité de nourriture, et c'est peutêtre à ce seul but qu'arrivent tous les régimes spéciaux préconisés par les modernes. Il avait compris aussi la nécessité de prendre l'exercice à jeun.
A Rome, au temps des empereurs, l'obésité était devenue d'une extrême fréquence, et cependant il ne semble pas que les médecins de l'époque se soient mis en grands frais d'imagination pour la guérir. A vrai dire, l'utilité de l'hydrothérapie et des stimulations cutanées était comprise : Galien conseille les bains chauds salés, Arêtée de Cappadoce les bains de mer froids et les frictions sèches.
Dans un cas d'obésité sans doute monstrueuse, on eut l'idée de faire une opération que M. Demars a depuis mise en pratique (^) : « Un naturaliste romain raconte, écrit .J.-P. Franck, que des médecins enlevèrent de la graisse, avec l'instrument tranchant, au fils d'Apronius pour diminuer le poids de son corps. »
Dans les temps les plus rapprochés de nous on ne trouve à signaler historiquement que deux médications : la cure par le vinaigre scillitique, qui s'est conservée dans le vulgaire, et le savon pris à l'intérieur à haute dose, 15 grammes par jour. — La médication acide est à double face. Si les acides pris en petite quantité ou accumulés dans l'organisme diminuent la destruction de la graisse en rendant les oxydations moins actives, comme nous l'avons dit à propos de la pathogénie, pris en grande quantité ils produisent l'amaigrissement, en altérant la constitution chimique des éléments anatomiques : ils détruisent la charpente minérale des cellules et obligent ainsi la matière organique à se décomposer également. Mais cette destruction a plus d'inconvénients que d'avantages; les jeunes filles, qui réussissent à se faire maigrir en buvant du vinaigre en
(*) Uhygiène des ohèsen. Paris, 1897.
(*) Rapport au Congrès inlernalional de médecine de Moscou (1897).
(^) Progrès médical, 1890.
[P. LE GEJVDKr ]
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cachette, aboutissent trop souvent aussi à ruiner leur estomac et à rendre leur organisme plus vulnérable aux germes infectieux, à la tuberculose notamment. — L'emploi des savons à dose modérée peut avoir quelque utilité en rendant plus facile la dissolution des graisses alimentaires dans le tube digestif, c'est-àdire en favorisant leur passage dans le sang sous la forme la plus promptemenl oxydable; mais, quand on les prescrivait à la dose énorme que je viens de rappeler, on n'obtenait probablement l'amaigrissement qu'en amenant le dégoût et la diminution de l'alimentation.
C'est vers le milieu de ce siècle que le traitement de l'obésité est entré dans une période de recherches scientifiques basées sur la chimie et la physiologie. Les médecins nombreux qui s'en sont occupés ont fait preuve de l'imagination la plus inventive, et on peut dire que, si le problème n'a pas encore été résolu, ce n'est pas faute d'avoir été posé de toutes façons.
Un médecin militaire français, Dancel, qui servait dans la cavalerie, a attaché son nom à une méthode de traitement dont les fondements sont la restriction des boissons à un ou deux verres par repas (200 ou 400 grammes), la suppression des aliments contenant beaucoup d'eau comme les soupes, ainsi que des graisses et des fécules, l'exercice à pied et l'usage fréquent des purgatifs. L'influence de l'eau et des aliments aqueux sur l'augmentation de volume de l'abdomen des chevaux avait été le point de départ de ses recherches. Cette méthode suivie. très exactement donne des succès incontestables en tant que diminution du poids; M. C. Paul citait, en 1886, à la Société des Hôpitaux, une de ses clientes qui s'était maintenue depuis dix ans à un {îoids raisonnable en observant les règles de Dancel. Mais les inconvénients sont l'insuffisance des liquides et l'irritation du tube digestif. Bon nombre d'obèses, en leur qualité d'arthritiques, sont atteints de lithiase biliaire ou rénale; quand ils ne prennent pas une quantité suffisante de boisson, le sable biliaire et l'acide urique cessent de s'éliminer et les coliques hépatiques ou néphrétiques peuvent se manifester. L'usage fréquent des purgatifs n'est pas sans inconvénient pour la muqueuse intestinale.
La diminution des boissons a été acceptée comme une nécessité par Harvey, inventeur du système qui porte le nom de Banting, par Ebstein, par OErlel surtout. Dans ces dernières années M. Debove et G. Sée en France ont voulu réagir contre l'ostracisme dont les liquides étaient frappés par les inventeurs des méthodes en vogue.
Mais, pour ne pas rompre la succession chronologique des systèmes contre l'obésité, je vais exposer ceux de Ilarvey-Banting, d'Ebstein et d'OErtel d'après les leçons de Dujardin-Baumetz (').
Régime de Harvey-Banting. — Voici le régime que suivit Banting, négociant de Londres soigné par le docteur Harvey.
<< Déjeuner (neuf heures du matin) avec 5 ou 6 onces (155 à 186 grammes) de bœuf, mouton, rognons, poisson grillé, lard fumé (bacon) ou de viande froid<? quelconque, sauf porc ou veau, une grande tasse de thé ou de café, sans sucre, sans lait, un peu de biscuit, ou une once (51 grammes) de pain grillé (dry toast); en tout 6 onces (186 grammes) de nourriture solide, 9 onces (279 grammes) de liquide.
(') Uhygiènc alimentaire. Conférences de thérapeutique de l'hôpital Cochin, 1885-Ï6.
OHPJSITE. 449
« Dînor (doux heures du soir) avec- 5 ou 0 onces (155 .-'i 18(5 grammes) de ])oisson (luelconque, excepté saumon, liarenj^ ou anguille, ou un même poids de viande (pielconque, exceplé porc et veau, ou légume quelcon({ue, excepté pommes de terre, panais, Ix'tlerave, navet, carotte; l once (51 grammes) de pain grillé, du fruit, d'un pudding non sucré, de la volaili*; ou du gibier, et deux ou trois verres de bon vin rouge, xérès ou madère (Champagne, Oporlo et bière sont défendus); en tout 10 à ri onces (510 à 572 grammes) de nourriture solide et 10 onces (510 grammes) de liquide.
« Thé (six heures du soir) avec 2 ou 5 onces (62 à 95 grammes) de fruit cuit, un échaudé (rusk) ou deux et une tasse de thé sans lait, sans sucre, en tout, de 2 ù 4 onces (1)2 à 12i grammes) de nourriture solide et 9 onces (279 grammes) de liquide.
« Souper (neuf heures du soir) avec 5 ou 4 onces (95 à 124 grammes) de viande ou de poisson, comme à dîner, un verre ou deux de vin rouge ou de Xérès coupé avec de l'eau : en tout 4 onces (124 grammes) de nourriture solide et 7 onces (217 grammes) de liquide.
« A l'heure du coucher, au besoin, un grog de genièvre, de whisky ou d'eaude-vie sans sucre ou un verre ou deux de vin rouge ou de Xérès. »
RÉGIME d'Ebstein. — Ebstciu indique en détail, à peu près ainsi, le régime qui convient à un adulte :
Par jour ne faire que 5 repas.
1" Déjeuner. Une grande tasse de thé noir (environ 250 centimètres cubes), sans lait ni sucre, 50 grammes de pain blanc ou de pain de ménage grillé, et beaucoup de beurre. Ce déjeuner se fera, en été, entre 6 heures et 6 heures et demie, en hiver vers 7 heures et demie.
2" Dîner (entre 2 heures et 2 heures et demie). Une soupe (contenant souvent de la moelle osseuse); de 120 à 180 grammes de viande grasse soit rôtie, soit bouillie, et préparée avec une sauce grasse. Légumes en proportion modérée, donner surtout la préférence aux légumineuses, mais user aussi des diverses espèces de choux; par contre, s'abstenir de pommes de terre et de navets en raison du sucre que contiennent ces substances alimentaires. Salade ou fruits secs sans sucre. Pour le dessert, des fruits frais; comme boisson, de 2 à 5 verres de vin léger. Aussitôt après ce repas, une grande tasse de thé noir sans lait ni sucre.
5° Soupe (entre 7 heures et demie et 8 heures). En hiver régulièrement, en été, de temps à autre une grande tasse de thé noir sans lait ni sucre, un œuf, et, en variant, du rôti gras, du jambon, du cervelas, du poisson fumé ou frais, 50 grammes de pain blanc avec beaucoup de beurre, parfois un peu de fromage ou des fruits frais.
Il est bien entendu, ajoute Ebstein, que les sujets obèses doivent non seulement introduire dans leurs aliments des substances grasses, mais en ingérer en quantité relativement considérable; aussi convient-il de leur recommander le bon beurre, la viande grasse, la sauce grasse, les jambons gras, les poissons gras, les pâtés de foie gras, etc. Par contre, on proscrira les hydrocarbures et les substances qui en contiennent : pommes de terre, farineux, gâteaux, sucre, lait, bière, eau-de-vie, Champagne, etc.
RÉGIME DE J. Oertel. — Ocrtcl s'est proposé de traiter par son régime deux
TRAITÉ DE MÉDECINE, 2° édit. — I. 20
[P. LE GENDRE
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catégories de malades, les obèses atteints de cardiopathies primitives ou secondaires et les obèses simples. L'alimentation doit varier suivant que les troubles circulatoires sont causés par des lésions organiques des appareils circulatoire et respiratoire, ou seulement par l'embonpoint et la surcharge graisseuse du cœur. Tandis que les malades de la première catégorie seront obligés de se soumettre à un régime sévère pendant toute leur vie, ceux de la seconde pourront, au contraire, obtenir quelques concessions quand leur obésité sera enrayée.
"N^oici le régime d'OErtel :
Le matin, une tasse de café ou de thé avec un peu de lait, 150 et 75 grammes de pain.
A midi, 100 grammes de soupe, 200 grammes de bœuf bouilli ou rôti, veau, gibier ou volaille pas trop grasse; salade ou légumes à volonté, ou encore du poisson préparé avec peu de graisse; 25 grammes de pain; de temps en temps 100 grammes au plus de gâteaux. Comme dessert, 100 ou 200 grammes de fruits, frais de préférence. On fera bien à midi de s'abstenir de boissons; dans les grandes chaleurs, et si l'on n'a pas de fruits, on pourra prendre de un sixième à un quart de litre de vin léger.
Dans l'après-midi, même quantité de café ou de thé, avec un sixième d'eau tout au plus; exceptionnellement 25 grammes de pain.
Le soir, un ou deux œufs à la coque; 150 grammes de viande, 25 grammes de pain; quelquefois un peu de fromage, de salade ou de fruit. Comme boisson, régulièrement, un sixième ou un quart de litre de vin et, s'il est nécessaire, un huitième de litre d'eau.
C'est une règle de ne jamais permettre une grande quantité de liquides pour un repas, mais de fractionner la quantité permise pour une journée. L'ingestion de l'eau est toujours mieux supportée dans les aliments qu'en boisson, parce que, dans le premier cas, elle arrive par petites quantités à la fois dans le système vasculaire,et les pertes viennent bientôt rétablir l'équilibre.
Les malades qui, après avoir été atteints d'obésité simple, sont guéris, peuvent augmenter les liquides : à midi, 1 ou 2 A-erres de vin, et le soir une demibouteille de vin et un quart de litre d'eau. La bière sera exceptionnellement permise (1 demi-litre ou 1 litre par jour), à condition de surveiiler le poids du sujet, et d'établir avec soin l'équivalent de graisse dans son alimentation, mais on l'abandonnera dès que les symptômes d'obésité se montreront à nouveau.
Régime de Vogel. — Premier déjeuner : du café sans sucre ni lait, du pain grillé ou du biscuit sans beurre.
Second déjeuner : 2 œufs à la coque, du jambon cru et maigre ou un peu de viande maigre, une tasse de thé ou un verre de vin aigrelet.
Dîner : Une assiette de soupe légère, de la viande maigre, soit bouillie, soit rôtie; quelques pommes de terre, un peu de pain, des légumes verts ou de la compote. Pour l'après-midi, du café noir. Le soir, du bouillon ou du thé, de la viande froide, du jambon maigre, des œufs à la coque, de la salade et un peu de pain.
Régime de G. Sée ('). — « Le régime physiologique comprend 120 à 150 grammes de principes azotés, provenant de 250 à 500 grammes de chair musculaire ou d'albuminates, de 80 à 120 grammes de graisses neutres, plus 250 grammes
(*) Du régime alimentaire, Médecine clinique, t. V, 1887.
OHKSITÉ. 451
d'hydfocarbures rouniis par iOi) .à -MJd ^laiiiiiK's de léculo ou de sucre; ces proportions doivent être modiliées de façon (jue les substances musculoalbumineuses ne dépassent pas sensiblement la ration normale, car la viande en excès, en se dédoublant, formerait elle-même la graisse; les corps gras faciles à digérer peuvent sans inconvénient cire utilisés à la dose de 00 ou IM) grammes; les hydrocarbures seront réduits au minimum; quant aux aliments herbacés, ils ne contiennent rien de nutritif.
« Les boissons, loin d'cire supprimées, seront augmentées pour faciliter la digestion stomacale et activer la nutrition générale; mais il faut supprimer les liquides alcooliques, la bière surtout, ainsi que les eaux minérales, comme usage habituel. Elles seront remplacées par des liquides caféiques, et surtout par les infusions (chaudes autant que possible) de thé.
« Les exercices musculaires, quels qu'ils soient, s'imposent à 1 obèse. »
RéCxIme de Schwenninger. — Sept heures du matin : une côtelette de mouton ou de veau, ou un morceau de sole, grand comme la paume de la main, avec une même quantité de pain sans beurre.
Huit heures : une tasse de thé avec sucre.
Dix heures et demie : un demi petit pain fourré de viande ou de saucisse.
Midi : pas de potages, ni de pommes de terre. Deux verres de vin blanc, légumes verts, viande, œufs, fromage, orange.
Quatre heures du soir : thé avec sucre.
Sept heures : petit pain avec fromage.
Neuf heures : viande froide, œufs, salade, etc., ad libitum deux verres de vin et même plus.
Pour obtenir une forte déperdition de graisse, sans déperdition d'albuminoïdes, Dapper(^), opérant sur lui-même, a obtenu les résultats les plus satisfaisants avec un régime composé de oOÛ grammes de viande, 84 grammes d'œufs, 100 grammes de caviar, 45 grammes de gâteaux, 50 grammes de graisse, 200 grammes de salade, 400 grammes de bière en moyenne, 500 grammes de café, et 700 grammes d'eau. Il obtint par ce régime une perte totale de poids de 4 kilogr. 5 et voici le tableau des modifications quotidiennes.
Perte quotidienne de poids 0''",542
Accroissement d'albuminoïdes 0'''',025
Perte de graisse 0'''',115
Perte d'eau et de sels 0''",'25'2
Dujardin-Beaumetz, analysant et critiquant ces divers régimes, a fait remarquer que, dans tous les cas, le régime imposé aux obèses est toujours un régime insuffisant. Il suffit pour s'en convaincre de consulter le tableau suivant :