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COMMENT MEURENT LES UIABIÎTIOUES

croyail avant Tri-c de la cliirurgie aseptique, d'entreprendre des opérations eliez les diabétiques. Dans bien des cas on en opère avec succès aujourd'hui pour la cataracte; on a amputé chez les diabétiques des membres atteints de «^an^rène. drainé des phlegnions, incisé des anthrax. Mais il ne faut tenter que les opérations strictement nécessaires, car l'issue en est toujours incertaine.

Le foie, le rein, l'appareil circulatoire sont trois points faibles chez le diabéli([ue.

Le premier de ces organes n'est probablement jamais sain dans le diabète; si l)ien que certains pathologistes ont fait pivoter toute la maladie autour de lui. ('hez la plupart des diabétiques, le foie est augmenté de volume, soit par hyperhémie d'origine nerveuse, soit par hypertrophie des cellules qui travaillent avec suractivité.

Le diabétique polyphage soumet d'ailleurs son foie à un surmenage digestif et, pour peu qu'à la quantité excessive des aliments s'ajoute leur mauvaise qualité, notamment l'abus des boissons alcooliques, la sclérose, favorisée par l'état défectueux de tout le système artériel, évolue aisément. La cirrhose du foie est un des épiphénomènes du diabète, et au cours de celle-ci l'altération de la cellule hépatique aboutit parfois à l'insuffisance, à l'auto-intoxication et à son complexus bien connu, l'ictère grave secondaire.

Le rein est surmené par l'élimination incessante du sucre et des poisons qui se forment chez le diabétique par une désassimilation azotée imparfaite; il est le siège de la dégénérescence hyaline des cellules épithéliales, de l'infiltration glycogénique, décrites par Armanni et Erhlich, de la nécrose d'Ebstein et Straus. Aussi l'albuminurie est-elle fréquente chez les diabétiques et la terminaison par urémie n'est-elle pas insolite chez eux.

Les altérations de l'appareil circulatoire pivotent surtout autour de l'artérite. Les gangrènes par ischémie constituent une des menaces les plus graves pour les diabétiques. Les endocardites et les péricardites sont des causes de mort plus exceptionnelles. L'angine de poitrine a été vue quelquefois.

Quand l'insuffisante irrigation des tissus par suite de l'artérite a mis ceux-ci en infériorité nutritive, l'apport accidentel des agents infectieux vient faire éclater la complication redoutable, qui peut être, suivant les cas, le sphacè'e d'un membre ou l'endopéricardite septique. Le diabétique, en effet, fournit un terrain de culture favorable à tous les microbes. Il doit se tenir sans cesse en garde contre les agressions infectieuses.

P. Ernst rencontra chez un diabétique le staphylococcus aureus, des bacilles du côlon, des saccharomycètes et l'aspergillus fumigatus {Arch. f. patli. annt., XXXII, T)).

Chez un chien rendu diabétique par l'extirpation du pancréas, Charrin et Gley ont vu se développer quatre infections distinctes : une kérato-conjonclivite due au staphylococcus albus, un phlegmon dans le foyer duquel vivait un bacille se rapprochant du bacilluscoli, la tul)erculose péritonéale avec le bacille de Koch et le staphylococcus aureus dans les lésions bacillaires suppurées (■S'oc. de bioL, A mars 1895).

L'infection tuberculeuse est une de celles qui menacent le plus le diabétique dans les grandes agglomérations humaines. Elle s'installe insidieusement et évolue en général avec rapidité. Il n'est pas rare que le sucre disparaisse des urines lorsque la tuberculose est en pleine évolution, principalement sous l'influence de la fièvre, qui active les oxydations.

[P. LE GENDRE

J'ai soigné, à la Maison municipale de santé, un représentant de commerce dont rhistoire est assez caractéristique à ce point de vue. Fils d'un père diabétique et dune mère obèse, ayant un frère obèse, il avait atteint lui-même le poids de 106 kilogrammes. Cet arthritique de race avait éprouvé pendant la guerre franco-allemande de poignantes émotions auxquelles il attribuait l'origine d'un diabète que lui révélèrent les taches blanchâtres produites par son urine sur son pantalon. Polydipsique, polyphage et polyurique, il a excrété pendant quinze ans 40 grammes de sucre par litre d'urine. Malheureusement pour lui, il n'étanchait pas sa soif avec des boissons inoffensives, et prenait quotidiennement jusqu'à vingt consommations alcooliques. Un beau jour son appétit disparut, son obésité tomba (en un mois il perdit 40 kilogrammes), ses jambes faiblirent, sa vue se troubla, sa puissance génitale* — qui avait, paraît-il, résisté à quinze années de glycosurie — fut subitement abolie. Une petite toux sèche apparut ; bientôt l'expectoration suivait, d'abord muco-purulente, puis franchement purulente et nummulaire. Quand il fut amené dans mon service, c'était un phtisique. Il n'avait plus ni polyurie, ni glycosurie. Il ne tarda pas à succomber. Sa tuberculose l'avait tué en cinq mois.

Si cette marche rapide est habituelle, je puis citer un cas où un diabétique arthritique fut tuberculeux pendant de longues années. Général quand je le vis pour la première fois, il avait eu une hémoptysie étant sous-lieutenant, avait été reconnu par hasard diabétique au cours d'une active existence, et, quoiqu'il ne se soignât que très irrégulièrement, n'avait jamais eu de forte glycosurie; de temps en temps il souffrait des atteintes de bronchites prolongées et de congestions pulmonaires dont la nature tuberculeuse avait été diagnostiquée; mais sans doute ses lésions se sclérosaient au fur et à mesure, et c'est à un âge relativement avancé qu'il a succombé. Pendant les derniers mois de sa vie, il n'y avait plus que des traces de sucre dans ses urines.

Le pneumocoque est aussi l'agent destructeur de certains diabétiques, chez lesquels la pneumonie peut évoluer avec des allures remarquablement insidieuses. J'ai vu un de mes clients, petit diabétique, très rapidement enlevé par une pneumonie pendant laquelle il toussait à peine et semblait n'avoir pas conscience de la dyspnée excessive que dénotaient le nombre et la violence de ses mouvements respiratoires. La pneumonie peut évoluer presque sans fièvre.

Le streptocoque et les staphylocoques emportent des diabétiques par des suppurations de toutes les régions où peuvent se produire des anthrax, des furoncles, des phlegmons. Chez une de mes clientes, au cours d'un érysipèle de la face des plus bénins, une parotidite suppurée se déclara; M. Hartmann eut beau drainer la parotide aussitôt et aussi complètement que possible, la malade n'en succomba pas moins en peu de jours dans un état d'adynamie profonde.

Cependant, quand la suppuration siège en des régions moins fâcheuses, plus accessibles, on peut obtenir de meilleurs résultats chez les diabétiques même fortement glycosuriques. J'ai soigné à la Maison Dubois une brave cuisinière diabétique et obèse chez laquelle, après une série de furoncles en divers points du corps, se forma à la région lombaire une masse anthracoïde volumineuse. Quand elle entra dans mon service, elle rendait 185 grammes de sucre par vingt-quatre heures; son anthrax avait déterminé des décollements étendus. Pendant plusieurs jours je la soumis à des pulvérisations phéniquées multipliées, en même temps que j'instituais une thérapeutique antiglycosurique (15 grammes de bicarbonate de soude par jour, et du sulfate de quinine (aux

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doses décroissantes de h'^aO d'abord, puis d(î I fi^ramme ol de 0^' JiO) associé à de l'extrait de valériane). .Au hont de huit jours, la glycosurie étant encore de I io grammes, je priai M. Tuilier d'intervenir localement : la masse anthracoïde lut largement incisée, les noiubrcuix clapiers ouverts et nettoyés; on fit des pnnsemonts antisei)tiques humides. J'eus la satisfaction de constater une améliol'alion rapide de cette vaste plaie. La glycosurie, traitée successivement par larséniate de soude et la strychnine, décrut si bien qu'au bout de six semaines 1:1 malade sortit après cicatrisation complète et n'excrétant plus que 20 grammes de sucre par jour.

Parmi les autres dangers qui menacent le diabétique, il en est encore contre lesquels on peut le prémunir : ainsi l'abus des Ijoissons alcooliques et celui des médicaments. Une opinion trop généralement répandue parmi les gens du monde, c'est que le diabétique, ayant besoin de toniques, doit user largement de vin et même d'alcool; or, il n'est pas douteux que c'est là une pratique dangereuse. Le foie n'est peut-être jamais intact chez le diabétique; il est habituellement gros et disposé aux poussées congestives; la cirrhose est fréquente. L'usage libéral du vin ne peut être bon et l'alcool est détestable. Trop de diabétiques prennent ces vins médicamenteux, dont la mode règne d'une façon si fâcheuse; la rt^clame incessante qui se fait en faveur de ces associations complexes de raL'dicaments réputés antidéperditeurs ou dynamophores finit par convaincre les malades de leur efficacité, et ils en prennent même sans nous consulter; les formules en sont innombrables et se réclament malheureusement de noms médicaux quelquefois. Un de mes clients, que j'avais exhorté à supprimer le verre de cognac dont il avait une ancienne habitude, crut m'être agréable en m'annonçant, à une visite ultérieure, qu'il avait substitué au pernicieux cognac un vin médicamenteux vendu sous un nom semblable au mien : je protestai avec énergie contre cette paternité qu'il m'attribuait indûment.

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