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CHAPITRE ^ PSEUDO-TUBERCULOSES

L'expression de pseudo-tuberculose ou tuberculose atypique {^) s'applique à une série de faits fort disparates, n'ayant comme caractère commun que l'existence de petites tumeurs dont l'aspect macroscopique rappelle celui du tubercule; autrement dit, on fait rentrer dans ce groupe tous les cas où des lésions granuliques ne sont pas sous la dépendance du iDacille de Koch. Il serait tout aussi logique d'y ajouter la morve et certains cas de pyohémie miliaire.

Nous conservons l'expression, parce qu'elle est généralement usitée et que tout le monde s'entend à ce sujet, à la condition de faire suivre le mot pseudotuberculose d'une épithète qui serve à spécifier de quelle espèce il s'agit. C'est qu'en effet les pseudo-tuberculoses sont fort nombreuses; on peut les diviser en quatre groupes :

\° Pseudo-tuberculoses par substances inanimées; 2° Pseudo-tuberculoses par parasites animaux ; o" Pseudo-tuberculoses mycosiques ; 4° Pseudo-tuberculoses microbiennes.

Pseudo-tuberculoses par substances inanimées. — A l'époque où les expérimentateurs s'efîorçaient à l'envi de renverser la doctrine de Villemin, on prétendit que toute substance introduite dans les veines ou le péritoine amenait la production de tubercules ; c'est ce qu'on pensait obtenir en injectant du pus, des muscles putréfiés, des fragments de tissus, des matières inorganiques, etc. Les résultats semblaient tous concordants, depuis les recherches de Lebert et Wyss jusqu'à celles de Cohnheim et Frœnkel, qui devaient plus tard revenir sur leur opinion première et reconnaître la spécificité des tubercules.

Bien des causes d'erreur s'étaient glissées dans les expériences ; on avait pris pour des lésions tuberculeuses, tantôt des abcès miliaires, tantôt des infarctus, tantôt enfin des granulations produites par des substances inertes. Ces granulations ont été bien étudiées par M. H. Martin (^), qui en décrit trois Aariétés principales : avec la poudre de cantharide, il se produit des nodules formés par

(*) Voir la revue fort bien documentée de Ducamp. Les tuberculoses atypiques. La Semaine médicale, 1893.

(^) H. Martin, Tuberculose des séreuses et du poumon. Pseudo-tuberculose expérimentale. Archives de physiologie, 1880.

IG.-H. ROGERJ

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des cellules embryonnaires ; avec le lycopode, la lésion est caractérisée par des cellules géantes, entourées d'éléments ronds ; enfin le poivre de Cayennc amène de vrais follicules constitués par les trois zones classiques qu'on observe dans la tuberculose. Si l'histologie était incapable de différencier ces diverses granulations, l'expérimentation devait résoudre le problème : M. Martin montra que les pseudo-tubercules n'avaient pas de propriétés infectieuses ; en les reprenant et les inoculant à un deuxième animal, on ne déterminait aucune lésion ; tout au plus produisait-on quelques granulations discrètes qui ne se réinoculaient plus. Au contraire, le tubercule vrai est inoculable en série et se transmet indéfiniment d'un animal à l'autre.

On a pu observer des productions analogues chez l'homme ; MM. Cornil et Toupet ont décrit un tubercule cutané, constitué par des follicules, mais ne contenant pas de bacilles ; un examen attentif fit trouver au centre du néoplasme de petits fragments d'écaillés d'huître, autour desquels la lésion s'était développée.

A l'autopsie d'un individu qui mourut 15 jours après la perforation d'un ulcère rond, Hanau trouva de nombreuses granulations miliaires occupant le péritoine pariétal; ces granulations avaient la structure des tubercules non caséeux; elles ne renfermaient pas de bacilles, mais contenaient des cellules végétales (cellules pierreuses de poire).

Pseudo-tuberculoses par parasites animaux. — Les pseudo-tuberculoses par parasites animaux n'ont guère été observées jusqu'ici chez l'homme; ce sont de petits tubercules jaune pâle ou verdâtres dont le volume varie d'un grain de chènevis à une noisette ; au centre, on trouve des strongles microscopiques, isolés ou réunis en pelotes.

Parmi les principales pseudo-tuberculoses vermineuses, nous signalerons celle du chat, produite par VOllulanus tricuspis (Leuckart) ; celle du mouton, appelée encore pneumonie vermineuse, due au Pseudalius ovis pulmonalis (Koch) ; celle du veau, qui relève du Strongylus rufescens. Ces pseudo-tubercules se caractérisent histologiquement par de simples amas de cellules embryonnaires ; ils sont donc plus voisins de la morve que de la tuberculose. Il n'en est pas de même de la tuberculose vermineuse du chien, produite par le Strongylus vaso'tnim et bien étudiée par M. Laulanié('). Cet observateur a montré que les œufs de strongle s'arrêtent dans les ramifications de l'artère pulmonaire et déterminent une prolifération cellulaire à l'intérieur ou autour du vaisseau (tubercules endo et exogènes). Dans le premier cas, on trouve : au centre du néoplasme, une cellule géante renfermant un œuf ou un embryon ; à la périphérie, des cellules épithélioïdes ou embryonnaires. Dans les tubercules exogènes, l'artère subit une dilatation anévrysmale et s'entoure d'une couronne de cellules géantes et de cellules épithélioïdes .

Plus récemment, Ebstein et Nicolaïer(^) ont également observé chez le chien et le chat des tubercules vermineux, dans lesquels ils ne purent rencontrer de bacilles. Enfin, Miura (^) a trouvé dans le grand épiploon d'un homme mort du

(^) Laulanié, Sur quelques aJîections parasitaires du poumon et leur rapport avec la tuberculose. Archives de physiologie, 1884.

(-) Ebstein und Nicolaïer, Beitrage zur Lehre von der Zooparasitaren Tuberculose. Virchoio's Arch., Bd CXVIII, 1889.

(') Miura, Fibrôse Tuberkel bedingt durch Parasiteneier. Virchow's Archiv., Bd. CXVI,1889.

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béribéri des tubcrcnles fibreux contenant des celUiles géantes et produits par des œufs de distome.

Pseudo-tuberculoses mycosiques. — Des végétaux d'une organisation relativement élevée peuvent susciter le développement de granulations plus ou moins semblables à celles de la tuberculose.

Citons d'abord les Streptothrix ou Oo.?/)or« qui établissent une transition entre les bactéries et les champignons. Un intérêt d'autant plus considéi-able s'attache à ce groupe qu'on tend aujourd'hui, comme nous l'avons déjà dit, à considérer le bacille de la tuberculose vraie, le bacille de Koch, comme un streptothrix. D'autre part, la maladie qui se rapproche le plus de la tuberculose, l'actinomycose, relève d'un champignon que les botanistes s'accordent à placer dans la même famille; nous étudierons ce parasite, avec tous les détails nécessaires, dans le chapitre suivant.

Parmi les autres streptothrix pathogènes, nous signalerons d'abord celui qui produit la maladie improprement appelée farcin de bœuf; découvert par Nocard, qui le considéra comme un cladothrix, cet agent pathogène est désigné actuellement sous les noms de Streptothrix^ Oospora, Nocardia farcinosa.

Eppinger (') a trouvé, chez un homme mort de méningite, un parasite dont les cultures ont provoqué chez le lapin et le cobaye une pseudo-tuberculose; rangé d'abord parmi les cladothrix, ce végétal a été justement dénommé Oospora astéroïdes^ par Sauvageau et Radais. Il a été retrouvé par Almquist dans un cas de méningite, par Ferré et Faguet dans un abcès cérébral, par Sabrazès et Rivière dans les crachats d'un malade, dans le pus d'abcès sous-cutanés, dans des abcès du cerveau et des reins. Il semble donc, d'après ces faits, que VOospora astéroïdes puisse se rencontrer assez souvent chez l'homme.

Diverses variétés de Mucor peuvent" également se montrer pathogènes (Lichteim), mais ce sont surtout les AspergiUus qui méritent d'être étudiés.

Les AspergiUus glaucus et ficmïgatus, notamment, produisent chez les animaux des granulations avec cellules géantes, au centre desquelles on retrouve le parasite dont l'aspect radié rappelle celui de l'actinomycète. Ces faits, bien étudiés expérimentalement par Kaufmann et surtout par Lichteim, se trouvent complétés par les intéressantes recherches de Dieulafoy, Chantemesse et Widal, Potain, Gaucher et Sergent, Rénon (^). Ces auteurs ont décrit une maladie particulière s'observant chez les hommes que leur profession force à manier des graines ou des farines contaminées par les spores de V AspergiUus fumigatus, c'est-à-dire chez les gaveurs de pigeons et chez les peigneurs de cheveux. Pour gaver les pigeons, on s'introduit dans la bouche un mélange à parties égales d'eau, de graines de vesce et de graines de millet, puis on insuffle la pâtée dans le bec des animaux; avec l'habitude, on arrive à faire -4000 à 6000 gavages par jour. La maladie avait d'abord été rattachée à une contamination par les pigeons, qui en effet peuvent être atteints d'aspergillose ; mais il est démontré aujourd'hui que le mécanisme est différent : l'homme et l'oiseau sont infectés par les graines, à la surface desquelles se trouvent les spores de l'aspergillus. Les peigneurs de

(1) Eppinger, Ueber eine neue Cladothrix und eine durch sie hervorgerufene Psendotuberculosis. Ziegler's Beitràge zur palliolog. Anat., Bd IX.

(-) On trouvera une étude complète de la question dans le livre de Rénon. Étude sur VaspergiUose chez les animaux et chez l'homme, Paris, 1897.

[G. -H. ROGER

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cheveux contractent l'aspergillose parce qu'ils saupoudrent avec la farine de seigle les cheveux qui sont trop gras.

La maladie débute comme la tuberculose ordinaire, par de la toux, des hémoptysies, une expectoration verdâtre ; l'individu maigrit, présente un peu de fièvre vers le soir. L'auscultation fait entendre des râles de bronchite et une respiration sifflante, parfois des signes de pleurésie.

Ailleurs, le début s'annonce par de la bronchite et une dyspnée à exacerbations nocturnes, asthmatiformes.

Quand la maladie reste pure, la guérison est la règle après une série d'améliorations et d'aggravations qui dure de 3 à 8 ans. Mais trop souvent l'aspergillose coexiste avec la tuberculose vraie et c'est à celle-ci qu'il faut rapporter les accidents graves et la mort.

Le diagnostic ne peut être fait que par l'examen des crachats qui révèle la présence de filaments mycéliens, et par la culture qui montre que le mycélium appartient réellement à VAspergillus fumigatus. En employant le liquide de Raulin, on peut obtenir des cultures en -48 heures. Enfin, pour être bien sûr de l'espèce, on devra pratiquer des inoculations au pigeon ou au lapin.

L'injection intra-veineuse de cultures sporulées tue le pigeon en 3 ou A jours, le cobaye en 4 ou 5, le lapin en 6 ou 8. L'inhalation fait périr les pigeons en 12 ou 15 jours. Par l'ingestion, on provoque parfois chez le lapin une tuberculose intestinale, pouvant aboutir à la perforation.

Chez le pigeon, les lésions sont surtout fréquentes au niveau du foie et du poumon; chez le lapin, elles atteignent les reins. Elles se caractérisent par le développement de tubercules ayant les caractères histologiques du tubercule vulgaire, mais contenant à leur centre un feutrage de mycélium.

Chez l'homme, sauf quelques cas exceptionnels (Ribbert, Boyce), où elle était primitive, l'aspergillose, dans les observations où l'on a pu faire l'autopsie, était secondaire. On en décrit trois formes anatomiques : une forme bronchique, dans laquelle un épais réseau mycélien envahit les bronches ectasiées (Virchow, Ernst, Max Podeck); une forme tuberculeuse (Conheim), caractérisée par le développement de tubercules aspergillaires dans un poumon déjà malade; enfin une forme caverneuse. Dans ce dernier cas, on trouve une caverne, d'origine variable (infarctus, broncho-pneumonie, cancer et surtout tuberculose) ; au niveau des parties sèches de l'excavation, le champignon forme des touffes verdâtres ou noirâtres. Un caractère curieux de ces cavernes, c'est qu'elles n'exhalent aucune odeur.

En dehors de l'aspergillose pulmonaire, on a signalé chez l'homme quelques cas, d'ailleurs exceptionnels, d'aspergillose du rein, de la peau, de la cornée, du nez, du pharynx. L'otomycose aspergilienne est, comme on sait, une affection assez fréquente.

Un parasite d'un ordre tout différent, VOïdium albicans, peut, dans certaines circonstances, provoquer une éruption de granulations qui établissent une transition entre les pseudo-tuberculoses et la pyémie. Chez l'homme, on a vu des granulations oïdiennes dans le cerveau (Zenker, Ribbert, Monnier), les reins (Schmorl), les poumons (Birch-Hirschfeld, Rosenstein, Ross), etc. Chez les animaux, l'injection intra-veineuse de cultures pures détermine la mort en quelques jours; à l'autopsie, on trouve d'innombrables granulations dans les reins, et, d'une façon moins constante, dans les centres nerveux, le cœur, le foie, les parois de l'appendice, le diaphragme, etc. La maladie expérimentale, ainsi

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déterminée, relève d'un processus analogue à celui que provoquent les microbes; dans les deux cas, on peut vacciner les animaux contre l'agent palhogène et obtenir un sérum doué du pouvoir bactéricide et agglutinant ('),

Pseudo-tuberculoses microbiennes. — La retentissante découverte de Koch semblait établir à tout jamais l'unicité de la tuberculose. Elle fit vite oublier qu'en 1880, Toussaint avait décrit un microcoque trouvé chez une vache atteinte de tuberculose. Bien que l'auteur eût réussi à cultiver le microbe et à reproduire la maladie chez les chats, on crut à une erreur et personne ne garda le souvenir de ces premiers résultats. Aussi ne fut-ce pas sans une surprise mêlée d'incrédulité qu'on vit, en 1885, MM. Malassez et Vignal(^) décrire une tuberculose relevant d'un parasite différent de celui que Koch avait fait connaître; En inoculant un tubercule sous-cutané pris sur un enfant mort de méningite, ces expérimentateurs avaient déterminé une maladie transmissible en série et semblant produite par des amas de zooglées qu'on pouvait mettre en évidence dans le centre des nodules tuberculeux. Mais ce qui fit suspecter l'individualité de cette infection, c'est que plus tard, en continuant leurs recherches, les auteurs virent, par des passages successifs, les zooglées devenir de plus en plus rares, finalement, elles furent remplacées par des bacilles identiques à celui de Koch. S'est-il agi d'une contamination accidentelle, comme on l'a cru tout d'abord, ou d'une transformation véritable, comme tendraient à le faire supposer les recherches de Bataillon et Terre. D'après cette dernière hypothèse, le bacille de la tuberculose zoogléique ne serait qu'une forme de la tuberculose vraie.

La tuberculose zoogléique fut retrouvée par différents auteurs. Castro-Sofia, dont les recherches furent exécutées sous la direction de Malassez, vit les zooglées dans un abcès ossifluent du cou-de-pied. Eberth les rencontra chez un cobaye et un lapin, Nocard chez une poule. Manfredi provoqua une tuberculose zoogléique en inoculant les crachats d'un malade atteint de pneumonie, Chantemesse en introduisant à des cobayes, dans la cavité abdominale, des fragments d'ouate sur lesquels avait filtré l'air d'une salle où respiraient des tuberculeux. D'autres observations ont été rapportées par Grancher et Ledoux-Lebard, Nocard, Leroy, Pfeiffer, etc.

Les auteurs qui ont commencé l'étude de la tuberculose zoogléique se sont contentés le plus souvent d'examens microscopiques : les tentatives de culture qu'ils avaient faites étaient insuffisantes pour permettre de classer et de spécifier la maladie.

Ayant eu l'occasion d'observer une pseudo-tuberculose développée spontanément chez un cobaye, c'est-à-dire en dehors de toute inoculation, nous avons essayé d'étudier la maladie d'une façon plus complète (=^).

Il nous a été très facile d'obtenir des cultures pures de l'agent pathogène. C'est un petit bacille ovalaire, mobile, à extrémités arrondies; les individus sont souvent réunis en amas, mais restent toujours distincts les uns des

(•) Roger, Les infections non bactériennes. Recherches sur l'oidomycose. Revue génénde des Sriences, 1896. — L'infection oïdienne. La Presse Médicale, 1898.

Voir aussi la thèse de Noisette. Recherches sur le champignon du muguet. Paris, 1898.

(*) Malassez et Vignal, Tuberculose zoogléique. Archives de physiolnrjie, 1885. — Sur le micro-organisme de la tuberculose zoogléique. Ibid., 188i.

(') Charrin et Roger, Note sur une pseudo-tuberculose bacillaire. Société de biologie et Acad. des sciences, 1888. — Roger, Tuberculose et pseudo-tuberculoses, Gazette hebdomadaire, 1890.

[G. H. JÎOGCB.]

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autres. Dans certaines conditions, le bacille s'allonge sous forme de filaments.

Le microbe se développe très facilement sur les divers milieux employés en bactériologie. Sur la gélose, ce sont des tramées blanches assez épaisses. Sur la gélatine, ce sont des bandes analogues ou de petites colonies bien séparées; le milieu n'est jamais liquéfié. Le bouillon se trouble d'une façon uniforme; la pomme de terre se recouvre d'une couche peu épaisse, légèrement opaline.

Des inoculations ont été faites par différents procédés chez 35 cobayes et 37 lapins. L'injection sous-cutanée détermine, chez ces animaux, un tubercule local, bientôt suivi d'adénopathie ; l'animal maigrit et meurt au bout de deux semaines environ; à l'autopsie, on trouve d'innombrables granulations dans le foie et la rate, plus rarement dans les poumons et les reins. En variant le mode d'inoculation, on peut produire avec cet agent des pleurésies séreuses ou des

péritonites; on peut même, en injec- '■^^^r^..0.^Pf^f^^^ Cf^'^^TS^^^^ tant d'assez grandes quantités dans

" ' ' " ' les veines, amener une vraie septicémie.

/^'\^^7^ ' " -^'- ^' 'r;^^^!*! La souris contracte difficilement

la maladie ; le chien et l'âne paraissent réfractaires ; le chat résiste presque toujours. Enfin, le pigeon succombe lentement . A l'autopsie on trouve des exsudais fibrineux, péricardiques et périhépatiques, sans y 'to)\s'A granulations.

L'étude histologique doit être faite de préférence sur des coupes du foie ; elle établit que les granulations diffèrent considérablement de la tuberculose vraie et de la tuberculose

FiG. 12. — Pseudo-tuberculose bacillaire. ZOOO"léiQUe.

Granulation hépatique dont les cellules centrales ^ '^. ' .,..,,

sont vivement colorées. — Gr. 150 D. La lesiou est d uue Simplicité ex-

trême (fig. 12) : c'est un amas de cellules rondes ou de cellules épithélioïdes à noyau volumineux ; nulle part on n'observe de dégénérescence; la partie centrale est celle qui se colore le plus vivement. Au contraire, dans la tuberculose zoogléique, le centre des nodules apparaît comme une zone granuleuse (fig. 15), et c'est dans cette zone que le parasite s'accumule sous forme de zooglées. En nous appuyant sur ces caractères histologiques différents, nous avons admis que la tuberculose zoogléique et la pseudo-tuberculose bacillaire représentent deux affections distinctes; ce fut également l'opinion de M. Malassez.

Mais, dans ces derniers temps, la tuberculose zoogléique fut étudiée à nouveau par MM. Grancher et Ledoux-Lebard ('), Nocard et Masselin, Zagari, qui indiquèrent les caractères des cultures d'une façon précise; ces auteurs admirent que notre maladie doit être assimilée à celle de MM. Malassez et Vignal. Nous pensons que l'étude histologique infirme cette manière de voir, et nous croyons qu'il s'agit de deux affections voisines, mais différentes.

(') Grancher et Ledoux-Lebard, Recherches sur la tuberculose zoogléique. Archives de méd. exp., 1889 et 1890.

PSEUDO-TUBERCULOSES.

Peu de temps après la publication de nos premières recherches, Dor a décrit une pseudo-tuberculose strepto-bacillaire provenant d'un lapin qui avait succombé spontanément. Nous avons eu l'occasion, pendant l'hiver de 1897, de voir périr, dans notre laboratoire, un certain nombre de lapins et de cobayes : à l'autopsie, nous avons trouvé des granulations dans le cœcum, et notamment au niveau de la plaque de Peyer iléo-caecal, et chez le lapin, dans l'appendice; il y avait en même temps, dans la plupart des cas, des tubercules du foie et de la rate. Les cultures nous ont donné un petit bacille disposé en chaînettes, tout à fait semblable au strepto-bacille de Dor. L'examen histologique des tubercules nous a montré une structure identique à celle de la tuberculose zoogléique. Nous sommes donc tenté d'identifier les tuberculoses strepto-bacillaire et zoogléique. Mais nous avons pu reconnaître de nouveau que cette tuberculose, par ses caractères anatomiques, diffère de celle que nous avions décrite.

De ces pseudo-tuberculoses, il faut

rapprocher la syphilis expérimentale de Disse et Taguchi, la pseudo-tuberculose observée chez le cobaye par Morat et Doyon, celle déterminée par l'inoculation de matière soupçonnée charbonneuse (Zagari) ou l'injection de lait (Parietti), celle survenue spontanément chez l'antilope (Gornil et Toupet), le lièvre (Mégnin et Mosny).

Quant à la tuberculose décrite par Amrusch, elle présente ce caractère particulier que les zooglées, qui la déterminent, se colorent par la méthode de Koch.

Peut-être faut-il rapprocher ce dernier microbe de celui qui a été trouvé par Lidia Robinowitsch. Examinant 80 échantillons de beurre , l'auteur obtint 25 fois un bacille se colorant

comme celui de Koch, mais ayant la propriété de croître à la température ambiante et de donner de l'indol dans les cultures. Inoculé aux animaux, ce bacille détermine une tuberculose remarquable par l'absence de cellules géantes. Ce qui tend encore à démontrer qu'il ne s'agit pas du bacille de Koch, c'est que les animaux infectés ne réagissent pas sous l'influence de la tuberculine.

Il existe deux pseudo-tuberculoses qui méritent probablement une place particulière : ce sont celle de Preisz et Guinard et celle de J. Courmont.

La première a eu pour point de départ une tuberculose du mouton ; elle est due à un fin bacille mesurant 5 [jl de long et différant nettement des agents décrits jusqu'ici. Guinard et Morey ont fait de cette infection une étude complète.

La pseudo-tuberculose de Courmont (') provenait d'un bœuf et était due à un bacille que l'auteur a pu cultiver : les cultures récentes de ce microbe amènent

(') Courmont, Sur une nouvelle tuberculose bacillaire d'origine bovine. Études sur la tuberculose, publiées sous la direction de M. Verneuil, t. II, 1890.

FiG. 13. — Tuberculose zooglùlique.

Granulation hépatique, présentant trois masses zooglétiques d'aspect caséeux et des débris de trabécules hépatiques. — Gr. 100 D.

[G. -H. BOGER.I

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chez le lapin la production de granulations et chez le cobaye une septicémie, avec des cultures anciennes le résultai est inverse : septicémie chez le lapin, granulations chez le cobaye.

Ce qui donne un grand intérêt à l'étude des pseudo- tuberculoses bactériennes, c'est qu'elles existent chez l'homme, comme l'établissent les recherches de Malassez et Vignal, de Castro-Sofia, de Babès, de Masselin. Quelques observations récentes tendent même à prouver qu'elles sont assez fréquentes.

MM. Du Cazal et Vaillard (') ont fait l'autopsie d'un homme qui succomba rapidement à une infection caractérisée par de la fièvre, de la diarrhée, des douleurs abdominales. A l'autopsie, on trouva une éruption des nodules caséeux dans le péritoine et le pancréas. Ces lésions renfermaient un gros bacille qui a été cultivé; il est facultativement anaérobie, liquéfie la gélatine et communique aux cultures une odeur ammoniacale. L'inoculation sous-cutanée reproduisit la maladie chez le lapin; l'injection intra-veineuse amena, suivant la dose, une granulie ou une septicémie. Le cobaye a paru réfractaire.

Peu de temps après cette publication, M. Legrain (^) décrivit un bacille semblable qui se trouvait associé au bacille de Koch dans les crachats d'un phtisique.

Puis vinrent les recherches de MM. Hayem et Lesage qui, dans un cas de tuberculose des capsules surrénales, ont trouvé un bacille analogue, sinon identique, à celui qui caractérise notre pseudo-tuberculose bacillaire ; en poursuivant l'étude de ce microbe, M. Lesage a trouvé qu'il se rapprochait considérablement du Bacillus coli commimis.

Mentionnons encore les cas de tuberculose miliaire aiguë, dans lesquels on n'a pu déceler la présence du bacille de Koch : tels sont notamment les faits rapportés par Kouskow, par Charrin, par J. Courmont. Dans les deux cas publiés par Courmont, il s'agissait d'individus de souche tuberculeuse, dont les lésions pulmonaires déterminèrent chez le cobaye une tuberculose atypique, à marche rapide. Enfin, dans un travail tout récent, P. Courmont (^) a décrit une pseudo-tuberculose bacillaire ayant pour point de départ une arthrite fongueuse du coude, développée chez un homme de 51 ans à la suite d'un traumatisme.

Il est certain qu'en étudiant systématiquement toutes les lésions d'apparence tuberculeuse qu'on rencontre chez l'homme on réunirait de nombreux exemples de tuberculose atypique. A constater leur fréquence chez les animaux, on ne peut douter de leur fréquence chez l'homme. Actuellement, des cas de pseudotuberculose ont été rencontrés douze fois chez l'homme, une dizaine de fois chez le lapin, le cobaye, deux fois chez le bœuf et le mouton, une fois chez la vache, l'antilope, le lièvre, la poule. D'autres fois, les microbes provenaient du lait, du beurre, de l'air, du sol. Ils doivent même être très répandus sur la terre, ce qui explique leur fréquence chez les petits rongeurs, cobaye et surtout lapin, où la maladie, dont la porte d'entrée est suffisamment indiquée par les lésions du tube digestif, sévit parfois sous forme épizootique.

{') Du Cazal ei Vaillard, Sur une maladie parasitaire de l'homme transmissible au lapin. Annales de V Institut Pasteur, 1891.

(*) Legrain, Sur une pseudo-luberculose produite par un bacille trouvé chez un phtisique. Bulletin médical, 1891.

(') P. Courmont, Sur une forme nouvelle de tuberculose strepto-bacillaire d'origine humaine. Archives de Méd. exp., 1898.

ACTINOMYCOSE. 817

En coordonnant 1rs divers fails puhliés jusfju'ici, on ari-ivc à lii (dassificaliop suivante :

Tuberculose coceienne de la v;u;li(; (Toussnint, 1S80). Tuberculose zoogléiquc (IMalnssez el \'ignal, ISS.")). Pseudo-luberculose bacillaire (Charria et Roger, 1888).

f du coijaye (Zag.-iri).

J du lajaa (I)or : luberc slrei)lo-l);ir

Pseudo-luberc. (probnbl. /.o..gléi.|ue) ) ' " ':'l^'" (»«>i; : Ui],erc slre,.io-b.M-,ii,nrej ' I l'^vi'f^ (Mognin et Mosny).

( de l'anlilope (dornil el Toupet).

Pseudo-tuberculose bacillaire fétide (Parietlj). Pseudo-tuberculose ])acillaii'e du nioulou (Preisz et Guiiiardj. Pseudo-lul)erculose bacillaire du bceul' (dourmont).

/ de Du Cjiz.-d et V;ullai-d.

Pseudo-tuberc. bacillaires humaines < ■ t / ^ e.sage.

} de J. Courmont.

( de P. Couruionl.

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