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LES PRÉCURSEURS EN BACTÉRIOLOGIE. - MÉTHODE DES CULTURES

époque voisine de celle qui'voil se développei' la notion des l'ermenls. — Plus près de nous sont nées les théories chinii(|ues.

Billing compare le principe de contage à du levain, dont une parcelle suffit pour faire soulever la pAte. — Liebig- estime (|u"il y a dans le sang un produit capable, en se décomposant, de déterminer l'apparition d'un agent provocateur, dès ([u'un atome issu de l'individu malade tombe dans ce sang; toutefois, on ignore ce qu'est cette substance, comment elle provoque tantôt la dothiénentérie, tantôt la variole, etc. — Dubois, d'Amiens, incrimine la disposition des molécules des liquides; Robin ne reconnaît que des états virulents de la matière. — Hameau, s'appuyant sur l'observation, devine en quelque sorte les lois de la transmission des virus. — Béchamp décrit de nombreux microzymas; divers auteurs estiment que les êtres vivants ne sont que des vecteurs du poison morbide, conception à rapprocher des essais que nous avons poursuivis pour grefï'er une diastase active, la papaïne, sur un bacille sans action, le bacille subtil.

Néanmoins, de toutes ces conceptions, on ne voit se dégager aucun fait défini, clair, précis. Pourtant, Cagniard-Latour affirme que les cellules de levure sont des plantes; mais c'est Pasteur qui, d'un seul coup, déchire les voiles : « La fermentation est corrélative de la vie, non de la mort — » Et la démonstration accompagne l'affirmation.

Après avoir étudié les altérations des vins, des bières, les affections des vers à soie, le maître aborde les problèmes relatifs aux maladies des grands animaux : à partir de cet instant, les progrès vont vite. Dans ce nombre, il n'est que juste de rappeler ces mémorables expériences de Chauveau établissant que les virus ne sont ni liquides, ni gazeux, mais solides ; un fragment de preuve fait défaut, et il se refuse, par probité scientifique, à proclamer la nature vivante des granulations observées.

Sans aucune ressource officielle, Davaine, ce merveilleux précurseur, constate l'existence des bactéridies dans les vaisseaux des animaux morts du charbon ; il voit que Finoculation d'une goutte du sang de ces animaux fait apparaître la maladie, comme il voit l'exaltation septicémique par le fait des passages. Or, cette goutte de liquide se distingue fonctionnellement d'une goutte de sang normal par cette propriété morbifique; anatomiquement cette distinction repose sur la présence de ces bâtonnets ; il semble par suite que le raisonnement autorise à conclure que cet attribut spécial dépend de cette modification également spéciale. Le contenu vasculaire, dans ces conditions, diffère du contenu habituel et par une qualité particulière et par un élément nouveau : comment ne pas rattacher cette qualité à cet élément, attendu que, du moment où il y a transmission, il faut un principe capable d'opérer cette transmission; attendu, d'autre part, que ce bâtonnet est l'unique agent inusité au point de vue morphologique?

Néanmoins, un esprit chagrin aurait pu penser que, dans cette goutte contagieuse, en dehors de ces bactéridies, on trouve des hématies, des leucocytes, des filaments de fibrine, de la soude, des sels, de l'albumine, etc., etc. Or, cet attribut peut, à la rigueur, dériver d'un état singulier, d'une orientation propre des molécules de ces composants figurés ou solubles, hypothèses bizarres, à la vérité, qu'il était bon cependant de réduire à néant!

C'est ce qu'a fait Pasteur, en révélant la grande méthode des cultures, base de l'expérimentation dans le domaine de l'infection ! Il sème une goutte de l'humeur contaminée dans du bouillon stérile, dans un ballon contenant, par exemple, iO centimètres cubes de ce bouillon; puis, il prend une goutte de ce

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