DIFFICULTÉS EXPÉRIMENTALES. - POLYMORPHISME
premier l)allon pour la déposer dans un second, j-enrernianl égalenienl 10 centimètres cubes; plus tard, il prélève une goutte de ce troisième récipient pour la verser dans un quatrième, etc.; il opère ainsi indéfiniment, laissant des intervalles de trois à cinq jours entre deux de ces ensemencements successifs. Or, une parcelle de ces contenus confère le charbon au même degré que cette goutte du début; et cependant, sans aller au delà du sixième ou du septième de ces ballons, la quantité persistante de cette goutte du début, molécule insécabh;! est sensiblement représentée par le nombre 0 gr. 000 000 000 000 000 002, dose telle qu'on ne peut rêver à un produit inerte, quelle que soit son activité; comme d'un autre côté la virulence n'a pas faibli, il devient nécessaire d'admettre que cet élément de contage est doué de vie, d'autant plus qu'il s'est transmis de ballon en ballon. D'ailleurs, il suffit d'ex'aminer le dernier liquide pour constater qu'il n'existe aucun globule; ces globules n'ont pas franchi le premier récipient; des multiples composants de la goutte de sang initiale on ne décèle plus, en définitive, dans ce sixième ballon, que la bactéridie : il y a donc obligation de lui rapporter cette qualité de transmission.
Une fois cet isolement réalisé, une fois ces microbes soupçonnés pathogènes purifiés de tout ce qui les entourait dans l'économie, pour achever la démonstration, on doit, avec ces microbes en culture, reproduire sur l'animal, comme on le fait pour le charbon, la maladie dont était porteur le sujet qui a fourni ces parasites.
Rien ne paraît plus aisé, du moins en principe, qu'une telle opération; et, pourtant, les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent au premier d'abord; fréquemment, aujourd'hui, la discussion commence dès qu'il est question de caractériser un agent bactérien. La forme varie; les travaux de Guignard et Charrin, plus encore que ceux de Ray-Lankester ou de Zopf qui visent des parasites plus élevés ou manquent d'une technique irréprochable, etc., ont établi qu'un même bacille peut se présenter sous l'aspect d'un long bâtonnet, d'un filament très étendu, d'un spirille, d'un microcoque : à l'heure présente, le polymorphisme ne peut plus être discuté.
Cependant, à chaque instant, quand, dans une culture, on aperçoit deux agents d'aspect distinct, on se hâte en général de conclure au dualisme, à l'impureté, comme si une culture pouvait être homogène, comme si elle ne renfermait pas fatalement, nécessairement, des éléments jeunes à côté d'éléments anciens, des éléments vivaces juxtaposés à des éléments malades. Or, dans l'adulte reconnaît-on toujours le nouveau-né, l'enfant? Un homme change quelquefois de physionomie à la suite d'une maladie cachectisante!
Cette discussion, dans plus d'un cas, se poursuit quand il s'agit de savoir si, oui ou non, on a réalisé le type morbide observé, quoique rien ne soit plus simple, en apparence, que la réponse à ces questions: on voit bien vite, semble-t-il, si l'animal inoculé présente les accidents enregistrés par la clinique humaine! Malheureusement, les choses sont ordinairement plus complexes qu'elles ne le paraissent. — Il est des affections qui n'existent pas en pathologie comparée; en outre, l'évolution, le faciès, l'aspect extérieur du mal constituent des caractères importants qui changent avec l'espèce. Le pneumocoque pullule aisément chez divers animaux; cependant chez aucun d'eux il ne fait, en général, apparaître le bloc d'hépatisation avec le grand, l'unique, le solennel frisson, avec la courbe thermique si caractéristique, avec la crise, etc. ! Il en est ainsi pour le bacille d'Eberth! Parfois, à litre exceptionnel! chez le
lA. CHARRIN ]