RETOUR A LA NOTION DES CAUSES SECONDES
singe, comme, pour la pneumonie, chez lune, on observe des processus qu'il est possible de superposer à ceux de la pathologie humaine.
Quand on a provoqué la fièvre, l'albuminurie, renlérite, les convulsions, un malaise général, de rinappélence, etc., on a déterminé, en dehors des hémorragies, des paralysies, à peu près tous les symptômes aigus possii>les à réaliser! Or, il est peu de bactéries prétendues pathogènes, qui ne soient capables de les faire naître. On inocule, par exemple, un bâtonnet recueilli chez un rhumatisant: on voit apparaître de Ihyperthermie, de Tendocardite, des arthropathies, etc., on estime que la démonstration est achevée, irréprochable. Par malheur, cette conception se heurte à certaines données, à savoir que le bacille du côlon, que le bacille pyocyanique, etc., sont aptes à produire cette hyperthermie, cette endocardite, ces arlhropathiesî Cette condition si simple, si nette, si décisive, reproduire la maladie^ se révèle donc assez fréquemment difficile à réaliser; on ne saurait, à cet égard, se montrer trop sévère, trop rigoureux; il faut admettre le parfait développement des germes j^introduits, exiger leur constance dans tous les cas rapportés à la maladie dont on rattache la genèse aux microbes en cause.
Les choses, on le voit, ne sont pas aussi simples qu'on les supposait au début : à bien d'autres points de vue, du reste, il est aisé de découvrir des changements de doctrine.
Dans le nombre des modifications apportées à nos conceptions, il convient de signaler les suites de la tentative de mise à l'écart des notions relatives à l'influence des causes secondes; on a voulu faire table rase de ces causes secondes. Nulle l'action jusque-là classique du froid! Nulle la part jusque-là incontestée de l'inanition, du traumatisme, de la fatigue, de l'intoxication, etc., dans la genèse des maladies! Et voilà que Goraiëb, que le professeur Bouchard, que Canalis et Morpurgo, cju'Alessi, mettent en lumière expérimentalement le rôle des basses températures, du jeûne, de la soif, tandis que Max Schuller, Charrin et Roger, etc., établissent d'une façon péremptoire l'influence des chocs, du surmenage, etc. On va même plus loin dans ce retour au passé : on constate, plus spécialement à la suite d'efi'orts continus ou excessifs, la diminution de l'alcalinité, partant, celle de l'état bactéricide!
Toutes les notions étiologiques de la vieille médecine à bon droit reprennent leur place, sans excepter l'inégalité dans la répartition des humeurs, autrement dit la prédominance dans un plasma déterminé de telle ou telle substance, inégalité, prédominance, si fréquemment accusées par Hippocrate à titre d'élément morbifique !
On demeure surpris, quand on réfléchit, de voir à quel degré l'esprit soi-disant scientifique peut arriver à manquer de sagesse! On a, par exemple, dénié aux oscillations thermiques le pouvoir d'occasionner une maladie! Pourtant, d'un côté, nul n'ignore qu'une maladie n'est qu'une déviation dans la nutrition ou le fonctionnement d'une cellule ou d'un groupe de cellules : de l'autre côté, nul n'ignore également que l'abaissement du thermomètre ou son élévation excessive sont propres à modifier un tissu dans sa structure, dans ses sécrétions, autrement dit à opérer cette déviation !
Il n'est même que juste de pousser plus loin l'acte de réparation vis-à-vis de l'ancienne médecine, de proclamer que non seulement le froid, en particulier, favorise l'infection, mais que cet élément fait naître de véritables entités pathologiques, en dehors de tout agent vivant !
Li:S AGENTS PHYSIQUES CAUSES MORBIDES SUFFISANTES. 91
Fermez subilenienl, les réseaux vasculaires <Ie la sinraee grûcc à nu vi(jlent courant d'air à zéro : la masse sanguine est refoulée dans la profondeur, Ijien que, suivant Weriheimer, le balaneement des deux circulations profonde et superficielle ne soit pas aussi parfait qu'on l'a supposé, en raison sans doute des centres vaso-moteurs périphériques ou des appareils régulateurs propres à chaque viscère. Or, que nous enseignent les expériences de Max Ilermann, de Von Platlers, de Nussbaum, de Zielonko, de Runeberg, sinon qu'il suffit de changer la pression, la vitesse, dans le rein, pour provoquer l'albuminurie? Que nous enseignent aussi les travaux de Silbermann, de Tirelli, de Guinard, de Boyer, sinon que, dans le cas où la peau ne fonctionne pas intégralement, la toxicité des humeurs, des urines augmente; sinon'que, dans ces conditions, les glomérules qui sont un filtre ou les tubuli qui sont une glande sont traversés par des composés irritants, qui poursuivent leur chemin en s'écoulant par les tubes droits, vrais canaux excréteurs. On a beau rétablir la circulation cutanée, ramener la température à la normale, si le désordre a duré assez longtemps, la néphrite, la vraie néphrite a frigore s'installe, poursuit son cours!
Assurément des germes peuvent surajouter leur action; lorsque les propriétés nuisibles des plasmas s'accroissent, les bactéries, qui de l'intestin passent dans les vaisseaux, pullulent plus aisément; l'expérimentation le prouve, en montrant qu'un microbe atténué, déposé dans le sang mais incapable de se reproduire, soudainement se multiplie si on injecte quelques gouttes de toxine. Toutefois, l'addition de ces germes n'est nullement nécessaire.
D'ailleurs, le rein n'est pas le seul organe apte à devenir malade sous de pareilles influences. Quiconque réfléchit à l'ictère par émotion arrive à admettre difficilement que le spasme du cholédoque dure assez longtemps pour faire refluer la bile dans le sang; la notion de ce spasme et l'idée de permanence se concilient avec peine! On conçoit plutôt une vaso-dilatation passagère des capillaires sanguins ou une vaso-constriction également passagère des capillaires biliaires, aboutissant par des procédés différents, la première par aspiration, par diminution de pression, la seconde par refoulement, par augmentation de cette même pression, à chasser pour ainsi dire la bile dans le torrent circulatoire, d'autant plus que la cellule hépatique est en quelque sorte en équilibre entre ces deux groupes de vaisseaux.
D'une façon générale, nous sommes trop anatomistes, nous exigeons trop instamment la vue de la lésion; or, dans l'état actuel de nos connaissances, cette exigence est excessive. En premier lieu, la technique n'ayant pas dit son dernier mot, cette lésion peut exister sans qu'on parvienne à la mettre en évidence ; en second lieu, on conçoit un trouble fonctionnel, indépendant d'une altération saisissable de structure. Il est clair, par exemple, que les notions nouvelles relatives aux neurones permettent de concevoir des désordres moteurs, sensitifs, en rapport avec des contacts plus ou moins intimes ou plus ou moins nombreux dans les prolongements, et cela sans aucune autre modification.
Pour établir sur de nouvelles preuves le rôle morbifique, exclusif, suffisant, des causes secondes, en particulier des influences atmosphériques, on peut également faire valoir que les rayons lumineux ne réclament nullement le concours d'un ferment figuré pathogène pour produire le coup de soleil : là encore un agent physique se révèle générateur de troubles pathologiques, agent qui, du reste, n'a rien de commun avec l'élément thermique. C'est, en elïet, la zone chimique, nullement la partie calorifique du spectre, qui dans ce cas
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