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CELLULE ORGAN'IOUE ET CELLULE BACTERIENNE

intervient; les propriétés rélVani4il)los sont bien tlitlerenles : voilà pourcpioi il est possible d'observer la réalisation de ee eoup de soleil au sommet du mont Blanc, dans une région où le thermomètre est toujoiu-s l)as.

Il est intéressant de rappeler ((ue ce sont aussi ces rayons violets ou voisins du violet qui agissent sur les bactéries. Du reste, si entre ces deux groupes de cellules, organiques et microbiennes, on décèle des différences dans la rapidité de développement, de pullulation, etc., etc., on rencontre, en retour, bien d'autres analogies à ajouter à celles que nous venons de signaler.

Le leucocyte est polymorphe, mobile, à la manière d'une foule d'infiniment petits; les hématies sont sphériques, les épithéliums sont allongés, les fibres élastiques sont enroulées, à la façon des microcoques, des bacilles, des spirilles; on rencontre des cils vibratiles soit chez la virgule cholérique, soit sur le revêtement de quelques muqueuses; le noyau existe, d'après Blitschli, chez certains germes, comme il se voit dans beaucoup d'éléments anatomiques; par contre son absence est réelle dans des séries d'agents pathogènes, aussi bien que du côté des hématies; le protoplasma, dans l'un et l'autre groupe, est granuleux, principalement albuminoïde, quelque peu hydrocarboné. La nutrition réclame, dans les deux catégories, de l'eau, des composés protéiques, des substances ternaires; elle se fait par voie aérobie ou par processus anaérobie; elle aboutit aux oxydations ou aux réductions. Les cellules de l'économie ou des parasites retiennent des matières colorantes, avec intensité si elles sont en pleine activité, faiblement dans le cas contraire; des déchéances successives les conduisent du parfait fonctionnement à la mort; ces déchéances correspondent à des modifications qui portent sur l'aspect, sur les sécrétions, sur les attributs, sur l'existence elle-même. On rencontre des éléments anatomiques non différenciés, portant peut-être en eux leur spécificité; ils persistent à cet état ou s'élèvent à des dignités plus hautes, à l'état d'organite hépatique, par exemple. De même, les bactéries sont de simples saprophytes ou de vrais ferments pathogènes; le passage de la première de ces classes à la deuxième s'effectue sous l'influence d'un grand nombre de conditions ; c'est même là une des notions capitales de la doctrine bactériologique actuelle.

On croyait au début qu'à chaque maladie correspond un agent spécial, précis, déterminé; on sait aujourd'hui qu'un unique germe est capable d'engendrer une série de processus; inversement, une lésion donnée, telle que la péritonite, l'angiocholite, l'arthropathie, etc., relève de différents infiniment petits : pneumocoque, streptocoque, bacille du côlon, staphylocoque, etc. Il n'est probablement pas de parasite qu'on ne puisse rendre pathogène; avec de Nittis, j'ai pu, en exaltant le bacille subtil, provoquer la mort du cobaye en injectant 1 centimètre cube, alors qu'au début il était nécessaire d'en introduire 6, 8, JO, à tel point que l'élément mécanique intervenait. Plus d'une fois, du reste, il faut recourir à la rééducation, même quand il s'agit des espèces spécifiques, de celles qui plus que les autres vivent hors de l'économie, déterminent une maladie constamment pareille à elle-même, offrant un ensemble de caractères invariables.

Si on envisage les produits issus de la vie de nos cellules ou de celle des cellules microbiennes, on enregistre la consommation de l'oxygène, la formation de CO^ d'urée, de composés ammoniacaux correspondant à l'urée; on voit apparaître des pigments bleu, vert, rouge, noir, pigments biliaires, sanguins, pigments des bacilles pyocyanique, fluorescent, du micrococcus prodigiosus;

AFFECTIONS NON MICHOBIENNES. — ORIGINES VISCEUALES. >.)7,

on constate la production de Icuconiaïncs ou de ptoniaïnes, d'albumoses, de toxalbumines, de diastases, diastases tétanique, diphtérique, d'un côté, plyaline, pepsine, trypsine, inverline, do l'autre. — Le parallèle se poursuit, quand on étudie les attril)uts, la destination de ces sécrétions. Injectez d(î l'urine, solution contenant des substances nées de la vie de nos viscères, injectez parallèlement une culture fdtrée : dans les deux cas, vous provoquerez des convulsions, des trouilles cardiaques, respiratoires, thermiques, glandulaires, etc.

Et, d'ailleurs, en enlevant le corps thyroïde, le pancréas, les capsules surrénales, ou bien encore en faisant pénétrer en excès le suc thyroïdien, vous créez non plus des symptômes, des lésions, mais bien des entités morbides nettement définies; vous élevez la pression avec les principes capsulaires comme avec les produits pyocyaniques, tandis que vous l'abaissez en usant de l'extrait hépatique ou des poisons staphylococciques; vous accélérez la nutrition, vous poussez à l'accroissement de l'urée en employant les matières contenues dans la glande cervicale aussi bien qu'en utilisant la plupart des toxines ; la pepsine est hémorragipare, à l'exemple des matières dérivées du microbe du pus bleu; rien n'est plus facile que de déceler soit dans les sécrétions bactériennes, soit dans les éléments organiques, des corps aptes à occasionner l'albuminurie, une entérite, des oscillations thermiques, des désordres moteurs, etc.

Ce ne sont pas seulement les produits provenant de la désassimilation qui peuvent faire ce que font les bactéries, ce sont encore nos propres cellules, du moins quelques-unes de nos cellules, plus spécialement celles du névraxe, intervenant dynamiquement, par voie réflexe, par des processus réactionnels, plutôt que par des mécanismes toxiques. Qu'un calcul biliaire, en irritant la muqueuse du canal cholédoque, sollicite par cette irritation la mise en jeu des centres vaso-moteurs! Plus d'une fois, la tension s'élève dans la petite circulation; le cœur droit, en luttant contre cet obstacle, aboutit à une dilatation, à une insuffisance tricuspidienne réputée fonctionnelle, en ce sens qu'aucune altération anatomique n'accompagne ce changement! Arloing, en dilacérant la couche interne de l'estomac, a établi, avec Morel, les chemins suivis par ces impressions qui déterminent des accidents étudiés, à divers égards, par Potain, Teissier, François-Franck, etc.

D'intéressantes considérations nous apprennent que les perturbations expérimentales obtenues en dehors de tout microbe, aussi bien que les troubles bactériens, se rapprochent manifestement de la réalité clinique. — Le diabète pancréatique du chien s'accompagne, je l'ai montré, d'amaigrissement, de polyurie, de polydypsie, d'altérations rénales, hépatiques, de prédisposition à l'infection; sur un seul de ces chiens, j'ai isolé quatre microbes différents: le bacille du côlon, les deux staphylocoques, le blanc, le doré, le germe de la tuberculose, tous les quatre en activité. Il en est ainsi du myxœdème des animaux, dont Moussu rapporte l'histoire dans sa remarquable thèse, lequel est l'image de l'entité morbide qui, dans la pathologie humaine, correspond à ce qualificatif.

Tantôt les cellules mises en cause sont groupées dans une zone déterminée, au niveau de ce corps thyroïde, par exemple; tantôt elles sont répandues un peu partout à la manière de celles des diathésiques. De même, dans la diphtérie, les parasites sont ordinairement réunis sur l'amygdale, alors que durant une septicémie ils errent à l'aventure.

Quant à l'évolution, elle se révèle aiguë ou chronique, continue ou inter-

[A. CHARRIN]

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