RÉACTIONS NERVEUSES. — MALADIES AUTO-TOXIOUES; TOXIQUES
mittenle, dans le diabète, la cachexie slrumiprive, aussi bien que dans la variole, la bacillose, la malaria, etc. ! La marche, la terminaison par accès, par crise ou par lysis, qui se rencontrent dans la pneumonie ou la dothiénenlérie, s'observent également dans la goutte, la migraine, répilepsie,les lithiases, la chlorose !
Les cellules de Téconomie, tout aussi bien que les cellules bactériennes, sont donc capables d'engendrer la maladie, de lui imprimer les mêmes allures, de mettre en jeu des symptômes analogues : nous voilà déjà loin du moment où l'on osait écrire qu'il n'existait ni lésion, ni inflammation, ni désordre pathologique, sans l'intervention des infiniment petits! Que de troubles morbides paraissent et sont en réalité, tout au moins dans quelques cas, indépendants de l'élément microbien ! Les altérations des glandes internes ou mixtes, en particvilier celles du corps thyroïde, des capsules surrénales, du pancréas, du foie, etc., altérations nées sous l'influence d'un poison venu du dehors ou né dans nos tissus, peuvent appartenir à cette catégorie de perturbations qui n'ont rien de commun avec les processus de l'infection! Une hyperexcitabilité nerveuse développée sous l'influence d'une tare héréditaire conduit à des activités réflexes excessives, à des accès, à des crises, à des processus hystériques variés! Qu'un principe toxique désorganise le rein, le rende insuffisant, imperméable : bientôt l'auto-intoxication va s'établir, touchant à tous les appareils, aux poumons, au cœur, au névraxe, au tube digestif, à la peau, etc. ! On ne saurait trop insister sur l'importance de ces auto-intoxications. A ne considérer que l'intestin, on trouve là des substances toxiques aussi multiples que distinctes ; dans ce canal on rencontre des principes biliaires, des sels, des pigments; on trouve des peptones, dont l'action nuisible jusque-là admise semble tenir à des impuretés; on décèle également des composés ammoniacaux, des matières amidées, la leucine, la tyrosine, des produits aromatiques, l'indol, le scatol, le phénol, des acides formant dans certaines conditions un groupe nombreux, acides acrylique, butyrique, crotonique, lactique, oléique, oxalique, propionique, palmitique, succinique, stéarique, valérique, etc. ; on constate aussi la présence d'une foule de bases, de leucomaïnes, la xanthine, la créatinine, la muscarine, parfois, à la suite de putréfactions intenses, la mydaléine, l'hydrocollidine, la parvoline, la neuridine, la saprine, la putrescine, la cadavérine, la bétaïne, la mydotoxine, la tyrotoxine, etc., etc. Une partie de ces poisons dérive de l'extérieur, en particulier les matières minérales qui donnent aux fèces une fraction considérable de leur toxicité; une seconde partie provient des glandes, le suc gastrique par exemple qui détermine en injection intra-veineuse des accidents rapides; une troisième découle du fonctionnement des ferments figurés. Il n'est pas besoin d'ajouter que ces corps, suivant l'état du canal, offrent des différences sensibles au point de vue et de la quantité et de la qualité!
Des poisons tels que le mercure, le plomb, l'arsenic, le phosphore, l'alcool, l'oxyde ou le sulfure de carbone, etc., engendrent des processus absolument étrangers, au point de vue des origines étiologiques, au domaine de l'infection. On peut habituellement en dire autant soit des dyscrasies acides, de l'uricémie, de la lacticémie, de l'oxalémie, soit aussi de quelques changements humoraux, comme l'ammoniémie, l'acétonémie, la lipémie, l'hyperglycémie, soit également de la plupart des diathèses, de la goutte, de l'obésité, de certains états spéciaux, de l'ostéomalacie, du rachitisme, etc. !
CONSÉQUENCES DES PROCESSUS MORBIDES. — VARIATIONS MORBIDES. m
Ces adulLéralions des plasmas, ces vices de la nuliilion, ces perlurbalions dans les échanges, dans les mutation^s, ces retards, ces ralentissements, consé({uences des anomalies de rhércklilé, d'une hygiène mal comprise, d'une ancienne afl'ection, toutes ces tares tant anatomi([ucs que ronctionnclles, aussi bien que les empoisonnements, que les réactions nerveuses, que les troubles issus des lésions glandulaires, sont capables de détériorer les principaux systèmes de l'économie, au même litre, du reste, que l'infection.
Dans ces conditions, à un moment donné il n'y a plus ni diathèse, ni autointoxication, ni hyperexcitabilité nerveuse, ni processus bactérien; il n'y a plus qu'un myocarde en asystolie, qu'un rein infranchissable, qu'un foie dégénéré, etc. ; il n'y a plus qu'une affection viscérale, organique, retentissant par synergie, par relations fonctionnelles ou mécaniques, sur les divers appareils!
Que les agents parasitaires viennent se greffer secondairement dans de telles circonstances, la chose est possible. Toutefois, le mal fréquemment a débuté sans aucune intervention bactérienne ; il évolue, il peut atteindre la terminaison sans l'adjonction d'un tel élément.
Il est rare, au contraire, en dehors des processus spécifiques, de rencontrer une infection qui ne réclame pas, à un moment voulu, à un titre quelconque, le secours de la cellule organique : la multiplicité des circonstances, des conditions, qui président à des associations de ce genre, joue un rôle considérable dans la genèse des tableaux pathologiques.
L'étude du mécanisme des variations d'un même processus morbide constitue l'un des problèmes les plus intéressants de la pathologie générale ; dans les maladies de toute classe on rencontre des dissend^lances sans nombre, qu'il s'agisse des symptômes, des lésions, de la marche, de la durée, de la terminaison, etc. La goutte, affection diathésique, se révèle tantôt chronique, tantôt aiguë; les désordres dérivés des réactions nerveuses anomales sont durables ou passagers; une simple dystrophie élémentaire autonome, une fracture, une entorse, évoluent lentement ou rapidement; plus encore que les troubles dépendant de la nutrition, du névraxe, des tissus, etc., l'infection revêt les allures les plus disparates, la bénignité la plus manifeste ou la gravité la plus profonde.
La cellule bactérienne, comparée à celle de l'organisme, apparaît plus prompte dans ses métamorphoses, dans sa pullulation, etc. Peut-être faut-il voir dans ces caractères une partie des motifs de cette diversité si marquée dans les aspects des processus bactériens? Tout en accordant crédit à ces explications, on ne peut toutefois s'empêcher de penser, en présence d'un polymorphisme aussi accentué, que ce polymorphisme est soumis à une foule d'influences : il paraît, dès lors, intéressant, à ne considérer que les infections, de rechercher les causes de ces phénomènes.
Au début — nous avons indiqué cette hypothèse — on a supposé qu'à chaque désordre correspond un microbe spécial. Témoins des accidents, harcelés par le besoin irrésistible de se rendre rapidement compte de leur genèse, les chercheurs n'ont pu se dispenser de formuler des suppositions, autrement dit d'interpréter par anticipation les faits enregistrés : de là cette idée que toute entité, toute perturbation relèvent d'un agent particulier.
Cette conception se dégageait des impressions ou même des données que le bon sens semblait indiquer à l'observateur; il était naturel de supposer, en l'absence de sanction expérimentale, que chaque processus suffisamment défini,
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